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mardi 7 juillet 2009

Le décès de Michael Jackson à la télé : chronique d’une mort annoncée.


Edition spéciale CNN (kiranparmar)

Non, ne vous inquiétez pas, je n’ai pas deux semaines de retard sur le monde entier. J’ai juste pris le temps de la réflexion. C’est que l’emballement médiatique autour de l’événement était tout bonnement stupéfiant, et qu’il y avait beaucoup à dire. Et puis, avec la cérémonie hommage d'aujourd’hui, le mort de Michael Jackson est plus que jamais d'actualité.

On a beaucoup parlé de Twitter et de sa surcharge ce soir là. Moi-même, en apprenant la nouvelle, je me suis jetée sur mon ordinateur, et il m’aura fallu pas loin de 30minutes pour accéder à ma page d’accueil sur le site de micro-blogging. Mais si l’information de la mort probable du roi de la pop a été annoncée tout d’abord sur la toile par le site TMZ, c’est surtout à la télévision que l’on a vécu l’événement. Et l’occasion était trop belle pour souligner un phénomène qui me passionne et sur lequel j’ai tendance à m’enflammer sans fin : les dérives des chaînes d’information en continu, prêtes à aller très loin pour embarquer leur audimat dans la course au sensationnel.

Il est en effet un trait que la télévision partage avec la radio et Internet : l’immédiateté. Parce que le contenu peut être rapidement modifié et diffusé, ils permettent d’actualiser une information en temps réel. On peut suivre une étape du tour de France sur Sport FM, lire le live-blogging d’une conférence d’Apple sur Techcrunch, assister à la libération d’Ingrid Betancourt sur LCI. Le lendemain matin, on lit un résumé des faits, une analyse, ou encore une critique de l’événement dans son journal, qui lui a des délais d’actualisation plus contraignants. Cette différence entre la presse écrite et les autres médias est fondamentale, et, pour ces médias de l’immédiat (oui, le jeu de mot était facile), ce qui apparaît comme une force pose aussi un impératif : le renouvellement permanent du contenu. Un caractère qui ne manque pas d’entraîner son lot de déboires : des informations pas toujours vérifiées, des rumeurs prises pour argent comptant (pensons aux fameuses boîtes noires de l’AF 447 retrouvées, puis en fait non), des débats sur des faits divers avant même que l’enquête ne tire ses premières conclusions (la disparition du petit Théo et de sa grand-mère, ce petit garçon qui avait poignardé sa grande sœur – quid de la violence précoce). Retour donc sur une soirée/nuit télévisuelle, où les chaînes d’information se sont déchaînées, et où le net a magnifié le mouvement.

Autant vous le dire d’entrée : j’ai raté le premier bandeau « urgent », j’ai raté la première annonce, j’ai raté la première image. Je regardais tranquillement la dernière série de deuxième partie de soirée de M6, la Loi de Canterbury, jusqu’à ce que je reçoive SMS d'alerte. Je monte donc sur le train « Michael Jackson est mort » aux alentours de minuit, sautant directement sur le wagon BFM TV (puisque que c’est ma chaîne de prédilection). Et, tout de suite, le caractère hypothétique de la nouvelle me rassure un peu. Comme beaucoup, je reste accrochée : j’attends le verdict. L’officialisation. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que le chemin est semé de doute, entre l’affirmation de TMZ, la confirmation du Los Angeles Times, le démenti de CNN, qui préfère la thèse du coma, et le flou des autres, qui hésitent entre les différentes versions.
Finalement, c’est BFM qui tranchera en premier, considérant le nombre de sources penchant vers la mort suffisant, tandis qu’i>télé commente cette foule d’anonymes qui se massent devant l’hôpital. L’euphorie médiatique débute seulement aux Etats-Unis, mais, une fois la confirmation passée, l’heure tardive prend le pas sur l’actualité : BFM TV abandonne à 2h du matin, à l’instar de LCI, qui n’avait nullement succombé aux sirènes de l’édition spéciale, et lâché l’affaire dès minuit. I>télé, quant à elle, décide de sacrifier sa nuit à l’événement, vibrant au rythme des images outre-Atlantique qui affluent.

Au moment de la sortie d’un brancard recouvert d’un drap blanc vers un hélicoptère médical dépêché sur le toit de l’hôpital, tout s’emballe : serait-ce le corps de Michael Jackson ? Où va-t-il ? Les journalistes en plateau improvisent des interprétations en temps réel du live de CNN, avec des idées parfois tordues (alors que l’engin décolle, on le soupçonne de transporter la dépouille de Michael Jackson jusque chez lui... car il est bien connu qu’une fois la mort prononcée, on ramène toujours un cadavre dans son lit, afin qu’il puisse s’y décomposer en toute tranquillité). Personne n’est sûr que cet hélicoptère ait un quelconque rapport avec l’affaire, mais « c’est ce que les chaînes américaines semblent penser, puisqu’elles le filment », nous explique t-on. En voilà de l’information factuelle en béton armé.

