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dimanche 21 juin 2009

Secret Story 3 : secret mais pas trop

Ami lecteur, toi, tu n’as peut-être pas de petits travers. Moi si. Alors, parfois, je me détourne du droit chemin, de BFM TV, de LCP et de Slate.fr, et je m’imprègne de la culture de ma génération. Je pourrai faire croire que c’est par pure conscience anthropologique, mais non, je suis tout simplement bon public. Tu me mets quelques jeunes sulfureux aux abdos bien dessinés dans une maison avec piscine, et je reste scotchée. Une faiblesse dont je ne suis néanmoins pas la seule à souffrir, puisque le prime de vendredi a été suivi par près de 5 millions de téléspectateurs - deux fois plus que Pékin Express sur la 6 -, offrant à TF1 la pole position des audiences de la soirée.

Maintenant que j’ai soulagé ma conscience et levé le voile sur ma superficialité profonde, tentons donc de relever le niveau en se penchant sur le cas encore plus préoccupant des gens qui eux aussi suivent Secret Story 3, mais qui, en plus, le hurlent de part et d’autre de la toile, envahissant nos réseaux sociaux. Remarquons que puisque je suis moi-même en train d’en parler sur ce blog, et puisque j'ai changé mon statut Facebook aux alentours de 3h du matin pour proclamer ma stupeur devant la remarquable prestation musicale de Laurent, ancien de la maison des secrets, je suis une magnifique hypocrite.

Vendredi donc, ça a live-tweeté/live-twitté (je ne suis toujours pas au point sur la terminologie twitterienne française) en masse :



Fait intéressant, on live-twitte/live-tweete même sur Secret Story pour se plaindre de ceux qui live-twittent/live-tweetent sur Secret Story.


Mais sur Facebook, le mouvement était déjà en marche depuis quelques temps, avec plus de 300 résultats à l'entrée "secret story 3", dont le repère de ceux qui avaient déjà bloqués leur soirée pour ne pas manquer cet illustre événement :


Et ceux qui "promis, juré, craché", ne regarderont jamais de leur vie :


Finalement, Secret Story, que l'on aime ou que l'on n'aime pas, on massacre les "home" de ses amis avec.

En ce qui concerne ce premier prime, on retiendra surtout que pour s'assurer un succès digne de l'année passée, au lancement à 5,5 millions de téléspectateurs et à la quotidienne à 2,6 millions de fidèles en moyenne, TF1 a fait jouer la coopération des services. Ainsi, c'est sans aucun doute suite aux élections européennes et sur les conseils avisés de François Bachy, tête du service politique de la chaîne, que des décapotables électriques ont été choisies pour transporter les précieux candidats jusqu'à leur nouvel habitat. C'était aussi l'équipe d'Automoto qui les avait "tunnés", avec mini-jupes, talons, et seins siliconés d'hôtesse de salon automobile pour tout le monde, tandis que Jean-Pierre Foucault prêtait gracieusement à Castaldi junior son mp3 spécial Miss France (car Jean-Pierre est un homme moderne, qui sait vivre avec son temps).

Côté service multimédia, l'ébullition était aussi à son comble, car, cette année, TF1 a eu une révélation divine : « Plus il y a de buzz sur le Web, plus l'émission marche ». Une douce phrase signée Benjamin Castaldi, qui, début juin, introduisait ainsi à TV Mag la nouvelle philosophie Internet de l'émission : « J'envisage sérieusement de répondre aux rumeurs via un blog sur TF1.fr. Ce blog serait le mien, mais il serait mis en ligne avec le site officiel de Secret Story. Histoire de couper l'herbe sous le pied à tous ceux qui se nourrissent grassement sur notre dos comme le blog de Jean-Marc Morandini. Autant faire soi-même ce que les autres font. Je pense même à mettre une Webcam dans ma loge... ». Néanmoins, j'ai eu beau chercher, pas de trace de ladite Benji TV. Quant à Morandini, il se félicite ce matin même sur son blog d'avoir atteint vendredi son record de connexion, avec plus de 200.000 visiteurs uniques et 2 millions de pages vues sur la journée, comme pour enfoncer un peu plus le couteau dans la plaie. Enfin, notons que dans cette même interview, Benjamin se révélait - à l'instar de certains candidats - doté de pouvoirs médiumniques importants, puisqu'il prédisait déjà qu'à peine le seuil de la porte passé par les premiers candidats, tous leurs secrets feraient déjà le tour du net.

Mais, cette saison, un élément change la donne : l'absence d'un canal 24/24, qui laisse à TF1 le pouvoir de choisir ce qui buzzera et ce qui ne buzzera pas. A voir.

mardi 19 mai 2009

Enfin une compagnie aérienne qui a du chien.

On pourrait se dire qu'après une semaine de silence (et une star de la semaine encore sacrifiée à mon manque d'imagination/courage), je reviendrai avec quelque chose d'un tant soit peu surprenant, intelligent, voire même intéressant, mais non. Je vais plutôt me réfugier derrière ce judicieux adage : « une vidéo vaut mieux qu'un long discours » (quoi, c'est pas ça?). Et m'en retourner à mon étude des théories de Spitz sur le fouissement (et ouais).


Cette vidéo nous vient directement d'Eco 89, décidément devenu mon fournisseur officiel de buzz Youtube.
Petairways est donc une compagnie aérienne aux promesses pour le moins inattendues sur le point d'être lancée sur le sol américain. Un toutou à promener de Los Angeles à Chicago? Un chat à expédier à une arrière-tante New-York? Petairways est là pour assurer les meilleures conditions de transport à votre petite bête à poil. Cage tout confort, surveillance par des hôtesses spécialisées, traçage par Internet (vous savez, comme pour les Colissimo suivi)... Les initiateurs du service proposent même une garantie en béton armé : protocoles et procédures de traitement ont été approuvés par le Dr. Jeff Werber, vétérinaire de la très célèbre Lassie, et par Zoe, minuscule chienne présentée comme l'une des fondatrices de la marque :

(Zoe est ici entourée de ses maîtres, Dan et Alysa.)

C'est d'ailleurs très certainement ce Jack Russel Terrier qui tweete sur la page PetAirways, échangeant de bons mots avec d'autres chiens adeptes du réseau social et leurs maîtres.

En plus d'un service de qualité, la compagnie présente un tarif de lancement ridiculement maigre, surtout en ces temps de crise : 149$ le trajet. Un prix à majorer toutefois par l'achat d'un sac à dos pour chien. Qui, attention, se doit d'être à la bonne taille.


Après les habits pour chien, les bijoux pour chien, les défilés pour chien, les centre aérés pour chien, les hôtels pour chien, les spas pour chien, les psychologues pour chien, les restaurants pour chien, les sites de rencontre pour chien, la compagnie aérienne semble être une suite logique. Bientôt, les chiens auront des stock options, rouleront en Ferrari, enfileront leur costard-cravate, et se rendront à l'ambassadee canine de France pour des galas. Bientôt, les chiens prendront le pouvoir de la Terre. Et tout l'argent de leurs maîtres.

mardi 21 avril 2009

Sarkozy, Zapatero, Libé, Ségolène, Lefebvre, le PS, le machisme, et l'humour politique.


Et si je faisais de la polémique sur la polémique de la polémique de la polémique? Non, la flemme. Mais parlons-en un peu quand même.

© Courrier Picard, où officie le seul dessinateur régional au monde
qui pourrait me pousser à déménager.

Pour ceux qui n'auraient pas suivi, Ségolène s'est fendue ce samedi d'une lettre d'excuses à la destination du "pas très intelligent" José Luis Zapatero, le chef d'Etat espagnol socialiste. "Pas très intelligent", selon les propos "non prononcés - mais en fait si, mais pas dans ce sens là" de notre cher président lors d'un déjeuner interparlementaire sur la crise. Une semaine à peine après le tollé provoqué par ses autres excuses au nom de Nicolas Sarkozy, à Dakar ce coup-ci, elle réitère donc.

Toute la classe politique s'enflamme, et l'on assiste à un week-end de petites piques. Et moi, quand les politiques pêtent les plombs, se montrent du doigt et se cassent du sucre sur le dos, je rigole. Florilège des meilleures réactions.

1) « J’ai envie de dire à nos amis espagnols : excusez-la, pardonnez lui ! ». Jack Lang (SRC).

2) « Je le dis de la manière la plus sérieuse (...), je pense que Mme Royal a besoin d'une aide psychologique. Il y a un problème, il y a quelque chose qui tourne pas rond, il y a quelque chose qui ne va pas ». Frédéric Lefebvre (UMP).

