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mardi 7 juillet 2009

Le décès de Michael Jackson à la télé : chronique d’une mort annoncée.


Edition spéciale CNN (kiranparmar)

Non, ne vous inquiétez pas, je n’ai pas deux semaines de retard sur le monde entier. J’ai juste pris le temps de la réflexion. C’est que l’emballement médiatique autour de l’événement était tout bonnement stupéfiant, et qu’il y avait beaucoup à dire. Et puis, avec la cérémonie hommage d'aujourd’hui, le mort de Michael Jackson est plus que jamais d'actualité.

On a beaucoup parlé de Twitter et de sa surcharge ce soir là. Moi-même, en apprenant la nouvelle, je me suis jetée sur mon ordinateur, et il m’aura fallu pas loin de 30minutes pour accéder à ma page d’accueil sur le site de micro-blogging. Mais si l’information de la mort probable du roi de la pop a été annoncée tout d’abord sur la toile par le site TMZ, c’est surtout à la télévision que l’on a vécu l’événement. Et l’occasion était trop belle pour souligner un phénomène qui me passionne et sur lequel j’ai tendance à m’enflammer sans fin : les dérives des chaînes d’information en continu, prêtes à aller très loin pour embarquer leur audimat dans la course au sensationnel.

Il est en effet un trait que la télévision partage avec la radio et Internet : l’immédiateté. Parce que le contenu peut être rapidement modifié et diffusé, ils permettent d’actualiser une information en temps réel. On peut suivre une étape du tour de France sur Sport FM, lire le live-blogging d’une conférence d’Apple sur Techcrunch, assister à la libération d’Ingrid Betancourt sur LCI. Le lendemain matin, on lit un résumé des faits, une analyse, ou encore une critique de l’événement dans son journal, qui lui a des délais d’actualisation plus contraignants. Cette différence entre la presse écrite et les autres médias est fondamentale, et, pour ces médias de l’immédiat (oui, le jeu de mot était facile), ce qui apparaît comme une force pose aussi un impératif : le renouvellement permanent du contenu. Un caractère qui ne manque pas d’entraîner son lot de déboires : des informations pas toujours vérifiées, des rumeurs prises pour argent comptant (pensons aux fameuses boîtes noires de l’AF 447 retrouvées, puis en fait non), des débats sur des faits divers avant même que l’enquête ne tire ses premières conclusions (la disparition du petit Théo et de sa grand-mère, ce petit garçon qui avait poignardé sa grande sœur – quid de la violence précoce). Retour donc sur une soirée/nuit télévisuelle, où les chaînes d’information se sont déchaînées, et où le net a magnifié le mouvement.

Autant vous le dire d’entrée : j’ai raté le premier bandeau « urgent », j’ai raté la première annonce, j’ai raté la première image. Je regardais tranquillement la dernière série de deuxième partie de soirée de M6, la Loi de Canterbury, jusqu’à ce que je reçoive SMS d'alerte. Je monte donc sur le train « Michael Jackson est mort » aux alentours de minuit, sautant directement sur le wagon BFM TV (puisque que c’est ma chaîne de prédilection). Et, tout de suite, le caractère hypothétique de la nouvelle me rassure un peu. Comme beaucoup, je reste accrochée : j’attends le verdict. L’officialisation. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que le chemin est semé de doute, entre l’affirmation de TMZ, la confirmation du Los Angeles Times, le démenti de CNN, qui préfère la thèse du coma, et le flou des autres, qui hésitent entre les différentes versions.
Finalement, c’est BFM qui tranchera en premier, considérant le nombre de sources penchant vers la mort suffisant, tandis qu’i>télé commente cette foule d’anonymes qui se massent devant l’hôpital. L’euphorie médiatique débute seulement aux Etats-Unis, mais, une fois la confirmation passée, l’heure tardive prend le pas sur l’actualité : BFM TV abandonne à 2h du matin, à l’instar de LCI, qui n’avait nullement succombé aux sirènes de l’édition spéciale, et lâché l’affaire dès minuit. I>télé, quant à elle, décide de sacrifier sa nuit à l’événement, vibrant au rythme des images outre-Atlantique qui affluent.