C’est là que se divisent nettement deux conceptions du journalisme : d’un côté, faire vivre une actualité brûlante, dans le feu de l’action, à des millions de téléspectateurs, et de l’autre, transmettre, commenter, analyser des faits avérés et surtout vérifiés. Les chaînes d’information en continu, ce soir-là, avaient en tout cas fait leur choix. Ca ne me dérange pas, tant que l'on joue pas aux devinettes : j'ai toujours trouvé fascinante cette capacité de la télévision à rassembler les populations autour d’un même sujet, au même instant, avec cette même envie de vivre l’action en direct, d’assister à ce tournant historique.
Je l’ai déjà dit, mais on a beaucoup parlé de Twitter et de sa multitude de tweets à la seconde. Ce que l’on a dit, c’est aussi que la plupart de ces messages n’étaient pas vraiment de l’ordre de l’information mais plutôt des réactions à ce que les spectateurs voyaient à la télévision.
Avec Twitter (et Facebook), on passe donc à une nouvelle ère sociologique : non seulement nous vivons tous en même temps un même évènement via la télévision, mais nous pouvons de plus tous réagir en même temps à ce même évènement via Internet. Dans une lignée moins tragique, on peut aussi citer les phénomènes Nouvelle Star ou Secret Story sur le site : comme les autres, je regarde un programme populaire et, avec les autres, j’y réagis en temps réel sur un site communautaire.

Et il faut dire que côté réaction, cette nuit-là, Twitter a cartonné. Marjorie Paillon, la madame Internet de l’édition du soir de BFM TV, frôle le surmenage : les tweets de célébrités sont légion. Ashton Kutcher défend l'anonymat des enfants, P Diddy élève le défunt au rang de magicien, Mariah Carey est effondrée... Si quelques mots valent mieux qu’un long discours, les stars semblent résignées : 140 caractères vont plus vite qu’un communiqué officiel. En plus, ça tient dans un bandeau de bas d’écran CNN.

A côté de ces annonces, l’info-devinette continue. C’est qu’il ne faudrait pas laisser passer le dernier scoop. Dans les heures qui suivent, TMZ, qui rappelons-le reste un site people, et qui habille donc régulièrement sa une des photographies de la dernière soirée d’une Britney Spears éméchée et dépourvue de sous-vêtements, devient la bible des journalistes du monde entier. On nous en tire les derniers détails de la mort de Michael Jackson comme s'ils tombaient d'une dépêche AFP. Des rumeurs, mais sait-on jamais. Après tout, ils ont bien eu raison une fois, alors que l’illustre CNN se plantait en beauté.

On nous assène donc des images amateur, on traque la voiture de la famille Jackson dans tout Los Angeles, on s’obsède sur cet hélicoptère, on bricole à la hâte des sujets d’hommage à la star, et l’on diffuse cette image choc, « peut-être les derniers instants de vie du roi de la pop ». Peut-être. Et c’est là que l’on touche au point le plus dérangeant, à mon sens : et si tout cela avait été faux ? Et si CNN avait eu raison ? S’il s’était réveillé ? Dès 23h30, pour les médias, l’affaire était pliée. Le conditionnel était partout, mais comment faire machine arrière après avoir annoncé la mort de l’une des plus grandes icônes au monde ? Dès 0h15, alors que le conditionnel était toujours de mise, la fiche Wikipédia du chanteur était déjà modifiée, date et lieu de sa mort précisés. Si tout cela avait été faux, on aurait assisté au plus beau FAIL de tous les temps. Sans être vraiment surpris, à une époque où tout va si vite que la télévision d’information ne prend même plus le temps de démêler le vrai du faux. Où une charmante journaliste bolivienne nous présente des captures d’écran d’un épisode de Lost comme les dernières images avant destruction d’un avion qui a ému le monde entier. Dans la course effrénée au scoop, il y a souvent des dommages collatéraux. Je me souviens d’une journaliste BFM TV attaquant une serrure au canif pour prouver le manque de sécurité d’un portail menant à des rails. C’était début mars, et l’actualité était alors secouée par une collision meurtrière entre un RER B et un groupe de supporter nordique, qui traversait les voies après s’être perdu. Ce 25 juin 2009, pas de coup de canif, mais une débauche d’hélicoptères survolant la cité des anges, pourchassant une famille en deuil, s’avançant dans les annonces. Mais, bizarrement, pas d’erreur. Michael Jackson est bien mort, le corps de l’hélico est bien le sien, la photo de cet homme inconscient est bien sa dernière image. Coup de chance ou coup de maître ? Reste que cette frénésie ne sera pas sans victime : à 4h du matin, Thierry Dugeon , journaliste à i>télé, laisse son siège à un collègue. Après près de six heures d’antenne en direct, il est quasiment aphone.

mardi 30 juin 2009

Je ne me lasse pas de ces vidéos sur Twitter.

Et à quoi servirait un blog, si ce n'est à faire partager ses passions débridées à de malheureux lecteurs, tombés là par hasard, sans aucune idée de ce qui les attend?

Aujourd'hui, Emma May, youtubeuse ralliée à la cause twitterienne, tente de se recruter de nouveaux "followers" avec une vidéo hypnotique.


Comme les moines qui font du fromage, je n'ai qu'une chose à dire : "Pardon, mais c'est trop bon".

mardi 23 juin 2009

Les célébrités de Twitter stimulent la créativité de leurs pauvres mortels de "followers".

Depuis Oprah et Ashton, tout le monde rapplique illico presto sur Twitter. Et ça amuse bien les humoristes, tout comme ça plaît aux webmasters opportunistes.