3) « Si Ségolène doit s'excuser à chaque fois que Sarkozy fait une boulette, elle va passer sa vie à genoux ». Jean-Christophe Cambadélis (PS).

4) « Après la bravitude, faute contre la langue française n'ayant pas fait l'objet d'excuse de son auteur, Madame Royal invente la ridiculitude, désormais symbole de sa dimension politique ». Yves Jégo (UMP).

5) Le silence de Martine Aubry. On imagine pourtant l'effort fourni par les journalistes pour la faire parler.

C'est beau de vivre en démocratie.

samedi 11 avril 2009

Le texte "Internet et création" rejeté : j'applaudis à 30 mains

Et oui, de la part des 15 paires de mains des députés UMP déçus. Car c'était un beau coup.

Depuis, je suis morte de rire à chaque fois que je vois cette vidéo :


La gauche se marre, la droite se barre, en voilà une image emplie de lyrisme qui met du baume au coeur.
Il faut dire qu'ils nous le devaient bien, les députés PS, après le scandale du premier vote - avec seulement 4 voix contre sur les 16 malheureux députés présents. Je savoure d'autant plus cet instant qu'en tant que super fan de l'assemblée nationale, j'ai souvent été choquée par le taux d'abstention. Et je me suis toujours étonnée du fait que la gauche, qui crie son indignation à tout va dans les médias, ne ramène pas plus ses fesses dans l'hémicycle. Parfois, seulement quelques voix peuvent faire la différence. Précisément ce qu'il s'est passé hier.

Cette semaine, il n'y aura donc pas une star de la semaine, mais vingt-et-une. N'y voyez aucune flemme de ma part (bien qu'en fait si). Comme je n'ai pas non plus réussi à trouver tous les noms, plutôt que de ne citer que quelques uns, je ne citerai personne. J'applaudis tout de même ces « 21 mousquetaires », pour reprendre l'expression du député Christian Paul, ces députés adulés de toute la blogosphère, champions incontestés du cache-cache (derrière rideau ou pilier, selon les versions). Merci, merci, merci. Car, même si le texte va bientôt repasser, on s'est bien marré, non?

vendredi 10 avril 2009

Il ne fait pas bon être policier ces jours-ci.

J’en ai déjà parlé, mais l’on a assisté cette semaine à une sorte de déluge de vidéos incriminant la police.

Il y a eu ça, à Strasbourg :


Et ça, à Londres :


Autant de vidéos qui témoignent de "légères bourdes" policières. Néanmoins, à mon humble avis, la vérité est ailleurs.

Car soyons lucide, la police n’est pas devenu la mafia du crime, elle n’attend pas avec excitation chaque manifestation en rêvant de balancer des cailloux sur les cortèges, elle ne cherche pas à provoquer des crises cardiaques en marge de défilés anti-20, elle ne s'impatiente pas de lancer des bombes lacrymo sur une foule qui l'insulte. La police serait plutôt en bien mauvaise posture, coincée quelque part entre prudence, urgence et une mauvaise image.

C’est que la société est bipolaire : d’un côté, on discute l’important dispositif de sécurité mis en place à Strasbourg, de l’autre, on accuse les forces de l’ordre d'avoir tardé à réagir lorsqu'un hôtel est envahi et incendié. D’un côté, on reproche à la police de jeter quelques pierres sur la foule, de l’autre, on ne s’émeut à peine lorsque des casseurs empalent un tronc d’arbre dans le pare brise d'une voiture, frolant de peu conducteur et passager. D’ailleurs, si la vidéo surgit, ce n’est non pas pour déplorer cet acte aux conséquences potentiellement mortelles, mais pour souligner le fait que le passager ait sorti son arme. Qu’il ait failli se prendre un arbre en pleine tête, on s’en fiche après tout.

En fait, la police en a peut être marre de se faire bombarder de projectiles, elle a peut être aussi des conditions d’intervention difficiles, dans la vitesse et le chaos. Et trouver le juste milieu, réussir à éviter les débordements tout en évitant la bavure, tout cela n’est pas simple. D'ailleurs, le jour où j’ai filmé ce que je montrais ici, j’ai aussi filmé ça :


"Ira, ira pas ?". On y voit bien que les CRS hésitent. Prudents, ils attendent de voir l’évolution de la situation avant d’intervenir, sans doute pour ne pas alimenter l’excitation. Mais, quand on regarde ces images, deux interprétations sont possibles, et l’on peut leur reprocher de ne pas avoir protégé le type qui se fait frapper, tout comme on leur aurait reproché de s’être saisis un peu brutalement de la situation s’ils étaient intervenus.

Cette double interprétation possible pose un gros problème quand on passe à l’échelle des médias nationaux. J’en reviens alors à cette vidéo du tronc d’arbre. Si je légende « des casseurs s’en prennent violemment aux forces de l’ordre », la sympathie va vers les militaires. Si je légende « heurts entre les forces de l’ordre et des manifestants : la police est à cran », la balance penche en faveur des manifestants. Si je choisis de légender « heurts entre les forces de l’ordre et des manifestants », un titre apparement neutre, tout en entourant l'arme à l'écran, j'influence l'interprétation de mon public. C'est ce que l'on a pu voir au JT de TF1. Or, la police est plus souvent regardée comme une force de répression abusive par une population qui la croise plus souvent lorsqu’elle se prend un PV que lorsqu’elle est en danger et a besoin de secours. La balance penche donc plus naturellement vers ces pauvres manifestants - des pacifistes, qui plus est - qui se retrouvent innocentes victimes de ces brutes de flics. En faisant abstraction totale du contexte.

Alors, oui, sinon, comme l'on déclaré les syndicats policiers, "le jet de projectiles n'est pas une procédure de police régulière". Mais n’oublions pas que la police n’a pas la tache facile. Et je ne pense pas que cele soit récent. Sauf que maintenant, c’est aussi filmé.

mercredi 1 avril 2009

Sarkozy doit vivre avec un salaire de misère : TOP 10 des politiciens les mieux payés dans le monde.

Malgré son augmentation de 172% l'an dernier, notre (très cher) président n'arrache que la 5e place du classement du Times. Un gros coup pour son égo : Barack est 3e. Il sauve tout de même les meubles en devançant Merkel et Brown.


1. Lee Hsien Loong - Singapore
Salary in dollars - $2.47 million
Salary in local currency - S$3.76 million

2. Donald Tsang Yum-Kuen - Hong Kong
Salary in dollars - $516,000
Salary in local currency - HK$4 million

3. Barack Obama - United States
Salary in dollars - $400,000

4. Brian Cowen - Ireland
Salary in dollars - $341,000
Salary in local currency - €257,000

5. Nicolas Sarkozy - France
Salary in dollars - $318,000
Salary in local currency - €240,000

6. Angela Merkel - Germany
Salary in dollars - $303,000
Salary in local currency - €228,000

7. Gordon Brown - UK
Salary in dollars - $279,000
Salary in local currency - £194,250

8. Stephen Harper - Canada
Salary in dollars - $246,000
Salary in local currency - C$311,000

9. Taro Aso - Japan
Salary in dollars - $243,000
Salary in local currency - Y24 million

10. Kevin Rudd - Australia
Salary in dollars - $229,000
Salary in local currency - A$330,000


samedi 28 mars 2009

Polémique tout azimut : Orelsan et sa sale.... "petite prostituée" ? (+ clip bonus)

Imaginez que vous vous appeliez Aurélien Cotentin.
Imaginez que vous soyez rappeur.
Imaginez que vous commenciez à avoir un petit succès sur Internet.
Imaginez que vous trouviez un label et qu’un disque ne naisse de cette union. (Oui, malgré l’état de l’industrie musicale.)
Imaginez que vous décrochiez votre entrée au Printemps de Bourges et aux Francofolies.
Et, maintenant, imaginez qu’une chanson vieille deux ans ait un effet boomerang à retardement dévastateur pour votre carrière. Tout cela sous prétexte que, dans cette ode à l’amour baptisée « sale pute », vous vous laissiez quelque peu emporter par la vibe.

C’est la malencontreuse histoire d’Orelsan, poète incompris.