Au moment de la sortie d’un brancard recouvert d’un drap blanc vers un hélicoptère médical dépêché sur le toit de l’hôpital, tout s’emballe : serait-ce le corps de Michael Jackson ? Où va-t-il ? Les journalistes en plateau improvisent des interprétations en temps réel du live de CNN, avec des idées parfois tordues (alors que l’engin décolle, on le soupçonne de transporter la dépouille de Michael Jackson jusque chez lui... car il est bien connu qu’une fois la mort prononcée, on ramène toujours un cadavre dans son lit, afin qu’il puisse s’y décomposer en toute tranquillité). Personne n’est sûr que cet hélicoptère ait un quelconque rapport avec l’affaire, mais « c’est ce que les chaînes américaines semblent penser, puisqu’elles le filment », nous explique t-on. En voilà de l’information factuelle en béton armé.

C’est là que se divisent nettement deux conceptions du journalisme : d’un côté, faire vivre une actualité brûlante, dans le feu de l’action, à des millions de téléspectateurs, et de l’autre, transmettre, commenter, analyser des faits avérés et surtout vérifiés. Les chaînes d’information en continu, ce soir-là, avaient en tout cas fait leur choix. Ca ne me dérange pas, tant que l'on joue pas aux devinettes : j'ai toujours trouvé fascinante cette capacité de la télévision à rassembler les populations autour d’un même sujet, au même instant, avec cette même envie de vivre l’action en direct, d’assister à ce tournant historique.
Je l’ai déjà dit, mais on a beaucoup parlé de Twitter et de sa multitude de tweets à la seconde. Ce que l’on a dit, c’est aussi que la plupart de ces messages n’étaient pas vraiment de l’ordre de l’information mais plutôt des réactions à ce que les spectateurs voyaient à la télévision.
Avec Twitter (et Facebook), on passe donc à une nouvelle ère sociologique : non seulement nous vivons tous en même temps un même évènement via la télévision, mais nous pouvons de plus tous réagir en même temps à ce même évènement via Internet. Dans une lignée moins tragique, on peut aussi citer les phénomènes Nouvelle Star ou Secret Story sur le site : comme les autres, je regarde un programme populaire et, avec les autres, j’y réagis en temps réel sur un site communautaire.

Et il faut dire que côté réaction, cette nuit-là, Twitter a cartonné. Marjorie Paillon, la madame Internet de l’édition du soir de BFM TV, frôle le surmenage : les tweets de célébrités sont légion. Ashton Kutcher défend l'anonymat des enfants, P Diddy élève le défunt au rang de magicien, Mariah Carey est effondrée... Si quelques mots valent mieux qu’un long discours, les stars semblent résignées : 140 caractères vont plus vite qu’un communiqué officiel. En plus, ça tient dans un bandeau de bas d’écran CNN.

A côté de ces annonces, l’info-devinette continue. C’est qu’il ne faudrait pas laisser passer le dernier scoop. Dans les heures qui suivent, TMZ, qui rappelons-le reste un site people, et qui habille donc régulièrement sa une des photographies de la dernière soirée d’une Britney Spears éméchée et dépourvue de sous-vêtements, devient la bible des journalistes du monde entier. On nous en tire les derniers détails de la mort de Michael Jackson comme s'ils tombaient d'une dépêche AFP. Des rumeurs, mais sait-on jamais. Après tout, ils ont bien eu raison une fois, alors que l’illustre CNN se plantait en beauté.