Ainsi, Conan O'Brien, l'humoriste américain à succès de la chaîne NBC, introduisait début juin sa rubrique "twitter tracker". Où il souligne le vif intérêt des tweets de nos amis les stars.


Encore une fois tout est relatif, puisque personnellement, j'ai découvert hier qu'Alyssa Milano aimait les sundays de McDo, et ça, ça m'a scotchée.

Alors évidemment, suivre une star, c'est la côtoyer au quotidien, connaître ses petits tracas, ses questions existentielles, l'heure de son réveil. Mais c'est aussi et surtout noyer sa page d'accueil sous un flot de tweets qui vous empêchent de remarquer le reste du monde.

Et puis, malgré la croissance hallucinante du site (on parle de 700% par an!), tout le monde n'est pas encore sur Twitter. Il fallait donc un webmaster malin et un tantinet capitaliste pour compiler cette masse d'information capitale en un portail. Celebrity Tweet est donc le premier site fier de permettre à ses utilisateurs de "traquer les célébrités".

Et en plus, on peut retweeter tout ça.

Toujours pas convaincu? Tant pis pour vous. Comme le dit le proverbe : "rien ne sert de courir, il faut Twitter et point" :


Quant à moi, je découvre petit à petit que trop de tweets tue le tweet : à suivre blogueurs, stars, et amis, au final, je ne suis plus rien. Du coup, tout ce que j'ai retenu de ce début de semaine, c'est l'incendie au CFJ. Une information qui change à peu près autant ma vie que de savoir qu'Alyssa Milano aime la glace.

dimanche 21 juin 2009

Secret Story 3 : secret mais pas trop

Ami lecteur, toi, tu n’as peut-être pas de petits travers. Moi si. Alors, parfois, je me détourne du droit chemin, de BFM TV, de LCP et de Slate.fr, et je m’imprègne de la culture de ma génération. Je pourrai faire croire que c’est par pure conscience anthropologique, mais non, je suis tout simplement bon public. Tu me mets quelques jeunes sulfureux aux abdos bien dessinés dans une maison avec piscine, et je reste scotchée. Une faiblesse dont je ne suis néanmoins pas la seule à souffrir, puisque le prime de vendredi a été suivi par près de 5 millions de téléspectateurs - deux fois plus que Pékin Express sur la 6 -, offrant à TF1 la pole position des audiences de la soirée.

Maintenant que j’ai soulagé ma conscience et levé le voile sur ma superficialité profonde, tentons donc de relever le niveau en se penchant sur le cas encore plus préoccupant des gens qui eux aussi suivent Secret Story 3, mais qui, en plus, le hurlent de part et d’autre de la toile, envahissant nos réseaux sociaux. Remarquons que puisque je suis moi-même en train d’en parler sur ce blog, et puisque j'ai changé mon statut Facebook aux alentours de 3h du matin pour proclamer ma stupeur devant la remarquable prestation musicale de Laurent, ancien de la maison des secrets, je suis une magnifique hypocrite.

Vendredi donc, ça a live-tweeté/live-twitté (je ne suis toujours pas au point sur la terminologie twitterienne française) en masse :



Fait intéressant, on live-twitte/live-tweete même sur Secret Story pour se plaindre de ceux qui live-twittent/live-tweetent sur Secret Story.


Mais sur Facebook, le mouvement était déjà en marche depuis quelques temps, avec plus de 300 résultats à l'entrée "secret story 3", dont le repère de ceux qui avaient déjà bloqués leur soirée pour ne pas manquer cet illustre événement :


Et ceux qui "promis, juré, craché", ne regarderont jamais de leur vie :


Finalement, Secret Story, que l'on aime ou que l'on n'aime pas, on massacre les "home" de ses amis avec.

En ce qui concerne ce premier prime, on retiendra surtout que pour s'assurer un succès digne de l'année passée, au lancement à 5,5 millions de téléspectateurs et à la quotidienne à 2,6 millions de fidèles en moyenne, TF1 a fait jouer la coopération des services. Ainsi, c'est sans aucun doute suite aux élections européennes et sur les conseils avisés de François Bachy, tête du service politique de la chaîne, que des décapotables électriques ont été choisies pour transporter les précieux candidats jusqu'à leur nouvel habitat. C'était aussi l'équipe d'Automoto qui les avait "tunnés", avec mini-jupes, talons, et seins siliconés d'hôtesse de salon automobile pour tout le monde, tandis que Jean-Pierre Foucault prêtait gracieusement à Castaldi junior son mp3 spécial Miss France (car Jean-Pierre est un homme moderne, qui sait vivre avec son temps).

Côté service multimédia, l'ébullition était aussi à son comble, car, cette année, TF1 a eu une révélation divine : « Plus il y a de buzz sur le Web, plus l'émission marche ». Une douce phrase signée Benjamin Castaldi, qui, début juin, introduisait ainsi à TV Mag la nouvelle philosophie Internet de l'émission : « J'envisage sérieusement de répondre aux rumeurs via un blog sur TF1.fr. Ce blog serait le mien, mais il serait mis en ligne avec le site officiel de Secret Story. Histoire de couper l'herbe sous le pied à tous ceux qui se nourrissent grassement sur notre dos comme le blog de Jean-Marc Morandini. Autant faire soi-même ce que les autres font. Je pense même à mettre une Webcam dans ma loge... ». Néanmoins, j'ai eu beau chercher, pas de trace de ladite Benji TV. Quant à Morandini, il se félicite ce matin même sur son blog d'avoir atteint vendredi son record de connexion, avec plus de 200.000 visiteurs uniques et 2 millions de pages vues sur la journée, comme pour enfoncer un peu plus le couteau dans la plaie. Enfin, notons que dans cette même interview, Benjamin se révélait - à l'instar de certains candidats - doté de pouvoirs médiumniques importants, puisqu'il prédisait déjà qu'à peine le seuil de la porte passé par les premiers candidats, tous leurs secrets feraient déjà le tour du net.