L’originalité de l’affaire est que la polémique est parti de là même où Orelsan a trouvé le succès : Internet. La chanson a en effet été déterrée des fins fonds du web par deux bloggeuses, Kokolat et Soleillade. Je parle des fins fonds du web, puisque "sale pute" ne figure ni sur l'album du rappeur, ni sur sa set list. Néanmoins, indignées par une telle incitation à la haine et à la violence envers les femmes, elles ont créé un mouvement cybernétique visant à faire retirer Orelsan de la programmation du Printemps de Bourges. Et quand Diam’s "chante" qu’elle va rayer « sa caisse » au mec qui trompe sa copine, c’est pas de l’incitation à la violence envers une voiture innocente, ça ? Qu’on déprogramme Diam's tant qu'on y est ! Si le célèbre festival semble maintenir la participation d'Orelsan, les Nuits Botaniques (Bruxelles) ont annulé leur invitation, et les Francopholies « s’interrogent ».

Et le pauvre Aurélien, dans tout ça, il ne pige plus rien : « Dans cette chanson, j'essaie de montrer comment une pulsion peut transformer quelqu'un en monstre. J'ai tourné un clip où je porte un costume cravate et bois de l'alcool, pour montrer qu'il s'agit d'une fiction. En aucun cas, je ne fais l'apologie de la violence conjugale. L'attitude de ce personnage me dégoûte, mais j'ai l'impression de représenter artistiquement la haine comme a pu le faire un film comme Orange mécanique. » (Le Monde).

Moi, je me serai contentée de dire que la chanson est rigolote, parce qu’avec une telle concentration d’insultes et de menaces, on se doute bien que c’est du second degré. Plus que "petite pute", c’est un peu "les pensées vengeresses trash d’un pauvre type qui vient de se faire larguer". Presque Baudelairien.

En plus, le clip est soft. Si on y avait vu un tecktonikeur découper une malheureuse en fines rondelles avec des ciseaux de couture, ça aurait été une autre histoire. La vidéo est néanmoins censurée sur Dailymotion et Youtube.



Plus que la polémique, ce qui est drôle, ce sont les réactions qu’elle suscite. Notamment sur cet article du Post.

Il y a les enflammés, comme Antoine (qui se reconnaissent à leurs longs commentaires plein de rage) :
« C'est du calcul pur et simple. Du business. Plus c'est crade, violent, mysogine, homophobe, et plus ça marche. Les cailleras aiment, la maison de disques se frottent les mains et tout le monde est content.
[...je vais t'avorter à l'opinel].
Ah ouais, super.
Aurélien Cotentin, alias Orelsan, connaît très bien la portée de ses textes, il est issu de la classe moyenne - sinon bourgeoise - (père directeur de collège, mère institutrice) et d'une brave bourgade normande.
Aurélien Cotentin sait pertinemment ce qu'il écrit, avec l'aval de sa maison de disques et des gentils bobos du festival de Bourge. Il sait très bien que ses auditeurs potentiels, dans les "quartiers" où il n'a jamais mis les pieds, sont, pour la plupart, foncièrement incapables de distinguer le 1er du second degré.
Et puis, merde, même s'il n'y a jamais mis les pieds, il sait très bien que les quotidien des gamines de ces banlieues, c'est souvent la violence verbale - ou physique - l'humiliation, le mépris, la mysoginie, les viols parfois. Faut arrêter de nous vendre ce mec comme le représentant de la jeunesse défavorisée. C'est juste une pâle imitation de Eminem, un petit provincial sans talent qui joue le dur et espère - comme Eminem - ramasser plein de frics en surfant sur la provoc, l'homophobie et la mysoginie la plus ignoble. »
(26/03 - 19h51)

Ou encore tomy, réagissant à l'annulation aux Nuits Botaniques :
« bien vive la censure ..... ne pas faire la différence entre des paroles des zik et la réalité ... c'est quand même abusé !!!!! sinon a quand la fermeture de cinéma pour incitation aux meurtres ? ????
oh fait ils s entendent toujours aussi bien les francophone et les wallon ??? y a pas de haine dans vos propos ????
donc avant de parler de respect envers les femmes... parler de respect dans votre pays genre comment se fait il qu'on puisse pas parler français dans certaines communues limitrophes ???? ... ah ..donc ton exemple on s'en fou ... et avant de parler de respect envers les femmes faite preuve de respect envers les autres citoyens de votre pays .....
»
(26/03 - 17h52)

Les comiques, comme Ahmed :
« Bonjour, je viens d'écouter l'album d'OrelSan. J'ai apprécié la plupart de ses chansons, mais je n'ai toujours pas envie de violer ou tabasser une femme.Pouvez-vous m'aider ? J'aimerai tellement correspondre à vos stéréotypes et à vos clichés. »
(26/03 - 18h48)

Les alarmistes (on aurait presque envie de se pendre car, "où va le monde ?"), comme sdal :
« C'est marrant, LePost conclut l'article en proposant au lecteur de choisir. Sauf que pas de bol, il n'y a que deux choix. Soit on veut choquer pour passer dans les médias, soit on est un affreux mysogine. Et si on était ni l'un ni l'autre ? La liberté d'expression si c'est pour débiter des textes à la Bruel, je veux bien m'en passer. En tout cas le web prouve une fois de plus que ses représentant sont de sacrés petits flics de la pensée, des capos qui scrutent chaque page à la recherche d'un vilain canard à fouetter, et en public ! Blogueurs, journalistes, vous êtes des flics 2.0 »
(26/03 - 18h28)

Les rabat-joies, comme Nyoosha :
« J'allais justement faire la comparaison avec TTC, mais l'auteur de l'article l'a faite tout à la fin. Scandaleux, en tous cas. Ces pauvres mecs doivent être complètement frustrés... Quand on voit la tête des membres du groupe TTC, on comprend pourquoi. Ils ne peuvent que jouer la provoc, vue leur allure... Les femmes n'ont pas souvent dû vouloir d'eux! Quant à Orelsan, pareil, il a été trompé et il est donc blessé dans sa virilité et se sent obligé de réagir de la façon la plus primaire qui soit... Pitoyable... Et surtout dangereux, car certains décérébrés risquent de suivre cette façon de penser, et de "transcender" leur frustration autrement qu'en écrivant des "chansons"... »
(26/03 - 18h20)

Au final, on est tous d'accord, non? S’ils veulent écrire des chansons, laissons-les faire, c’est toujours mieux que de découper une malheureuse en fines rondelles avec des ciseaux de couture.

Allez, bonus :

Ca sent le hit du Printemps.

vendredi 27 mars 2009

Star de la semaine #6 : Federico Lombardi

Allumez un cierge, faites un signe de croix, "je te saluez" vos écrans. Car, une fois n’est pas coutume, notre star de la semaine a été touchée par la grâce divine. Et, à l’heure où 43 % des catholiques français souhaitent voir le pape Benoît XVI quitter son trône, notre star de la semaine a beaucoup de boulot.
Car Federico Lombardi n’est autre que le porte-parole du Vatican. Un job tout particulièrement prenant ces dernières semaines, avec son lot de communiqués, interviews et clarifications.

Pourtant, du travail, il en a déjà suffisamment en temps normal, puisqu'il jongle entre trois postes : directeur de Radio Vatican, directeur du Centre de Télévision du Vatican et directeur du bureau de presse du Vatican. C'est beaucoup pour un homme de 66 ans, devenu prêtre jésuite au doux âge de 20 ans.

66 ans, et toujours pimpant.

Tout juste nommé à la tête de la salle de presse papale, il avait déclaré : « Je ne penses pas que mon rôle soit d’expliquer la pensée du pape ou d’expliquer ce qu’il a déjà exprimé d’une manière si claire et riche » (ben oui, le pape est bon et juste, et il a toujours raison, d'autant plus quand c'est ton boss). Evidemment, ça, c’était en 2006. Il a peut être changé d’avis depuis.

Surtout ce dernier mois, où l'on a assisté à un festival papal, avec des polémiques en veux-tu en voilà, entre une levée d’excommunication d’évêque négationniste, une excommunication de petite brésilienne violée, et une contestation du préservatif. Un dernier dérapage que le pauvre Lombardi aurait du voir venir, puisqu’il était à quelques centimètres du pape au moment du drame. Et, puisque les journalistes à bord de l'avion sacré n'ont pas le droit de parole, c'est même sans doute lui qui a posé la question fatidique. Une question dont il avait au préalable répété la réponse avec son saint patron, les interventions étant préparées à l'avance (c’est ce qui est raconté ici). Pas de bol.

"Allez, vas, Benoît, je m'occupe de cette question, ça vaut mieux."

Pourtant, dès l'affaire Williamson, le père Lombardi avait trouvé la solution : « Pour l’Église, le problème de la communication n’est pas simple. (...) Parfois, il vaut mieux ne pas parler. ». Un message à transmettre au Pape s'il ne veut pas être chassé de son royaume? Courage, Federico.

mercredi 18 mars 2009

Initiatives de contestation.