On nous assène donc des images amateur, on traque la voiture de la famille Jackson dans tout Los Angeles, on s’obsède sur cet hélicoptère, on bricole à la hâte des sujets d’hommage à la star, et l’on diffuse cette image choc, « peut-être les derniers instants de vie du roi de la pop ». Peut-être. Et c’est là que l’on touche au point le plus dérangeant, à mon sens : et si tout cela avait été faux ? Et si CNN avait eu raison ? S’il s’était réveillé ? Dès 23h30, pour les médias, l’affaire était pliée. Le conditionnel était partout, mais comment faire machine arrière après avoir annoncé la mort de l’une des plus grandes icônes au monde ? Dès 0h15, alors que le conditionnel était toujours de mise, la fiche Wikipédia du chanteur était déjà modifiée, date et lieu de sa mort précisés. Si tout cela avait été faux, on aurait assisté au plus beau FAIL de tous les temps. Sans être vraiment surpris, à une époque où tout va si vite que la télévision d’information ne prend même plus le temps de démêler le vrai du faux. Où une charmante journaliste bolivienne nous présente des captures d’écran d’un épisode de Lost comme les dernières images avant destruction d’un avion qui a ému le monde entier. Dans la course effrénée au scoop, il y a souvent des dommages collatéraux. Je me souviens d’une journaliste BFM TV attaquant une serrure au canif pour prouver le manque de sécurité d’un portail menant à des rails. C’était début mars, et l’actualité était alors secouée par une collision meurtrière entre un RER B et un groupe de supporter nordique, qui traversait les voies après s’être perdu. Ce 25 juin 2009, pas de coup de canif, mais une débauche d’hélicoptères survolant la cité des anges, pourchassant une famille en deuil, s’avançant dans les annonces. Mais, bizarrement, pas d’erreur. Michael Jackson est bien mort, le corps de l’hélico est bien le sien, la photo de cet homme inconscient est bien sa dernière image. Coup de chance ou coup de maître ? Reste que cette frénésie ne sera pas sans victime : à 4h du matin, Thierry Dugeon , journaliste à i>télé, laisse son siège à un collègue. Après près de six heures d’antenne en direct, il est quasiment aphone.

mardi 12 mai 2009

Tracts du matin et grippe A.

Ce matin, j'ai retrouvé le chemin de la fac, que je n'avais plus foulée depuis bien longtemps avant 14h, pour avoir le plaisir de me retrouver dans une salle vide à discuter avec moi-même. Il semblerait que Dieu, la pluie, toutes les voitures roulant entre chez moi et la gare de RER entre 7h35 et 7h58, la ligne 13, un prof, et 20 élèves complices se soient ligués pour pourrir ma matinée. Ce qui ne fait que renforcer ma conviction la plus profonde, à savoir que le matin, c'est fait pour dormir. Petite consolation, je suis rentrée à temps pour jouir du superbe combo Newport Beach - Nos années pension sur France4.

Bref, comme j'étais à la fac de bonne heure, j'ai eu le droit à la sacro-sainte distribution de tracts. Parce que je nourris une véritable passion pour ces petits bouts de papier, je les ai même lus. Et j'aimerai, moi aussi, lancer un appel à Valérie Pécresse. Mais commençons par une petite revue de tract :

L'UNEF fait le point de la mobilisation.

C'est moi où les tracts rétrécissent avec le temps?

Les communistes font leur campagne du côté de la fac.

Les plus observateurs d'entre vous l'auront peut être déjà remarqué, mais, dans le tract de l'UNEF, il y a comme une coquille :

Mon message est donc le suivant : Madame la Ministre, vous connaissez mon sens de la diplomatie, aussi suis-je persuadée que vous prendrez en considération cet appel, que dis-je, ce cri du coeur. Il devient à mon sens urgent de sauver l'éducation nationale, et face à la menace, la suppression d'emplois ne semble pas être l'option adéquate. Recrutons plutôt des profs de primaire et réinstaurons les dictées à l'université. Enseignons à nos jeunes le sens des vrais valeurs et des bons accords. Sauvons l'enseignement supérieur, que l'UNEF puisse enfin protester avec une grammaire irréprochable.

Sans transition, grippe A (porcine mexicaine H1N1). Métro nous gratifie aujourd'hui en page 6 d'une prédiction alarmante :


30 000 morts. Rien que ça. Le gros de l'épidémie serait apparemment à venir après l'été. Rappelons que 5 000 cas sont à ce jour déclarés dans le monde, pour un total de 61 morts. 13/15 (c'est selon les versions) cas en France, aucune victime. A part ça, les médias dépriment, la grippe A patine et ne fait plus recette. D'ailleurs, elle n'est même plus en page d'accueil de Google News : on lui préfère les péripéties de Rihanna. 30 000 morts, voilà de quoi engendrer un regain d'intérêt.

mardi 21 avril 2009

Sarkozy, Zapatero, Libé, Ségolène, Lefebvre, le PS, le machisme, et l'humour politique.


Et si je faisais de la polémique sur la polémique de la polémique de la polémique? Non, la flemme. Mais parlons-en un peu quand même.

© Courrier Picard, où officie le seul dessinateur régional au monde
qui pourrait me pousser à déménager.