Mais, cette saison, un élément change la donne : l'absence d'un canal 24/24, qui laisse à TF1 le pouvoir de choisir ce qui buzzera et ce qui ne buzzera pas. A voir.

jeudi 28 mai 2009

Oui, mais non : FriendFeed, l'agrégateur de réseaux sociaux.

J'ai une page Myspace, une page Facebook, une page Twitter, une page Youtube, un blog, un compte Dailymotion. Donc, quand j'ai entendu parler d'un agrégateur de réseaux sociaux, je n'ai pu m'empêcher de crier "youpitralala, c'est la fin de la galère". Mais non.

FriendFeed est "un service fun, rapide, et conversationnel". Comme cette charmante description offerte par le site lui-même n'est pas très explicite, j'expliquerai plutôt le concept ainsi : FriendFeed permet d'intégrer 57 services en un, diffusant sur votre profil les mises à jour de Facebook, Twitter, Digg, Delicious, Blogger, etc. Un outil plein de promesses donc, à l'heure où les réseaux sociaux se multiplient plus vite que des lapins sous complément d'hormones.

Concrètement, ça donne ça :


Soyons clairs, il y a très certainement 3 milliards d'options que je n'ai jamais utilisées et qui font que ce site est merveilleux (comme les hashtags de Twitter que j'ai découvert il y a seulement un mois). Mais il manque à mon sens l'option qui en ferait le meilleur site de l'histoire de l'humanité 2.0 (et je pèse mes mots) : la possibilité d'ajouter du contenu visible sur les réseaux partenaires directement par le site. Avec FriendFeed, je peux en effet diffuser mon statut Facebook, mais pas le changer. Du coup, si mon activité sur 57 services est bien recensée sur un seul profil, je dois tout de même me taper la tournée des 57 sites différents pour faire une mise à jour. Sans parler du fait que je n'ai pas nécessairement envie que mes tweets côtoient mes tribulations facebookiennes. Tu parles d'un truc qui me simplifie la vie.

FriendFeed passe donc à côté du titre de "meilleur site de l'histoire de l'humanité 2.0". Mais leur boutique a le droit à une mention spéciale. Ils ont quand même du design à en faire pâlir le chihuahua de Paris Hilton.

samedi 2 mai 2009

De la communication poétique et addictive : Big Nothing.


The Big Nothing, c'est un site absolument fou. J'écris un message, il est envoyé, et je reçois en échange les quelques mots d'un inconnu, sans aucun rapport avec les miens. Le tout accompagné d'un fond d'écran coloré et changeant, presque hypnotique (messages subliminaux? voilà qui expliquerait le temps que j'ai passé à envoyer des phrases dans le vide).

L'expérience artistique de Manuel Schapira, Chanel Seguin, et de l'agence Upian, part d'une belle idée :

« J'envoie un message à un inconnu.
En échange, je reçois un message d'un autre inconnu.
Chaque message est envoyé à un seul lecteur.
Éphémère, il s'efface au moment de sa lecture.
Aucune trace n'est conservée, tout est anonyme.
»
Une idée qui répond elle-même à des interrogations éminemment philosophiques : « Qu'est-ce que j'écris quand je m’adresse à un inconnu, sans but aucun, hors de tout contexte habituel et seul face à moi-même ? Qu’est-ce que je donne quand cela ne dépend pas de ce que je reçois ? ».

C'est une bonne question. Et, personnellement, j'ai commencé timidement :


Je me rends cependant vite compte que les autres ne font pas mieux, puisque l'on me "répond" des banalités, dont certaines dans un langage un tantinet racailleux : « ca va? », « weshhhhhhhhh », « bonjour », « sfjfjfhjfh », « j'aime paris », « sa tue se truc » (à mon sens, les confusions entre "s" et "c" sont le fléau de la décennie). Après un petit moment, un message empreint d'originalité me parvient enfin : « I hate myself I want to die ». Mon sang ne fait qu'un tour, puis reprend son train-train quotidien (c'est à dire conforme aux recommandations médicales en vigueur) en se disant qu'il doit s'agir d'une référence à Nirvana. Malgré tout, je réponds au suicidaire. Il ne recevra sûrement jamais ce message, mais j'ai meilleure conscience. Et je me dédouane d'un éventuel recours en justice pour "non assistance à personne en danger". En retour, je me fais agresser :


De quoi faire passer l'envie d'être serviable et pleine d'amour dans ce monde de brutes dans lequel nous vivons (demandez à Ségolène, tout ce qu'elle veut c'est de la fraternité, tout ce qu'elle a en retour c'est un Lefebvre qui veut la faire interner). Un peu plus tard, je serai tout de même réconfortée par quelques pointes de poésie, entre autres « do you want to fall in love? », « c'est joli le fond du site ! » (oui je considère ceci comme de la poésie), ou encore « Il suffit d'une seconde... ». Je reçois aussi quelques uns de mes propres envois. Le stock d'inconnus est sans doute épuisé.