Hier, France 4 nous présentait ce que je qualifierai de "documentaire de l'année" : Global Résistance. 70 minutes de protestation décalée, avec pavés en mousse, clowns à Amsterdam, graffeurs détourneurs de pubs, clowns à New York, religion fictive anti-consumériste, ou encore stage de désobéissance civile.

Contre-défilé du 14 Juillet de l'armée révolutionnaire des clowns
à Paris (
rue 89).

Puisque « désormais, quand il y a une grève en France, personne ne s'en aperçoit » (dixit Nicolas Sarkozy), les contestataires se veulent de plus en plus créatifs. Pour mieux frapper les esprits, certes, mais aussi pour mieux attirer les médias. C'est bien connu : plus c'est surprenant et massif, plus c'est relayé.

Or, justement, avec la crise, force est de constater que ces initiatives se multiplient.

Ainsi, hier soir, Laurence Ferrari nous présentait Pascal Lazarus, quadragénaire endetté jusqu'au coup suite à la crise immobilière (victime de l'un de ces fameux prêts relais). Son idée? Pédaler jusque l'Elysée depuis sa région, l'Alsace. Ça fait quand même une trotte.

Plus organisé, il y a quelques semaines, je suis tombée sur le blog d'un mouvement en pleine gestation : la brigade des sifflets. Qui propose de siffler pour manifester son opposition au gouvernement : « Nous voulons rassembler dans une expression originale tous ceux qui, tous les jours depuis le 6 mai 2007, s'indignent sans savoir comment le dire et comment se faire entendre. Les événements de Saint Lô nous ont donné des idées... Le président de la République n'aime pas être sifflé. ». Un grand rendez vous devrait ainsi être organisé, au cours duquel le doux son du sifflet résonnerait partout en France durant 15 minutes. Une initiative bien sympathique à laquelle je ne peux malheureusement pas me joindre : je n'ai déjà pas assez de souffle pour gonfler un ballon d'une traite, alors vous imaginez...

Enfin, vous le savez, à Paris 8, c'est la grève, et à Paris 8 aussi on a de l'imagination. Une autre démarche originale vient donc d'y être proposée : la ronde infinie des obstinés. Ainsi, si le gouvernement continue à faire la sourde oreille face aux revendications des enseignants-chercheurs, le parvis de l'Hôtel de Ville de Paris, pour le coup rebaptisé "place de grève", deviendrait le théâtre d'une ronde s'affairant de jour comme de nuit.

Ils ont même fait un teaser :


C'est encore mieux que les employés de Continental et leurs oeufs.
Avec ça, si on buzze pas dans les médias...

lundi 16 mars 2009

Le chemin du bonheur est une marque déposée. Par la scientologie.

Saviez-vous que le chemin du bonheur était « une marque déposée détenue par la L. Ron Library aux Etats-Unis et dans d’autres pays. »? C'est la pochette de mon DVD scientologue qui le dit.

Parce que je trouve ça super fort, j'ai décidé de commencer par là mon développement sur la communication de l'organisation controversée. Après un petit détour par l'introduction du DVD, bien sûr. Sachez tout de même que ça ne correspond pas à l’ordre du disque, et, en fait, au moment où j’écris ces lignes, je me suis déjà envoyée une heure de principes scientologues. J’ai notamment pu y découvrir que j’étais un « thétan », chose sur laquelle je reviendrai une prochaine fois.

Commençons donc par le commencement, à savoir l’introduction. Si elle m’avait effrayée le premier soir, c’était plus par sa forme (le symbole de la scientologie en arrière plan et une petite musique d’ambiance assez répétitive) que par son fond, somme toute assez sobre, puisque défilent ces quelques lignes :
« Elle a été attaquée, vénérée, contestée et glorifiée. » Certes.
« Les adjectifs utilisés pour la décrire sont nombreux et variés. » Ca, c’est de l’inside scoop.
« C'est la seule nouvelle religion importante qui ait été fondée au 20e siècle ». En France, on dit "secte", mais bon...
« Elle grandit à une vitesse incroyable. »
« Des gens de tout milieu l'utilisent chaque jour. » Oui, ils commencent classe moyenne, ils finissent fauchés.
« Elle compte des millions d'adhérents. »
« Le sujet est soulevé dans les actualités. On en parle dans les médias, à la télévision et sur Internet. » Voire dans les tribunaux.
« Tout le monde semble avoir une opinion. »
« Qu'est ce que la scientologie? »
Bonne question, tiens.

S'affiche alors le menu :

(Vous pouvez aussi jeter vous-même un oeil aux vidéos, ici.)


Amorçons donc notre visite du fameux "chemin du bonheur".
Un chemin qui démarre en pleine apocalypse : montée du crime, immoralité du capitalisme, guerres, pornographie sur Internet... La voix off nous dépeint un monde pas très sexy, le tout appuyé par des images aux tons sombres et au grain très prononcé.
Mais, d'un coup, tout s’arrange : le livre de L. Ron Hubbard apparaît à l'écran. Et, voyez-vous, le chemin du bonheur, c'est « le premier code moral basé entièrement sur le bon sens ». On nous incite donc à offrir un livret d’introduction à ses 21 préceptes à un maximum de nos amis afin de « restaurer la moralité chez ceux qui nous entourent », dans cette immonde société « de plus en plus matérialiste ». Après ça, « à leur tour, ils passent le livret à leurs proches, les amenant à vivre leur vie avec amour, compassion, et bonté ». Si c’est pas merveilleux.

Face au succès dudit livret (« plus de 70 000 exemplaires »), on nous explique qu'un bureau spécial a ouvert en Californie, au sein duquel dirigeants d’entreprise, hommes d’état et autres personnalités influentes peuvent venir étudier le chemin du bonheur. Alléluia. Grâce à ces eneignements, les entreprises peuvent mener leur « propre campagne du chemin du bonheur, améliorant ainsi l’éthique de leurs employés » en organisant des séminaires. Et c'est à que ça devient très inquiétant : les employés en question sont-ils au moins conscient d’être démarchés par l’église de scientologie ? D'ailleurs, il y a pire : des activités pour la jeunesse sont sponsorisées.
C'est que dans cet endroit décidément magique, on trouve aussi une vaste salle à photocopieuses qui permet « d’imprimer des livrets dans plus de 90 langues ». Pour le coup, on nous filme même une machine en action. En nous expliquant que la couverture est personnalisable selon le contexte, que l'on soit dans un cadre professionnel ou amical, que l'on se destine à la jeunesse ou à toute autre cible particulière. Des livrets sont ainsi distribués dans les écoles, les prisons, les maisons pour jeunes délinquants, les lieux d’émeutes, de guerres, de pauvreté, et même par la police, puisque le livret les aiderait à « diminuer le taux de criminalité ». Partout où l'on trouve des gens désespérés et/ou fortement influençables, en somme.

La vidéo se termine même sur un appel à la contribution : « Offrez le chemin du bonheur à ceux que vous aimez pour qu’ils le distribuent à leur tour, lancez une campagne de distribution ou démarrez un groupe pour aider à restaurer décence et moralité dans une région. ».

Je viens donc de découvrir que la scientologie tentait d'envahir la société avec son « chemin du bonheur », mais je ne sais toujours pas ce que c’est, hormis « un code non religieux en 21 préceptes ».
Heureusement, une série de vidéos apparemment diffusée à la télévision est là pour répondre mes questions, présentant un par un chacun des préceptes.

    1. Prenez soin de vous. Un spot court et rythmé, limite pub Evian. Avec un homme qui se brosse les dents, une femme qui fait de la corde à sauter et une fillette qui mange une pomme.

    2. Soyez modéré. Un spot parodiant un jeu télévisé où un homme doit choisir entre l’alcool et sa famille. Suspens, on ne saura pas la fin.

    3. Pas de mœurs faciles. 30 secondes d’un homme qui se fait gifler par une douzaine de filles. Parce que « tromper sa femme fait mal ».

    4. Aimez et aidez les enfants. Un papa attentionné et encourageant apprend à sa fille adolescente à conduire. Elle est vraiment nulle (pire que moi à ma première leçon, c'est dire), mais ça se finit quand même par un gros câlin.

    5. Honorez et aidez vos parents. Celui-là est juste hilarant. On navigue entre un ado expliquant à ses amis qu’il a fait quelque chose d’incroyable aujourd’hui et des flash-backs, avec un montage digne de 24 heures chrono. Ce qu'il a fait? Il a rangé la maison. Et il ne s'est jamais senti aussi bien. Youhou.

