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vendredi 10 avril 2009

Il ne fait pas bon être policier ces jours-ci.

J’en ai déjà parlé, mais l’on a assisté cette semaine à une sorte de déluge de vidéos incriminant la police.

Il y a eu ça, à Strasbourg :


Et ça, à Londres :


Autant de vidéos qui témoignent de "légères bourdes" policières. Néanmoins, à mon humble avis, la vérité est ailleurs.

Car soyons lucide, la police n’est pas devenu la mafia du crime, elle n’attend pas avec excitation chaque manifestation en rêvant de balancer des cailloux sur les cortèges, elle ne cherche pas à provoquer des crises cardiaques en marge de défilés anti-20, elle ne s'impatiente pas de lancer des bombes lacrymo sur une foule qui l'insulte. La police serait plutôt en bien mauvaise posture, coincée quelque part entre prudence, urgence et une mauvaise image.

C’est que la société est bipolaire : d’un côté, on discute l’important dispositif de sécurité mis en place à Strasbourg, de l’autre, on accuse les forces de l’ordre d'avoir tardé à réagir lorsqu'un hôtel est envahi et incendié. D’un côté, on reproche à la police de jeter quelques pierres sur la foule, de l’autre, on ne s’émeut à peine lorsque des casseurs empalent un tronc d’arbre dans le pare brise d'une voiture, frolant de peu conducteur et passager. D’ailleurs, si la vidéo surgit, ce n’est non pas pour déplorer cet acte aux conséquences potentiellement mortelles, mais pour souligner le fait que le passager ait sorti son arme. Qu’il ait failli se prendre un arbre en pleine tête, on s’en fiche après tout.

En fait, la police en a peut être marre de se faire bombarder de projectiles, elle a peut être aussi des conditions d’intervention difficiles, dans la vitesse et le chaos. Et trouver le juste milieu, réussir à éviter les débordements tout en évitant la bavure, tout cela n’est pas simple. D'ailleurs, le jour où j’ai filmé ce que je montrais ici, j’ai aussi filmé ça :


"Ira, ira pas ?". On y voit bien que les CRS hésitent. Prudents, ils attendent de voir l’évolution de la situation avant d’intervenir, sans doute pour ne pas alimenter l’excitation. Mais, quand on regarde ces images, deux interprétations sont possibles, et l’on peut leur reprocher de ne pas avoir protégé le type qui se fait frapper, tout comme on leur aurait reproché de s’être saisis un peu brutalement de la situation s’ils étaient intervenus.

Cette double interprétation possible pose un gros problème quand on passe à l’échelle des médias nationaux. J’en reviens alors à cette vidéo du tronc d’arbre. Si je légende « des casseurs s’en prennent violemment aux forces de l’ordre », la sympathie va vers les militaires. Si je légende « heurts entre les forces de l’ordre et des manifestants : la police est à cran », la balance penche en faveur des manifestants. Si je choisis de légender « heurts entre les forces de l’ordre et des manifestants », un titre apparement neutre, tout en entourant l'arme à l'écran, j'influence l'interprétation de mon public. C'est ce que l'on a pu voir au JT de TF1. Or, la police est plus souvent regardée comme une force de répression abusive par une population qui la croise plus souvent lorsqu’elle se prend un PV que lorsqu’elle est en danger et a besoin de secours. La balance penche donc plus naturellement vers ces pauvres manifestants - des pacifistes, qui plus est - qui se retrouvent innocentes victimes de ces brutes de flics. En faisant abstraction totale du contexte.

Alors, oui, sinon, comme l'on déclaré les syndicats policiers, "le jet de projectiles n'est pas une procédure de police régulière". Mais n’oublions pas que la police n’a pas la tache facile. Et je ne pense pas que cele soit récent. Sauf que maintenant, c’est aussi filmé.

mercredi 8 avril 2009

La police, ça aime pas les caméras.

La preuve, cette vidéo de Moaspress, buzz du jour dans la catégorie "bafouement de la liberté de la presse".


Mais pourquoi tant de haine envers les caméras? Parce que ça peut filmer des trucs embarrassants comme le gazage d'un pauvre manifestant innocent, entre autres.


Ceci dit, pas vraiment de quoi s'inquiéter avec une pro du cadrage comme moi. C'est pour ça qu'ils préfèrent s'en prendre à des types qui ont des cartes de presse. Qui peuvent filmer une carte de police caméra pointée vers le bas tout en discutant. La classe même dans la tourmente, tout simplement.