Evidemment, en citant tous ces exemples, je suis en train de détruire une partie de la beauté du site, qui insiste sur l'éphémère de ces messages (ce qui est écrit sur Big Nothing reste sur Big Nothing?). Je vais donc m'arrêter pour revenir aux questions originelles. Qu'écrit-on lorsque l'on se détache du destinataire? Des "ca va?" et "bonjour", des insultes et de courtes phrases poétiques, apparement. Mais est-on réellement détaché du destinataire? Je ne pense pas. Il est clairement là dans les "ca va?", il est ironiquement là dans les insultes, il est aussi là dans les élans poétiques. Parce qu'en écrivant, on sait qu'il y aura un lecteur à l'autre bout. Même sans jamais connaître son identité, sa réaction, ou sa réponse, on communique suffisamment depuis notre petite enfance pour en avoir une idée. On imagine bien la tête de celui qui reçoit l'insulte, le choc de celui qui lit "je veux mourir", le rire de celui à qui l'on envoie une blague. Le coup de la communication dédouanée de destinataire, en ce qui me concerne, je n'y crois pas. Le coup du face à moi-même, encore moins.

Finalement, là où le site est le plus fort, c'est dans ce flot croisé de conversations qui s'instaure : je reçois un message, j'y réponds, celui qui recevra ma réponse répondra à son tour à quelqu'un d'autre, qui lui aussi répondra, alors que moi-même, je suis déjà repartie dans une autre conversation. Aucun fil, aucun schéma, c'est l'anarchie. Et c'est bien marrant.

Sinon, on peut aussi se servir de Big Nothing comme d'un outil de promotion original :


samedi 25 avril 2009

Star de la semaine # 9 : Mac WasteTimeChasingCars

Mesdames et Messieurs lecteurs, pour cette neuvième semaine de bonheur, je vous présente la première star de la semaine express de ce blog : Mac, aka WasteTimeChasingCars. J'ai fait sa connaissance il y a tout juste 10 minutes, alors que je flânais avec horreur au milieu des vidéos de MetroStation, en me demandant comment il était possible de combiner un chanteur à la voix de pré pubère qui pourrait être le petit frère du frontman de Keane et un guitariste au look effrayant de biker Tokyo Hotel (voir ici - précisons tout de même que j'apprécie énormément "Shake It", que j'écoute obsessivement depuis plusieurs jours, sautillant au rythme de cette alliance poétique entre un refrain entêtant très réussi et des couplets dont le kitsch dépasse l'entendement). Bref, la magie de Youtube m'emmène ici :


Je me marre, puis je vais là :


Je m'aperçois alors qu'il existe tout un canal dédié à ces vidéos pleines de bonheur, un canal avec pas moins de 231 119 abonnés (c'est le 24e mondial), pour un total de 4,8 millions de vues. Pas mal.

L'auteur/réalisateur/monteur s'appelle Mac, il nous vient tout droit du Colorado, et il est étudiant.

Pourquoi Mac est génial? Déjà, parce qu'il est drôle. Quand il fait des parodies de pub, mais aussi quand il fait des trailers cinématographiques :


Ensuite, parce qu'il se moque gentillement des autres youtubers à succès, comme Fred (pensez à baisser le son si vous regardez la vidéo en lien, ça fait mal aux oreilles).


C'est aussi un réalisateur de génie, comme le montre cette publicité contre la drogue, dans laquelle il dirige son chien avec un talent très spielbergien.


Surtout, c'est un petit malin, qui a transformé ce qui avait débuté comme une série de gags en une mine d'or. Son pseudo est devenu sa marque, et WTCC s'est décliné sur tous les réseaux sociaux : Myspace, Facebook, Twitter, et sur son propre site web, http://wastetimechasingcars.com/ . Pour monétiser son succès, il a fait appel au merchandising, proposant sa ligne de tee-shirts, et à la publicité. Depuis janvier, il fait ainsi partie des 35 petits chanceux à avoir gagné le titre de "partenaire de contenu" de Youtube, un partenariat lui permettant de toucher une partie des revenus générés par la publicité intégrée à sa page.


Mac est donc drôle, craquant, visionnaire, et capitaliste. Que demander de plus?

jeudi 23 avril 2009

Dans l'intimité des stars, avec Twitter.


Qui a dit que Twitter ne servait à rien ? Ah oui, c’est moi. Et bien mea culpa.

Après avoir transformé mon Twitter en flux RSS de blogueurs influents, je me suis lancée dans une seconde entreprise twitterienne : faire de la star planétaire mon meilleur ami. Nicole Richie, Britney Spears, Ashton Kutcher, Samantha Ronson, Peaches Gedolf, Sienna Miller, Kiera Knightley... Ok, "planétaire" est peut être un bien grand mot, mais j'ai tout de même un "home" à en faire pâlir le plus sulfureux des numéros de Closer. Soulignons tout de même que Paris Hilton a opté pour le verrouillage de profil, se refusant sans doute à exhiber sa vie privée (!).