    6. Donnez le bon exemple. Un gamin commence à repeindre un mur rempli de graffitis sous les moqueries de trois petites frappes. Il est progressivement rejoint par une centaine de personnes.

    7. Vivez avec la vérité. Une méchante blonde lance une rumeur sur une pauvre malheureuse, qui devient la risée du lycée.

    8. Ne commentez pas de meurtre. On entend un appel à police secours, alors que la caméra tourne autour d’un pistolet venant de tirer, la balle figée à quelques centimètres de l’engin. Et l’on finit par se retrouver à la position de la cible. Efficace. J’ai même frissonné de peur.

    9. Ne faites rien d’illégal. Oups, j’ai mis en ligne une capture d’écran sans l’accord de la scientologie. Et je peux peut-être « me cacher de la police, fuir le reste du monde, mais pas moi-même ». Je suis foutue, comme le jeune aux mains pleines de sang du spot.

    10. Aidez un gouvernement conçu et œuvrant dans l’intérêt de tous. Une petite fille improvise au beau milieu d’une pièce de théâtre sur le thème "et si nous avions le courage de nous battre contre l’injustice". C'est l'ovation.

    11. Ne causez pas de tort à quelqu'un de bonne volonté. Alors que trois jeunes agressent un proviseur bienveillant, une horde d’élèves vient s'interposer.

    12. Sauvegardez votre environnement. Alors qu’un gentil monsieur est devant sa maison, une poubelle, des déchets toxiques, et des eaux usées sont déversées dans son jardin. Il panique, mais arrive tout de même à secourir son adorable compagnon canin.

    13. Ne volez pas. Un voleur sexy fait de l'oeil à une fille tandis qu'il subtilise un paquet de chips. Il se retourne, et vlantanplan, il se retrouve face à un policier. Comme par hasard, sa bande de potes arrive justement à ce moment-là dans le magasin, et eux comme la nana le regardent maintenant avec dégoût.

    14. Soyez digne de confiance. Un père fait tout ce qu’il peut pour arriver à temps au spectacle de sa fille, et il réussit, pour le plus grand bonheur de sa progéniture. Ca me rappelle le spot Mennen (pour nous, les hommes).

    15. Acquittez-vous de vos obligations. Cette vidéo apporte un petit plus par rapport aux autres puisqu’elle se lie à celle sur le vol. Alors que le voleur sexy était en train de commettre son larcin, on entendait en fond sonore le proprio passer un coup de fil. Là, on se retrouve de l’autre côté, alors que le destinataire du message l’écoute sur son répondeur. Il s’agit en fait d’un horrible individu qui doit de l’argent à beaucoup de monde. Sa maison se retrouve assaillie par ceux qu’il n’a pas remboursés, et il se voit obligé de régler ses comptes. Avec un peu d'humour : « vous pourriez peut-être former une file? »

    16. Soyez travailleur. Une bande de jeunes branleurs se décide à nettoyer de fond en comble sa maison (notez que le nettoyage est le summum du cool chez les scientologues), et une bande de trois filles canons qui passent les regardent avec intérêt.

    17. Soyez compétent. Une escrimeuse évoque son parcours initiatique.

    18. Respectez les croyances religieuses. De la danse, de l’exotisme, de la musique, des jolies images.

    19. Essayez de ne pas faire aux autres ce que vous n’aimeriez pas qu’on vous fasse. Quand le petit garçon qui efface les graffitis se fait renverser son plateau dans la file de la cantine, une chaîne karmique se forme pour le punir.

    20. Essayez de traiter les autres comme vous voudriez qu’ils vous traitent. On reprend la fin de l'histoire de la vidéo précédente, et le petit garçon aide celui qui l’a bousculé à la cantine. C’est là qu’il se décidé à aller repeindre le mur de graffitis. C’est donc la génèse de la vidéo 6.

    21. Epanouissez-vous et prospérez. On retrouve là encore plusieurs extraits d’anciennes vidéos, sur fond de "ne vous laissez pas décourager par les médisants".

On a donc une succession de spots courts (1 min. en moyenne), rythmés, drôles, efficaces, en mini saga, avec des personnages qui se retrouvent d'une vidéo à l'autre. Et, surtout, axés sur les jeunes, avec des messages attrayants du type "ranges ta maison et tu séduiras de la midinette", "sois sympa avec tes parents et tu seras cool", "aides les gros nazes qui te violentent et tu seras récompensé". Un moyen d'aller chercher la relève scientologue. Parce que c'est là que se cache le vice du chemin du bonheur : présenté comme un code moral non religieux, il apparaît moins dangereux. Les règles sont censées, et il est de tomber dans du "c'est ça en fait la scientologie? c'est plutôt bien, je ne vois pas ce que les gens trouvent à y redire.". Mais le chemin du bonheur sert de pont à la suite. Une fois rentré dans le système, tu te transformes en petit soldat qui distribue son livret partout et qui dérive vers la dianétique (l'idéologie de la suprématie de la pensée sur le corps, qui permettrait de survivre et que tu ne peux découvrir que par des cours payants - j'en reparlerai). Ca s'appelle de l'embrigadement.

Parce que le chemin du bonheur a aussi son aile française, si le coeur vous en dit, il a un site Internet. . Mais j'espère qu'il ne vous en dit pas, parce que mon but n'est très certainement pas de fabriquer du scientologue à tout va, hein.

Précédemment :
Scientologie part. 1

vendredi 13 mars 2009

Le jour où j'ai voulu infiltrer la scientologie.

Il y a plusieurs mois de cela, l’un de mes profs, journaliste à Libé, me réclame un reportage. Une idée lumineuse germe alors dans mon esprit : je vais infiltrer la scientologie, et ça va être le coup de poker journalistique du siècle. Le 18 assuré.

Par un dimanche de Novembre, c’est donc passablement nerveuse que je pénètre dans les locaux de l’ASIF (Association Spirituelle de L'Eglise de Scientologie d'Ile de France) de Bastille. Déjà, comme je suis relativement influençable, il y a de fortes chances que j'en ressorte à moitié scientologue. Ensuite, il est tôt. 11h un dimanche matin, c’est juste pas possible. Et puis, je ne suis pas certaine que ma tenue ne corresponde vraiment au dress-code en vigueur dans une secte.

Je m’avance fébrilement vers l’accueil et un scientologue franchement canon :
Moi : Bonjour, euh...
Lui : Oui ?
Moi : J’ai lu sur Internet que l’on pouvait assister à une messe scientologue, alors...Lui : Hein ?
Moi : Une messe. J’ai lu qu’on pouvait y assister et je voulais voir comment c'était.
Lui : Ah d’accord, je vois... En fait, ce matin, ça ne va pas être possible.
Moi : C'est pas ouvert à tout le monde ?
Lui : Si, mais aujourd’hui il n’y en a pas, le diocèse est en tournée dans le sud de la France.
Moi : Et la semaine prochaine ?
Lui : Il n’y en aura pas non plus. (Pause) C’est la première fois que vous venez ?
Moi : Oui.
Lui : Ne bougez pas, je vais appeler quelqu’un qui pourra vous renseigner.
Moi : Euh... D’accord.
(Bon, c’est à peu près ça, je ne me souviens pas non plus de chacun des mots d’une conversation vieille de quatre mois.)

On me dirige à deux pas du bureau, vers une table et quelques chaises qui font sans doute office de salle d’attente. Et j’attends. Une scientologue canon avec des bottes noires passe et je lui dis bonjour. Un scientologue quadragénaire passe et je lui dis bonjour. Je vois en chacun d'eux celui qui est censé me renseigner. Le scientologue quadragénaire m’avertit que « quelqu’un va arriver pour me renseigner ». Sur le coup, je ne tilte pas, mais, je réalise deux jours plus tard que ce type ne sortait de nulle part et savait pourtant ce que je faisais là. (Big Brother is watching you? Ou tout simplement la magie du téléphone?)
J’observe ce qui m’entoure. Juste en face de moi, il y a une petite pièce avec un autel à l’effigie de L. Ron Hubbard. Son nom est même gravé en doré.
Enfin, le fameux « quelqu’un qui va arriver pour me renseigner » arrive. Il me salue, se présente, me tend la main. Je me lève, et manque de renverser la chaise sur laquelle j’étais assise, fais un peu d’humour « ah ben si je casse le matériel à ma première visite », lui serre la main, ne donne que mon prénom quand il me demande mon identité. Ce qui est pratique quand on est quelqu’un de timide et asocial, c’est qu’on a l’air d’une brebis égarée en permanence, et je dois donc avoir une bonne tête de désœuvrée prête à donner son corps et son compte en banque à la scientologie.
Il me demande pourquoi je suis là, je répète mon petit pamphlet sur Internet et la messe scientologue, car, non, je n’ai toujours pas réalisé que je m’affiche depuis le début, puisque l’on ne parle pas de "messe" mais d’"office" chez eux. J’explique que je suis tombée sur leur site sur Internet et que j’ai trouvé ce qui y était dit intéressant, et que je me demandais comment c’était. Il hoche la tête. Il me prend pour une lycéenne. J’oublie que je suis censée être "sous couverture" et je balance que je fais des études d’information communication. Mais aussi que j’ai raté médecine. Une fille en échec scolaire, ça doit les émoustiller.