Pour ceux qui n'auraient pas suivi, Ségolène s'est fendue ce samedi d'une lettre d'excuses à la destination du "pas très intelligent" José Luis Zapatero, le chef d'Etat espagnol socialiste. "Pas très intelligent", selon les propos "non prononcés - mais en fait si, mais pas dans ce sens là" de notre cher président lors d'un déjeuner interparlementaire sur la crise. Une semaine à peine après le tollé provoqué par ses autres excuses au nom de Nicolas Sarkozy, à Dakar ce coup-ci, elle réitère donc.

Toute la classe politique s'enflamme, et l'on assiste à un week-end de petites piques. Et moi, quand les politiques pêtent les plombs, se montrent du doigt et se cassent du sucre sur le dos, je rigole. Florilège des meilleures réactions.

1) « J’ai envie de dire à nos amis espagnols : excusez-la, pardonnez lui ! ». Jack Lang (SRC).

2) « Je le dis de la manière la plus sérieuse (...), je pense que Mme Royal a besoin d'une aide psychologique. Il y a un problème, il y a quelque chose qui tourne pas rond, il y a quelque chose qui ne va pas ». Frédéric Lefebvre (UMP).

3) « Si Ségolène doit s'excuser à chaque fois que Sarkozy fait une boulette, elle va passer sa vie à genoux ». Jean-Christophe Cambadélis (PS).

4) « Après la bravitude, faute contre la langue française n'ayant pas fait l'objet d'excuse de son auteur, Madame Royal invente la ridiculitude, désormais symbole de sa dimension politique ». Yves Jégo (UMP).

5) Le silence de Martine Aubry. On imagine pourtant l'effort fourni par les journalistes pour la faire parler.

C'est beau de vivre en démocratie.

samedi 11 avril 2009

Le texte "Internet et création" rejeté : j'applaudis à 30 mains

Et oui, de la part des 15 paires de mains des députés UMP déçus. Car c'était un beau coup.

Depuis, je suis morte de rire à chaque fois que je vois cette vidéo :


La gauche se marre, la droite se barre, en voilà une image emplie de lyrisme qui met du baume au coeur.
Il faut dire qu'ils nous le devaient bien, les députés PS, après le scandale du premier vote - avec seulement 4 voix contre sur les 16 malheureux députés présents. Je savoure d'autant plus cet instant qu'en tant que super fan de l'assemblée nationale, j'ai souvent été choquée par le taux d'abstention. Et je me suis toujours étonnée du fait que la gauche, qui crie son indignation à tout va dans les médias, ne ramène pas plus ses fesses dans l'hémicycle. Parfois, seulement quelques voix peuvent faire la différence. Précisément ce qu'il s'est passé hier.

Cette semaine, il n'y aura donc pas une star de la semaine, mais vingt-et-une. N'y voyez aucune flemme de ma part (bien qu'en fait si). Comme je n'ai pas non plus réussi à trouver tous les noms, plutôt que de ne citer que quelques uns, je ne citerai personne. J'applaudis tout de même ces « 21 mousquetaires », pour reprendre l'expression du député Christian Paul, ces députés adulés de toute la blogosphère, champions incontestés du cache-cache (derrière rideau ou pilier, selon les versions). Merci, merci, merci. Car, même si le texte va bientôt repasser, on s'est bien marré, non?

vendredi 10 avril 2009

Il ne fait pas bon être policier ces jours-ci.

J’en ai déjà parlé, mais l’on a assisté cette semaine à une sorte de déluge de vidéos incriminant la police.

Il y a eu ça, à Strasbourg :


Et ça, à Londres :


Autant de vidéos qui témoignent de "légères bourdes" policières. Néanmoins, à mon humble avis, la vérité est ailleurs.

Car soyons lucide, la police n’est pas devenu la mafia du crime, elle n’attend pas avec excitation chaque manifestation en rêvant de balancer des cailloux sur les cortèges, elle ne cherche pas à provoquer des crises cardiaques en marge de défilés anti-20, elle ne s'impatiente pas de lancer des bombes lacrymo sur une foule qui l'insulte. La police serait plutôt en bien mauvaise posture, coincée quelque part entre prudence, urgence et une mauvaise image.