Il faut dire que j’ai un petit faible pour le potin du quotidien, le « j’ai renversé mon café sur mon nouveau sac Dior ce matin », le « j’ai promené mon chien sous le soleil », le « j'ai mangé une choucroute ». J’y trouve un petit côté « vis ma vie de star » particulièrement jouissif. C’était d’ailleurs déjà dans cet esprit de communion avec le beau, le (plus ou moins) riche et le célèbre que je m’étais lancée dans le harcèlement facebookien de bon nombre d'apprenties rock stars parisiennes. Et, à l’instar de Facebook, où j’avais découvert que le rockeur était un homme comme les autres, qui se nourrissait de pâtes, faisait des blagues graveleuses, et passait de super soirées devant Youtube, j’ai appris sur Twitter que la star américaine était elle aussi d'une banalité effarante. Nicole Richie fait une sieste en pleine aprem, Britney Spears fait un barbec' avec ses mômes, et Demi Moore twitte à tout va tandis que son Ashton Kutcher de mari, atteint d’une méchante grippe, oscille entre vomissement et diarrhée (comme quoi sur Twitter aussi on donne dans le graveleux). C’est un nouveau monde de pistage en continu de la planète star qui s’ouvre à moi. Perez Hilton peut aller se rhabiller.

Le problème, c’est que j’ai du mal à retrouver mon RSS blogueurs intelligents au milieu des 25 tweets par heure de Nicole et Ashton. Ne vous étonnez donc pas si mes prochains posts parlent plus de scoops hollywoodiens que de la dernière étude comScore.

lundi 20 avril 2009

Twitter n'est pas jouer (mais s'informer).

Il y a quelques temps, j’expliquais pourquoi mon profil Twitter était à l’abandon, avec une odeur de poussière et plein de toiles d’araignées.

Depuis, je ne connais toujours personne sur le site, mais j’ai eu une révélation. Pas d’ami sur Twitter ? Pas grave. Qui a besoin d’ami quand toute une blogosphère avide de followers ne demande qu’à twitter ?
Je me suis donc lancée dans un archivage en règle de mes blogueurs influents préférés, transformant le réseau de microblogging en une sorte de wikio perso. Maintenant, je fleure bon le scoop média, je suis première sur les études comScore, je lis les articles du Times sur la politique française et je mange du marketing à toutes les sauces.

Ainsi, les serial-blogueurs ont encore frappé. Tout comme ils avaient détourné le concept initial du blog perso, très « ma vie, mon œuvre, mes photos de vacances, et mon envolée lyrique sur Doubou, mon chien », pour en faire un outil de polémique, de buzz et de réflexions journalistiques, les Loïc Le Meur et compagnie ont fait de Twitter l’un des supports de leur assise virtuelle. Du coup, pas de « Jean-Marc is having coffee », mais du « Sarkozy est-il fou ? » ou du « a lu un article intéressant sur l’avenir des réseaux sociaux », avec de jolis liens tinyurl en bonus. De quoi me régaler pendant des heures, flânant de blog en blog, à la pointe de l’actualité politique et médiatique.

Et puisque Twitter est devenu un repère de gens des médias, c'est aussi un endroit où il faut savoir traîner quand on cherche un job :

Manque de bol pour moi, je n'ai aucune idée de ce que DM peut bien vouloir dire.

Au final, désormais, je "follow" plein de monde. Journalistes politiques, blogueurs, étudiants de sciences po, hommes politiques... Mais je ne twitte toujours pas. Vous imaginez sérieusement mes « is having coffee » faire face aux derniers buzz marketing? Plutôt fade. Comme quoi, on dira ce que l'on veut sur Facebook, mais là-bas, au moins, le narcissime n'est pas mort. Et je peux manger une pomme dans mon statut.

lundi 30 mars 2009

Tweet me if you can : pourquoi je ne twitte pas.

Il paraîtrait qu'après Facebook, c'est Twitter qui va révolutionner notre vie.

Mais qu'est-ce que Twitter? C'est un très joli site tout bleu qui permet d'informer son réseau de ce que l'on fait, le tout en 140 caractères. On appelle ça le microblogging.

Lancé en 2006, le site a connu un taux de croissance de 900 % en 2008 et comptabilise désormais plus de 6 millions d'utilisateurs.

D'ailleurs, les américains twittent :


Le PS jeune twitte :


L'UMP jeune twitte :


L'UMP un peu moins jeune twitte :


Et même Twitter twitte :


Ca fait beaucoup de monde.

Mais, moi, je ne twitte pas. Je suis pourtant l'heureuse propriétaire d'une page Twitter, et le site se base sur ma fonctionnalité Facebook préférée, le "status update". Je pourrai passer des heures à raconter que j'ai mangé des céréales ce matin, que j'ai regardé les "feux de l'amour" ce midi, fais une petite sieste à 16h et oublié de travailler à 22h.

C'est qu'il y a un problème de taille : si tous mes amis ont désormais rejoint le monde merveilleux de Facebook, sur Twitter, c'est niet. Quand j'utilise le "Friend Finder", aucun de mes contacts n'apparaît à l'écran. D'ailleurs, c'est bien simple, je n'ai que 4 amis. Dont 2 que je ne connais pas et un homme politique qui me "follow" parce que je le "follow". Il faut croire que les 6 millions de Twitter ne font pas le poids face aux 175 millions de Facebook.

Et parler dans le vide intersidéral, ça m'intéresse tellement que je n'ai pas actualisé mes Tweets depuis le 1er octobre 2008. En tout, je ne me suis servie du site que 4 fois depuis mon inscription.