Au détour de la discussion, il me fait paniquer :
Lui : C’est marrant, vous vous êtes passé le mot, non ?
Ma voix intérieure : Quoi ????
Lui : Hier, j’ai déjà reçu 5 personnes comme vous...
Ma voix intérieure : Hein ? Il m’a grillée ? Oh secours! Maman !!! Ca se trouve y'a d’autres infocoms sur le coup. Oh secours, venez me sauver! Mayday, mayday...
Lui : ... qui n’étaient jamais venues et voulaient des informations.
Moi : Ouf.

Il me ressort l’histoire de la tournée du diocèse (les scientologues sont des rock stars) et va me chercher un DVD. J’attends. La scientologue canon discute avec le scientologue canon à l’accueil. Mon histoire tombe à l’eau. Mais j’ai encore mon maigre compte en banque.
Je ressors donc avec un DVD, la carte de visite du « responsable des activités externes », et c’en est fini de mon parcours au sein de la scientologie.

Sauf que. Hier, alors que je n’arrivais pas à m’endormir, je me suis rendue compte que je n’avais jamais jeté un œil au fameux DVD. Rien de tel pour se bercer et faire de beaux rêves. Après 20 secondes de l’introduction, je crains d’être convertie à coup d’images subliminales qui vont retourner mon cerveau pendant la nuit. Je m’arrête, en me promettant de m’y remettre le lendemain, histoire d’acquérir des connaissances en propagande sectaire. Après tout, je suis étudiante en communication.

J’ai donc regardé le très Spielbergien « Scientologie : un aperçu », avec en prime « une présentation biographique de la vie de L. Ron Hubbard, fondateur de la religion de Scientologie ». Notons ici que le terme scientologie s’écrit avec un S majuscule, mais en tant que rebelle et non adepte, je garderai la minuscule.

Je vais vous prévenir de suite : il y a 7 heures de vidéo. Quelque chose que mon « responsable des activités externes » semblait d’ailleurs prendre pour un argument de vente. Je vais donc fractionner un peu les posts sur les différents chapitres de cet incroyable ouvrage (je suis bien obligée, j'ai déjà 7 pages word pour seulement deux chapitres et je ne veux pas faire fuir mes deux seuls lecteurs).

Avant de commencer, je me devais tout de même de parler de ce fait incroyable : il apparaitrait que le 13 mars est un jour de fête chez les scientologues. Ils célèbrent aujourd'hui l'anniversaire du fameux L. Ron Hubbard. Vous croyez qu’ils ont pu me conditionner en seulement 15 minutes dans leurs locaux ? Parce que ce DVD traîne tout de même depuis quatre mois dans ma chambre, et le jour où je me décide à le regarder s'avère être un jour sacré pour eux. Troublante coïncidence.

mardi 10 mars 2009

Faire du CD un objet collector, ou comment sauver l’industrie du disque.

En ces temps de débat sur la loi Hadopi visant à réglementer le téléchargement sur Internet, avec le fameux principe de riposte graduée, j’ai décidé d’exposer aux majors ma petite théorie sur la question (car il est évident que Pascal Nègre est un lecteur régulier de ce blog).

Déjà, il faut savoir que je suis une grande téléchargeuse, et ce depuis bien longtemps. A l’époque, la toile était parsemée de sublimes sites avec des noms comme « Roswell Music » ou « Buffy Music », qui proposaient la liste des chansons entendues dans chaque épisode. Il suffisait alors de cliquer sur un titre pour que la chanson ne se charge dans son Windows Media Player perso, et, là, un simple petit « enregistrer sous » dans le menu du logiciel, et le crime était commis. A l’époque, il n’y avait pas de débat, pas de question, le phénomène en était à ses débuts et n’engendrait pas encore les foudres des maisons de disques. C’était en plus vraiment pratique : plus besoin de faire quinze disquaires pour trouver l’album d’un petit groupe indé américain dans le Val-de-Marne, ni même d’acheter ledit album en entier juste pour pouvoir profiter d’une chanson.

Alors que le téléchargement est de plus en plus décrié, ces sites disparaissent et je migre vers le peer-to-peer, avec Kazaa puis Emule. Je suis gentille, je ne télécharge que des chansons, et quand j’aime beaucoup de chansons d’un même album je finis par l’acheter (cf. Avril Lavigne – et ne vous moquez pas, il fut un temps où écouter Avril Lavigne était moins une grosse honte). Viens ensuite une période frénétique, où je découvre que l’on peut télécharger tout un disque d’un coup sur Bittorrent, et Justin Timberlake en fait les frais (là j’assume sans problème - d’ailleurs, Justin, si tu nous lis, saches que je suis libre et que je veux bien t’épouser en échange d’un petit a cappella). J’achète toujours quelques CDs mais c’est très éparse puisque « il faut pas déconner, un disque c’est super cher maintenant, ils abusent » (c’est la Marine de 17 ans qui vous parle en direct live).

Entre ce moment-là et aujourd’hui, j’ai découvert qu’il y avait aussi des petits artistes qui se nourrissaient principalement de pates et qu’acheter leur disque peut être sympa. Voire même collector. On ne sait jamais, je tiens peut être l’album des futurs Beatles dans les mains et, un jour, on me proposera 150 000€ pour me le racheter. Je continue à télécharger Britney Spears, mais ce que j’aime et ce qui le mérite, je le paye (quitte à ce que ça soit de l’occasion s’il s’agit de quelque chose qui a déjà un certain succès – merci Boulinier, merci Gibert Joseph). Je mets aussi facilement la main au porte-monnaie devant un billet à la Maroquinerie ou un stand de merchandising. En somme, je suis un hybride entre la méchante pirateuse détestée par les maisons de disque et la potiche qui achète tout ce qu’elle voit sur le dos de laquelle ils peuvent capitaliser. Parce que ce que je n’ai pas encore précisé, c’est que j’ai acheté trois voire quatre fois plus de disques ces deux dernières années que durant les 19 premières de mon existence. Et ne parlons pas de l’argent dépensé en concerts, en badges (que je ne porte jamais, soit dit en passant) ou en posters (que je n’accroche jamais, soit dit en passant).

Et, comme je ne suis pas une fille fondamentalement extraordinaire, je ne pense pas être la seule. Je suis donc convaincue qu’il y a là un filon à exploiter pour l’industrie musicale.

En fait, selon moi, la vraie menace pour les majors se situe plutôt au niveau des (plus) jeunes, qui sont nés avec le piratage et sont totalement déculpabilisés. D’ailleurs, ils ne se souviennent même plus à quoi sert un CD, ce truc nul, gros, qui traîne partout, et qui prend du temps, puisqu’il faut importer voire convertir tous ses titres avant de les mettre sur son Ipod. Si je l’identifie comme principale menace, c’est parce que le jeune pose un double problème en termes de ventes : un manque à gagner aujourd’hui (il n’achète pas et les chiffres coulent), et un manque à gagner demain (il a été formé à télécharger et recouvrira progressivement les tranches d’âge qui achètent encore en vieillissant).
Mais, paradoxalement, ces mêmes jeunes sont une formidable cible commerciale, très forts sur les « achats d’impulsion » (un concept que l’on pourrait résumer par : « T’as vu ça ? Ca déchire ce truc ! Attends je le prends, c’est que 30 euros.»). En plus, on le voit avec les vêtements et la technologie, le jeune a de l’argent (de poche) et n’hésite pas à le dépenser.
En fait, le seul problème vis-à-vis de la musique, c’est que le jeune a beau être facilement influençable, il n’est pas totalement stupide et se refuse à payer ce qu’il peut obtenir gratuitement en ligne.