C’est que la société est bipolaire : d’un côté, on discute l’important dispositif de sécurité mis en place à Strasbourg, de l’autre, on accuse les forces de l’ordre d'avoir tardé à réagir lorsqu'un hôtel est envahi et incendié. D’un côté, on reproche à la police de jeter quelques pierres sur la foule, de l’autre, on ne s’émeut à peine lorsque des casseurs empalent un tronc d’arbre dans le pare brise d'une voiture, frolant de peu conducteur et passager. D’ailleurs, si la vidéo surgit, ce n’est non pas pour déplorer cet acte aux conséquences potentiellement mortelles, mais pour souligner le fait que le passager ait sorti son arme. Qu’il ait failli se prendre un arbre en pleine tête, on s’en fiche après tout.

En fait, la police en a peut être marre de se faire bombarder de projectiles, elle a peut être aussi des conditions d’intervention difficiles, dans la vitesse et le chaos. Et trouver le juste milieu, réussir à éviter les débordements tout en évitant la bavure, tout cela n’est pas simple. D'ailleurs, le jour où j’ai filmé ce que je montrais ici, j’ai aussi filmé ça :


"Ira, ira pas ?". On y voit bien que les CRS hésitent. Prudents, ils attendent de voir l’évolution de la situation avant d’intervenir, sans doute pour ne pas alimenter l’excitation. Mais, quand on regarde ces images, deux interprétations sont possibles, et l’on peut leur reprocher de ne pas avoir protégé le type qui se fait frapper, tout comme on leur aurait reproché de s’être saisis un peu brutalement de la situation s’ils étaient intervenus.

Cette double interprétation possible pose un gros problème quand on passe à l’échelle des médias nationaux. J’en reviens alors à cette vidéo du tronc d’arbre. Si je légende « des casseurs s’en prennent violemment aux forces de l’ordre », la sympathie va vers les militaires. Si je légende « heurts entre les forces de l’ordre et des manifestants : la police est à cran », la balance penche en faveur des manifestants. Si je choisis de légender « heurts entre les forces de l’ordre et des manifestants », un titre apparement neutre, tout en entourant l'arme à l'écran, j'influence l'interprétation de mon public. C'est ce que l'on a pu voir au JT de TF1. Or, la police est plus souvent regardée comme une force de répression abusive par une population qui la croise plus souvent lorsqu’elle se prend un PV que lorsqu’elle est en danger et a besoin de secours. La balance penche donc plus naturellement vers ces pauvres manifestants - des pacifistes, qui plus est - qui se retrouvent innocentes victimes de ces brutes de flics. En faisant abstraction totale du contexte.

Alors, oui, sinon, comme l'on déclaré les syndicats policiers, "le jet de projectiles n'est pas une procédure de police régulière". Mais n’oublions pas que la police n’a pas la tache facile. Et je ne pense pas que cele soit récent. Sauf que maintenant, c’est aussi filmé.

mercredi 8 avril 2009

La police, ça aime pas les caméras.

La preuve, cette vidéo de Moaspress, buzz du jour dans la catégorie "bafouement de la liberté de la presse".


Mais pourquoi tant de haine envers les caméras? Parce que ça peut filmer des trucs embarrassants comme le gazage d'un pauvre manifestant innocent, entre autres.


Ceci dit, pas vraiment de quoi s'inquiéter avec une pro du cadrage comme moi. C'est pour ça qu'ils préfèrent s'en prendre à des types qui ont des cartes de presse. Qui peuvent filmer une carte de police caméra pointée vers le bas tout en discutant. La classe même dans la tourmente, tout simplement.

mercredi 1 avril 2009

Sarkozy doit vivre avec un salaire de misère : TOP 10 des politiciens les mieux payés dans le monde.

Malgré son augmentation de 172% l'an dernier, notre (très cher) président n'arrache que la 5e place du classement du Times. Un gros coup pour son égo : Barack est 3e. Il sauve tout de même les meubles en devançant Merkel et Brown.