Dans sa description, Twitter explique qu'une grande partie de son succès est due à sa simplicité. J'écris me 140 caractères dans le cadre "what are you doing?", je clique sur "update", et c'est fini. Tous mes amis découvrent alors sur leur page d'accueil que j'ai mangé des nachos hier soir et que j'ai aimé ça.
En fait, Twitter est tellement simple à utiliser que Google affiche 2,5 millions de résultats à la requête "Twitter for beginners".
Moi-même, il m'a fallu du temps pour comprendre la différence entre les "followers_me" et "following_me". Parce que contrairement à ce que voudraient le bon sens et la langue anglaise, les gens qui suivent mon profil ne sont pas les "following_me" mais les "followers_me", puisque lorsque je consulte mon profil les "following_me" deviennent des "following_profile", et les "followers_me" des "followers_profile". Si vous n'avez rien compris, c'est normal. Twitter est trop simple pour vous.

Ne parlons même pas du système de réponse d'un utilisateur à l'autre. Il y a toujours une @ dans l'histoire, parfois précédée de "RT" (response to, j'imagine*), parfois non. Ce qui donne ce genre de choses :


Face à l'engouement général, beaucoup s'interrogent sur l'intérêt d'un tel service. Moi pas. Je suis absolument pour l'épanchement narcissique. Mais, vous vous en doutez, ce n'est pas vraiment la version officielle. La raison d'être de Twitter est en fait expliquée dans cette vidéo : « Vous n'enverriez pas un email à un ami pour lui dire que vous buvez un café. Votre ami n'a pas besoin de savoir cela. Mais qu'en est-il des personnes qui veulent connaître les petites choses de votre vie? »

Alors, amis qui s'intéressent aux petites choses de ma vie, voici, rien que pour vous :



Enfin, si vous n'avez toujours pas compris le concept Twitter, je vous laisse sur cette excellente vidéo de 20minutes au chroniqueur très dynamique.


* Edit : nous sommes le 25/04, il est 00:02, et je viens de me rendre compte que RT signifiait "retweeting". Copier le tweet de quelqu'un d'autre quoi. Mieux vaut tard que jamais comme on dit.

lundi 23 mars 2009

Facebook stalker?

J’avouais ici mes penchants psychotiques sur Facebook. Et, comme je ne suis pas la seule à être accro, quelqu'un a fini par s'intéresser à ce phénomène.

Elle s'appelle Laura Greene, elle est journaliste, et elle est surtout inquiète d’une possible apparition de « sérieuses dépendances à Facebook ». Après un très rassurant « Maybe you or someone you know has an obvious Facebook addiction. Maybe he/she is a Facebook stalker. », elle définie donc dans un article une classification décroissante des signes avant coureurs de la dépendance. Traduction un peu libre :

10. Vous faites des recherches à partir de prénoms pour retrouver quelqu’un que vous avez rencontré dont vous ne connaissez pas le nom d’après sa photo.

9. Vous recherchez des noms que vous trouvez dans les journaux, juste pour pouvoir mettre un visage sur un nom.

8. Vous êtes déçu quand vous découvrez que vous ne pouvez pas accéder aux informations d’une personne parce qu’elle n’est pas votre ami sur Facebook.

7. Vous vérifiez s’il n’y a personne que vous pourriez ajouter dans les amis de vos amis.

6. Vous rentrez l’adresse mail de vos amis Facebook sur MSN, mais sans jamais leur parler – juste pour lire leurs pseudos.

5. Vous passez un temps précieux à regarder les photos de personnes avec lesquelles vous êtes allé au lycée mais auxquelles vous n’avez pas parlé depuis.

6. Vous vous disputez avec votre petit(e) ami(e) parce qu’il ne veut pas encore se mettre in a relationship.

5. Vous célébrez les étapes de la vie facebookienne : 50 amis, 100, 200...

4. Vous consultez régulièrement la liste des groupes à la mode pour être sûr de ne pas passer à côté de quelque chose.

3. La première chose que vous faites le matin est de regarder vos mails, au cas où quelqu’un vous aurait envoyé un message sur Facebook ou vous aurait ajouté à ses amis pendant la nuit.

2. Vous ressentez une forte frustration quand quelqu’un que vous cherchez n’est pas sur Facebook.

1. Vous vous sentez mal ou tremblez pendant le travail, l’école, ou à n’importe quel moment où vous n’avez pas accès à Facebook.

J’ai donc fait ce test, et, ouf, je ne suis pas une vraie Facebook stalkeuse. Mais peut être que vous si. Alors, pas de panique. Comme le dit Laura, « le premier pas vers la guérison est d’admettre que l’on a un problème ».

jeudi 12 mars 2009

La "famille" Sarkozy sur Facebook

Dans la famille Sarkozy, on connaissait Nicolas (notre président), Carla (sa femme), Cécilia (son ex), Pierre (le fils aîné, producteur de rap), Jean (le deuxième fils, élu UMP comme papa) et Louis (le cadet, fils de Nicolas et Cécilia). Mais, sur Facebook, il en a bien d’autres.