Il existe néanmoins peut être un moyen de détourner la question : l’identification sociale. Le jeune aime se situer dans un groupe et suivre la mode. Et, si j’ai blablaté pendant aussi longtemps, c’était uniquement pour en venir là : il faut faire du disque un objet de mode. Si posséder quatre étagères remplies de CDs devient le summum du cool, je suis prête à parier qu’il y aura plus de monde au Virgin.
Comment redorer l’image du disque ? De la com, de la com, et encore de la com. Et pas n’importe quoi, mais une com insidieuse et perfide, qui aille toucher les jeunes dans leur cœur : télévision (et pourquoi pas par le biais des séries), Internet, magazines, balancer du « le disque, c’est cool » partout jusque dans l’air ambiant. Et, surtout, en se basant sur des icônes, célèbres ou pas, mais glamours et enchanteresses, qui fassent rêver le jeune et l’incite à s’identifier.
Mon modèle, c’est le vinyle, qui a retrouvé ses lettres de noblesse grâce à l’incroyable influence de celles que j’appelle les « branchistas », c’est-à-dire les fashionistas de la branchitude. Elles oscillent entre le Régine et le Chacha, portent de la fourrure, du vintage, des bandeaux ; elles sont mannequins, actrices, rédactrices de magazines de mode ; elles se fournissent régulièrement chez Colette et APC. Ces filles, donc, on réussit à donner une seconde jeunesse à des reliques telles que les platines 33 tours, les polaroïds, ou encore les franges. Un phénomène qui pourrait sûrement se transposer aux jeunes et CDs. Je ne suis pas une déesse du marketing, mais il y a des professionnels payés très chers pour réussir ce genre de choses.

Pour devenir un objet mode, le disque devrait aussi faire valoir ses atouts : le CD ne se résume pas à la musique qui est gravée dessus, il y a aussi tout ce qui va avec. Le livret, le boitier, le format, les bonus, peuvent être travaillés pour transformer le disque en objet original et collector, que l’on a envie d’avoir. Ca se fait déjà un peu, avec les livrets photo (je me suis lancée le défi de ne pas citer Stuck in the Sound alors mon exemple sera Julien Clerc), du merchandising (des petits autocollants inclus), un graphisme soigné et une variation de la forme du support (j’ai vu des compilations au boitier en forme arrondie). Un peu comme pour les coffrets. Le « concept » est très à la mode : les « concepts » stores fleurissent partout, on mange de la « concept » food, et bien faisons aussi du concept CD. Evidemment, là où ça pêche, c’est que ça coûte plus cher à produire et à distribuer. Donc éventuellement plus cher à acheter. Mais, en même temps, si l’on est très fort sur la com, on peut emmener nos petits jeunes au bout du monde, comme nous le montrent certaines marques (onéreuses), qui s’en sortent très bien auprès de ce public. En plus, en temps de crise, le luxe est un marché refuge qui supporte plutôt mieux la morosité économique. C’est tout bénef, comme on dit. Certes, on a perverti l’âme de la jeunesse à des fins commerciales, mais ce n’est pas non plus une grande première.

Reste un dernier problème, qui nous cassera les pieds jusqu’au bout : la tendance à la dématérialisation de la musique. Une tendance lourde, vraiment lourde, mais très très très lourde, puisqu’on la retrouve même chez les professionnels, là où le son numérique remplace la guitare distillant ses douces notes analogiques.
C’est d’ailleurs en partie cette dématérialisation qui donne une illusion de gratuité : on n’a pas l’impression de voler quelque chose que l’on ne peut même pas toucher. Il y a aussi un très bel idéal derrière tout cela : celui de prendre un contenu, de le partager à l’infini, c’est socialement poétique, « - tiens, toi qui aimes bien ça, tu devrais écouter ça aussi, ça te plaira sûrement ; – oh merci, soyons amis».
Mais le mp3 est quand même beaucoup plus impersonnel et moins glamour que le disque. Surtout à offrir. Parce que ça pouvait encore passer quand on offrait un lecteur remplis de titres, mais maintenant que tout le monde a un lecteur, il ne nous reste plus que les titres à donner. La musique n’est plus un cadeau. Je ne vais pas acheter une dizaine de mp3 à mon frère pour son anniversaire. A quoi ça servirait ? Il les aurait probablement déjà téléchargées et ça ferait très cheap. Alors, là, le CD a encore de l’importance.
Et puis, quoi qu’on me dise, une discothèque Itunes de 10 000 titres ne sera jamais aussi belle qu’une montagne d’albums. Ni aussi décorative.

Tout se résume donc à ceci : CD collector vs dématérialisation de la musique.
Et, si la musique se dématérialise totalement, Hadopi, ça sera juste bon pour la poubelle. Parce qu’on ne pourra jamais convaincre toute une génération qu’il vaut mieux acheter sur un portail de téléchargement payant ce qu’il peut acquérir pour la modique somme de 0 euros sur du P2P.

Pascal, si tu veux m’embaucher, j’arrête infocom et je renonce à Londres pour relancer ta petite entreprise.


Julien est hype, Julien fait des éditions limitées avec livret photo.


Le coffret, c'est bien pensé.

mercredi 4 mars 2009

Grèves illimitées

Guadeloupe, 43e jour.

Pancarte déployée lors de la manifestation des universitaires du 19 Février.


Personnel de nettoyage ferroviaire de l'entreprise Challancin, 15e jour.

Gare de Magenta (photo trouvée ici)


Paris 8, 23e jour


mardi 24 février 2009

Et le romantisme, bordel!

En cette semaine post Saint-Valentin, les amoureux ont été malmenés un peu partout sur notre belle planète :

Vu dans les JT, tout d’abord, une interdiction de s’embrasser en Angleterre. Ou comment pour des raisons pratiques une petite gare nordique a décidé d’écourter les adieux sur l’aire de dépôt. Je me tais pour laisser place au romantisme de ce chauffeur de taxi interrogé par TF1 : « les amoureux sont une plaie, faut les faire dégager de la zone de dépose de passagers, moi je leur fais croire qu’ils risquent une amende de 40€ ». Imparable.


Vu sur Google, quand je me suis aventurée à y taper le mot clé "fidélité" * : pas de statistiques sur ce phénomène de société ni même de pamphlet religieux dans les résultats, mais d'innombrables études sur les cartes de fidélité. Ou comment la société de consommation est en train de bouffer l'idéalisme amoureux.
* Pour info, je recherchais des chiffres que je venais d’entendre sur i télé, que j’ai finis par noter (l’avantage des chaînes d’info en continu, c’est qu’on peut revoir quatre fois le même journal). Histoire de les caser quelque part et de vous permettre de briller dans les réunions de famille, en parlant du divorce de tante Jacqueline et oncle Paul : 4% des français seraient infidèles, contre 7% des anglais et 11% chez les norvégiens (c’est parce qu’il fait tout le temps noir qu’ils ont moins peur de se faire prendre ?). Et oui, je n’ai que quatre lecteurs, mais je les chouchoute.

Enfin, entendue sur Oui FM, la très subtile chanson Pony de Far. Ou comment mes oreilles ont reçu une violente décharge de testostérone :
« If you're horny
Lets do it
Ride it - my pony
My saddle's waiting
Come and jump on it »
Poétique.
Après avoir essayé d’identifier les horribles rockeurs responsables de ce titre (des américains de Sacramento), j’ai découvert que cette chanson n’est en fait qu’une reprise d’un morceau de rap de 1996. Et le véritable criminel s’appelle Ginuwine (un rappeur que j’aimais d’ailleurs beaucoup dans ma période Skyrock, en petite innocente que j’étais).
Au risque de devenir le blog « vidéos 90s », je ne résiste pas à la tentation de vous mettre le clip de l'originale. Tout simplement parce qu’il est bizarrement soft, limite inutile. Tu écoutes du gros rap pervers américain, tu t’attends à un gros clip pervers américain. Ben non. La quinzaine de filles en maillot de bain en train de chevaucher des chevaux mécaniques tout en se tripotant est ici remplacée par un vieux cowboy barbu. Mais que fait la ligue parentale américaine ?


Ginuwine - Pony

lundi 23 février 2009

Careereoki ou la news désespérante du lundi

La semaine dernière, Marie Colmant présentait sur le plateau de Denisot le "Careereoki" un concours un peu particulier organisé en Floride.

Le concept? Se filmer en train de chanter son CV, son profil et la description de son job rêvé. Car oui, "Careereoki" est en fait une contraction entre "career" et "kareoki".

Alors que l'état floridien est en grand déficit budgétaire et connaît son plus fort taux de chômage depuis 16 ans, l'opération peut ressembler à un grand cri à l'aide. Mais il s'agirait en fait d'"une manière de toucher les demandeurs d'emploi et de leur permettre de souffler un peu", selon la vice-présidente de l'équivalent de l'ANPE locale. Le concours a été monté en partenariat avec une radio, une école technique et une agence de pub - autrement dit, de vrais enfants de coeur.