1. Lee Hsien Loong - Singapore
Salary in dollars - $2.47 million
Salary in local currency - S$3.76 million

2. Donald Tsang Yum-Kuen - Hong Kong
Salary in dollars - $516,000
Salary in local currency - HK$4 million

3. Barack Obama - United States
Salary in dollars - $400,000

4. Brian Cowen - Ireland
Salary in dollars - $341,000
Salary in local currency - €257,000

5. Nicolas Sarkozy - France
Salary in dollars - $318,000
Salary in local currency - €240,000

6. Angela Merkel - Germany
Salary in dollars - $303,000
Salary in local currency - €228,000

7. Gordon Brown - UK
Salary in dollars - $279,000
Salary in local currency - £194,250

8. Stephen Harper - Canada
Salary in dollars - $246,000
Salary in local currency - C$311,000

9. Taro Aso - Japan
Salary in dollars - $243,000
Salary in local currency - Y24 million

10. Kevin Rudd - Australia
Salary in dollars - $229,000
Salary in local currency - A$330,000


vendredi 27 mars 2009

Star de la semaine #6 : Federico Lombardi

Allumez un cierge, faites un signe de croix, "je te saluez" vos écrans. Car, une fois n’est pas coutume, notre star de la semaine a été touchée par la grâce divine. Et, à l’heure où 43 % des catholiques français souhaitent voir le pape Benoît XVI quitter son trône, notre star de la semaine a beaucoup de boulot.
Car Federico Lombardi n’est autre que le porte-parole du Vatican. Un job tout particulièrement prenant ces dernières semaines, avec son lot de communiqués, interviews et clarifications.

Pourtant, du travail, il en a déjà suffisamment en temps normal, puisqu'il jongle entre trois postes : directeur de Radio Vatican, directeur du Centre de Télévision du Vatican et directeur du bureau de presse du Vatican. C'est beaucoup pour un homme de 66 ans, devenu prêtre jésuite au doux âge de 20 ans.

66 ans, et toujours pimpant.

Tout juste nommé à la tête de la salle de presse papale, il avait déclaré : « Je ne penses pas que mon rôle soit d’expliquer la pensée du pape ou d’expliquer ce qu’il a déjà exprimé d’une manière si claire et riche » (ben oui, le pape est bon et juste, et il a toujours raison, d'autant plus quand c'est ton boss). Evidemment, ça, c’était en 2006. Il a peut être changé d’avis depuis.

Surtout ce dernier mois, où l'on a assisté à un festival papal, avec des polémiques en veux-tu en voilà, entre une levée d’excommunication d’évêque négationniste, une excommunication de petite brésilienne violée, et une contestation du préservatif. Un dernier dérapage que le pauvre Lombardi aurait du voir venir, puisqu’il était à quelques centimètres du pape au moment du drame. Et, puisque les journalistes à bord de l'avion sacré n'ont pas le droit de parole, c'est même sans doute lui qui a posé la question fatidique. Une question dont il avait au préalable répété la réponse avec son saint patron, les interventions étant préparées à l'avance (c’est ce qui est raconté ici). Pas de bol.

"Allez, vas, Benoît, je m'occupe de cette question, ça vaut mieux."

Pourtant, dès l'affaire Williamson, le père Lombardi avait trouvé la solution : « Pour l’Église, le problème de la communication n’est pas simple. (...) Parfois, il vaut mieux ne pas parler. ». Un message à transmettre au Pape s'il ne veut pas être chassé de son royaume? Courage, Federico.

jeudi 26 mars 2009

Yes, I Caen.

Il paraîtrait que Barack Obama vient en France.
Il paraîtrait que le maire de Caen a inventé un super slogan : "Yes, we Caen".
Il paraîtrait que je suis suffisamment fêlée pour rouler jusqu'en Normandie rien que pour apercevoir un petit bout de président américain. Et donner une suite à ma vidéo.


Je voulais juste prévenir les services secrets.

jeudi 19 mars 2009

Des photos : manifestation interprofessionnelle dans les rues de Paris.


C'est jeudi, et, depuis le début du semestre, le jeudi, c'est manif. Mais ce jeudi, c'était en plus grève générale.

J'arrive donc à République un peu après 15h, et ce que je vois est magnifique : des buvettes, des stands à hot-dogs, de la musique... Esprit carnaval de Nothing Hill. Avec du soleil, en plus.

Mais là, j'ai une très mauvaise idée : je m'engouffre dans le premier cortège. Je ne savais pas encore que c'était le cortège de l'ennui. Avec de la CGT, de la CGT, de la CGT, et puis encore un peu de CGT, au cas où on n'aurait pas compris. En plus, un M. sécurité CGT m'empêche de traverser le cortège pour aller faire une photo. Bref, la CGT et moi, on est devenu super potes.