  • Jeanne Sarkozy



  • Commençons par Jeanne, la personnalité la plus haute en couleurs de cette famille virtuelle, et pour cause : « je ne suis pas raciste, j'ai récemment acheté un aspirateur de couleur », clame t-elle sur son profil. Moi, je suis surtout surprise de savoir qu’elle achète elle-même son matériel de nettoyage. Il y a du personnel pour ça. Alors, Jeanne Sarkozy, une fille simple ? Il faut le croire, ses seuls plaisirs étant de « dépenser l'argent des français en maquillage et manucure » et d’écouter « les légendes du hard-rock: maurice chevallier, michel sardouille, florent brunel, charles trenet et le grand julien dragaule ». Une fille résolument attachante, mais aussi très cultivée, surtout calée en littérature, puisque ses "favorite books" sont : « martine dénonce ses voisins communistes », « martine a voté sarkozy », « martine insulte les grévistes » et « Martine travaille plus pour gagner plus ».
    Malgré son physique avantageux et changeant (elle aime se teindre les cheveux, passant de blonde à rousse en un clic de souris), Jeanne reste néanmoins une fille discrète, murée dans son château élyséen (ou chez sa manucure préférée), et qui ne totalise par conséquent que 71 amis.

  • Gédeon Sarkozy



  • Gédeon est le plus trash de ses relatifs, le délinquant de la famille. Gédeon aime « voler des vieilles qui n'ont plus rien, tuer des prostitués et les découper, inoculer le sida à d'autres homo sapiens », torturer des animaux et « massacrer des tibétains à ses heures perdues ».
    C’est aussi un poète, voire un philosophe, puisqu’il se décrit comme étant : « fluide comme gars mais sans etre flaqueux, plutot squabreux dans les moments drus ».
    Comme sa sœur Jeanne, il attache une grande importance à la lecture, notamment à celle de FHM, ce qui explique sans doute son orthographe irréprochable (« squabreux », « richesse européène », « tarlooses »). Notons qu’il a pourtant étudié à l’ « université universitaire du Bang_Ladech ».
    Parce qu’il est très subversif, Gédeon n’est que peu apprécié par le reste de l’humanité et n’a que 27 Facebook friends.

  • Kastoapovkon Sarkozy



  • Mon petit préféré, et aussi celui du web, à en croire ses 513 amis, a un prénom empreint de sonorités orientales : Kastoapovkon. Malheureusement, c'est un homme très secret, ne révélant sur sa page que peu de détails de sa vie privée : une photo, et sa date de naissance, le 28 Janvier 1955. On peut néanmoins imaginer Kastoapovkon comme étant un homme d’une spiritualité et d’une politesse inouïe. Et particulièrement habile de ses paupières.

    En fait, il y a énormément de Sarkozy sur Facebook, plus de 500, dont quelques notables : Edvige (fichier) Sarkozy, Nicolason (mannequin bodybuildé pour une marque de slips) Sarkozy, Larry (labrador blanc) Sarkozy, et beaucoup de Nick, Nicola, et Jean Sarkozy.
    Le reste de cette étendue famille tient cependant à sa vie privée, et a donc décidé de bloquer son profil aux utilisateurs lambda du réseau social. On les comprend.


    Enfin, tant qu’on est dans le web et les Sarkozy, je vais aussi en profiter pour parler de cette ambitieuse application Firefox : Karcher 0.1. Son but ? Effacer Nicolas Sarkozy du web. Et il parait que ça marche plutôt bien, puisque 01.net a testé, et même attesté de la réussite de la démarche, Google ne proposant plus que trois résultats à la requête "Nicolas Sarkozy".
    Une initiative qui devrait plaire au RDT, Rassemblement pour la Démocratie à la Télévision, qui avait tenté d’instaurer la fameuse "journée nationale sans Sarkozy dans les médias". Si eux n'avaient pas réussi, le web oui.
    Pour essayer, c'est ici (Mozilla versions 2 à 3 uniquement).

    dimanche 8 février 2009

    Du Facebook stalking à l'Internet stalking.



    Après avoir avoué mes petits penchants voyeuristes sur Facebook ici, autant continuer dans la lancée "espionnage cybernétique". Ainsi, l’autre jour, alors que je me « googlais » tranquillement (car oui, se googler est désormais un verbe), je suis tombée sur un site qui pousse encore plus loin la perversion.

    123people est un charmant « moteur de recherche de personnes » (rien que l’appellation est flippante) développé par une entreprise autrichienne.
    Il recoupe donc toutes les infos que l’on laisse traîner à droite à gauche, des photos de Facebook aux résultats d’examens, en passant par les blogs et les coordonnées Pages Jaunes. Encore plus charmant, la base line marketing (t’as vu comment j’emploie des termes techniques) : « find everyone you (want to) know ». Au moins, ils assument.
    En plus, une fois que j’ai retracé toute la vie virtuelle de Paul Tarentouille, je peux même le traquer grâce à une option de suivi. Pratique, non ? De quoi faciliter la tâche à tout psychopathe équipé d’un ordinateur.

    Avec un plus de 4 000 visiteurs par jour (dixit Statbrain) et seulement quelques mois d’existence, le site en est encore à ses débuts, mais maintenant que ses résultats sont référencés par Google, il va forcément gagner en visibilité.

    Et le monde entier pourra savoir que j’ai possédé un skyblog hautement intéressant à base de révisions scientifiques et de racontage de vie (oui, c’est un peu comme ici en fait, la médecine en plus).