Arrivée à Nation, il n'y a rien à faire, rien à photographier, rien à manger. Le cortège de l'ennui débouche sur la place de l'ennui, logique.

J'aperçois alors un deuxième cortège que je remonte à contre-courant. Ce coup-ci, il y a de la CFDT et du SUD. C'est mieux, mais toujours pas folichon. D'ailleurs, il n'y a pas que moi qui le dit : alors que je flâne, scrutant le paysage dans l'espoir de trouver un truc à immortaliser, j’entends deux personnes discuter : « j’ai jamais vu une manif aussi nulle sur paris, c'est lamentable ».

Si j'avais su plus tôt ce que j'ai découvert après, je les aurai alors attrapé par la main, et, dans un grand moment d'altruisme, je les aurai conduit au cortège du fun, au cortège du bordel ambiant, au cortège où ça crie, ça danse, ça chante, ça sautille, ça brandit de la pancarte et ça se déguise : le cortège de l’enseignement. Où les camionnettes militantes se garent à cheval sur le trottoir et où l'équivalent d'un hectare de forêt est répandu sur le sol sous forme de tracts. Je plains l'équipe de nettoyage du quartier.

Mais trêve de blabla et place à l'image, avec une série photographique spéciale "grève générale" :


La CGT est en grève.



SUD est en grève.



Les psychiatres sont en grève.



Les enseignants sont en grève.



Les étudiants sont en grève.



Les gens trop classes de RFI, du mouv', de radio france bleue, et de l'intersyndicale des journalistes sont en grève.



Et, évidemment, Paris 8 est en grève.




Spéciale dédicace à Amandine.



Spéciale dédicace à Pierre.




Plus étonnant, maintenant : le code de la route soutient la grève.



Les animaux aussi.



Le mobilier urbain se joint à la démarche.



Tout comme le parc automobile.




Au fil des cortèges, j'ai aussi appris que...

  • Même dans les cortèges ennuyeux, il y a parfois un petit pic de créativité.






  • La tecktonik n'est pas morte (indice : il est au milieu et il remue les bras).




  • La vérité sur Sarkozy a enfin été dévoilée.




  • Contrairement à la croyance commune, la prise de la Bastille n'a pas eu lieu en 1789, mais en 2009.




  • Et dire qu'ils remettent ça le 1er mai...

    vendredi 13 mars 2009

    Ca y est!

    Il est 23h30 et j'ai enfin le nouveau Facebook.


    Dès demain, je vais pouvoir casser du sucre sur le dos des développeurs de la maison.

    lundi 23 février 2009

    Careereoki ou la news désespérante du lundi

    La semaine dernière, Marie Colmant présentait sur le plateau de Denisot le "Careereoki" un concours un peu particulier organisé en Floride.

    Le concept? Se filmer en train de chanter son CV, son profil et la description de son job rêvé. Car oui, "Careereoki" est en fait une contraction entre "career" et "kareoki".

    Alors que l'état floridien est en grand déficit budgétaire et connaît son plus fort taux de chômage depuis 16 ans, l'opération peut ressembler à un grand cri à l'aide. Mais il s'agirait en fait d'"une manière de toucher les demandeurs d'emploi et de leur permettre de souffler un peu", selon la vice-présidente de l'équivalent de l'ANPE locale. Le concours a été monté en partenariat avec une radio, une école technique et une agence de pub - autrement dit, de vrais enfants de coeur.

    L'heureux (et courageux) gagnant remportera un premier prix d'une valeur de 8 000 dollars comprenant stage, refonte de CV, conseils personnalisés, relooking et bon d'achat pour de l'essence. A vrai dire, il les a déjà gagnés, puisque les résultats étaient aujourd'hui, mais je n'ai pas réussi à trouver sa trace. Parce que oui, bizarrement, malgré le côté sordide et dégradant de toute cette histoire, malgré la tritesse qu'elle inspire, l'information reste reléguée au rang de fait divers. Je n'ai même pas réussi à trouver un seul article français là dessus.

    Pourtant, les médias et les politiques, ils aiment ça les histoires tristes pleines de misère humaine, en général.

    Et quelques vidéos...

    Reprise de Grease :


    Double présentation :


    Minute rap :


    Merci CNN.