L'heureux (et courageux) gagnant remportera un premier prix d'une valeur de 8 000 dollars comprenant stage, refonte de CV, conseils personnalisés, relooking et bon d'achat pour de l'essence. A vrai dire, il les a déjà gagnés, puisque les résultats étaient aujourd'hui, mais je n'ai pas réussi à trouver sa trace. Parce que oui, bizarrement, malgré le côté sordide et dégradant de toute cette histoire, malgré la tritesse qu'elle inspire, l'information reste reléguée au rang de fait divers. Je n'ai même pas réussi à trouver un seul article français là dessus.

Pourtant, les médias et les politiques, ils aiment ça les histoires tristes pleines de misère humaine, en général.

Et quelques vidéos...

Reprise de Grease :


Double présentation :


Minute rap :


Merci CNN.

vendredi 20 février 2009

Un joli 19 Février 2009 sous le soleil, de la grève à Paris 8 et une manif

J'en ai déjà parlé (ici), Paris 8 est en grève depuis le début du semestre.
Hier, après deux petites heures de sommeil seulement, je m'arme de courage pour aller à la fac. Badaboum : le prof ne viendra pas.
Plutôt que de sauter du haut du bâtiment A, j'ai décidé d'employer ma journée à une noble cause : mitrailler la mobilisation.

Voici donc toute une série photographique totalement illégale puisque je ne dispose évidemment d'aucune autorisation pour shooter ce beau campus :

Une belle photo en biais, en mode "j'essaye de fighter le contre jour".

A Paris 8, on aime les tracts. On en récupère même presque tous les matins. Et pas de panique, si tu rates la distribution, tu peux toujours lire les murs et piliers.

Ateliers "bricolage de pancartes", "installation de barrage filtrant"
et "distribution de tracts". Qui a dit qu'on apprenait plus rien à l'université?


Bon on va pas passer la journée à la fac non plus...
Direction Place d'Italie pour la manifestation.
Où je me lance dans une longue partie de cache cache avec le cortège Paris 8.


9-3 represente. Paris 8 devrait pas être loin.


Ah, les voilà... Comme on est une fac très créative, on a même une voiture anti-LRU. Les autres cortèges peuvent aller ranger leurs banderoles.



Je fais quand même un petit tour de la concurrence, histoire de.


Constat n°1 : dans les autres cortèges, mon appareil répand la joie.





Constat n°2 : dans les autres cortèges, on s'arrête pour prendre la pose devant moi (ça doit être à cause du pare soleil, c'est le détail qui change tout et donne la petite AFP touch).



Constat n°3 : l'alpinisme est un sport très répandu chez les manifestants. On savait déjà qu'ils avaient l'habitude de grimper en haut des arrêts de bus, maintenant c'est toujours plus haut.



Constat n°4 : la Sorbonne avait peur qu'on ne la remarque pas alors elle a décidé de concourir au prix de la plus longue banderole. Elle aurait toujours pu être réutilisée en tant que couverture pour les occupants qui avaient envahi ses locaux
s'ils ne s'étaient pas fait déloger par la police.



Constat n°5 : je ne sais pas pourquoi mais j'aime cette photo.



Constat final : les étudiants en art sont les champions du monde du cortège le plus réussi. De la couleur, du déguisement,
de la magie, le tout pour une petite ambiance "nouvel an chinois
anti Pécresse". Déluge photographique...




samedi 14 février 2009

PETA : encore un rebondissement dans l'affaire des poitrines à l'air.

Promis, juré, craché (virtuellement), c'est mon dernier post sur les seins (après ça et ça), sinon on va croire que j'ai développé une obsession tordue. Il faut dire que ce mois-ci ils sont vraiment partout. Même là où l'on s'y attend le moins, c'est à dire dans le gentillet quotidien gratuit Metro.


On y découvrait hier un fait divers un peu décalé, sobrement intitulé "des militantes déplumées", où l'on apprenait que quelques manifestantes anglaises "seins nus" avaient paradé sur Oxford Street pour protester contre la production du foie gras. Un coup signé PETA, l'association de défense des animaux qui avait déjà fait poser quelques stars nues - dont la cultissime Eve Angeli (certes, l'appelation de star est ici contestable).

En tant que jeune étudiante française en communication, je me dois de réagir sur plusieurs points :

1/ Les photographes anglais n'ont manifestement aucun sens de la prise de vue : on voit bien que la fille la plus à gauche est la mieux roulée, mais ils nous balancent quand même les deux moins jolies au premier plan.

2/ Quel rapport entre une poitrine nue et du foie gras? Je sens que la réponse se cache dans leurs pancartes "ayez du coeur, laissez tomber le foie gras", mais rien à faire, je ne fais pas le lien.

3/ Ces charmantes anglaises veulent bânir le foie gras de toute les enseignes de la ville. BANIR LE FOIE GRAS? Elles pourraient avoir un peu de respect pour cette spécialité de nos provinces au goût si exquis, au parfum si doux, à la texture si fondante sur un petit toast grillé, qui se marie si bien avec un peu de confiture... Ca laisse rêveur (ou rêveuse, au choix).

A noter que ni Metro ni l'AFP ne précisent l'état de santé actuel desdites militantes, qui se sont tout de même promenées quasiment à poil par 1°.

mercredi 1 octobre 2008

High School Physical

Lundi soir, la petite troupe d’High School Musical avait retournée le plateau de Michel Denisot. Des jeunes filles hystériques, des pleurs, une avalanche de cris…
Un fanatisme digne de Tokyo Hotel.

Interpelée par le phénomène, j’ai voulu vérifier si nos jeunes de 14 ans étaient bels et biens possédés. J’ai donc décidé, hier, de me rendre à leur séance de dédicace, au Virgin des Champs-Elysées. Où la folie a même surpassée mes espérances.




J’arrive à 17h40, pour 18h. Etant donné que je n’ai jamais assistée à aucune séance de dédicace – moi, mes dédicaces, je les obtiens en harcelant les chanteurs à la Flèche d’Or -, je ne sais pas trop à quoi m’attendre. Mais j’imagine tout de même une file d’attente, un peu comme lorsque l’on va au cinéma. Mais non. C’est un attroupement que je trouve devant le magasin. Une seule barrière face à l’entrée, des côtés non sécurisés … L’anarchie.
Je m’enfonce dans la foule amassée à droite de la porte.




Vers 18h, ça commence à se bousculer. J’observe la population qui m’entoure. Du jogging, des casquettes, des vestes en cuir, des slims, des sacs à dos, des tout petits, des mères de famille… Il y a vraiment de tout. A ma droite, des 14-16 ans au style très « 9-3 » parlent de l’avant première, pour laquelle ils ont des tickets. Devant moi, une fille, qui semble pourtant avoir 17-18 ans, demande à son père de ne pas s’accrocher aussi fort à l’anse de son sac, car elle risque de s’arracher. A ma gauche, un groupe de lycéens se reproche de ne pas avoir séché les cours pour venir plus tôt, et compare cette expérience au dernier concert de Coldplay (surréaliste, je sais).


18h15. Ca pousse de partout, mais c’est encore vivable. Certains semblent néanmoins outrés : « Ils sont fous de pousser comme ça ! ». Je me demande si mes années de fosse de concerts étaient réellement destinées à me préparer à la séance de dédicace d’High School Musical. Il pleut de plus en plus fort, mais, comme un fan est par définition fanatique, tout le monde s’en fiche. Hormis quelques filles, qui s’y imaginent déjà « toutes dégoulinantes alors qu’eux ils seront supers ».
Une ado accompagnée de deux petites de moins de 10 ans me passe devant. Je concentre alors désormais toute mon énergie à repousser la foule pour éviter que la plus jeune des deux ne meure étouffée. Ce doit être mon instinct maternel précoce.
Comme je filme régulièrement la porte afin de montrer les vigiles et la folie ambiante, je crée des moments d’hystérie chez mes voisines, qui pensent que leur cher Zac Efron est sorti (ce nom a été scandé tellement de fois en 20 minutes qu’il est sans doute gravé dans mon esprit à jamais).


18h20. Après un mouvement de foule qui a abouti quasiment contre la porte d’entrée, la sécurité décide de reprendre le pouvoir et de faire reculer tout le monde. Un vigile s’énerve contre des parents en extirpant de la foule les plus petits : « Il va finir par y avoir un mort. Tout ça pour une dédicace, vous êtes complètement débiles !». Pour le coup, je suis entièrement d’accord. D’ailleurs, on voit des enfants en pleurs remonter depuis l’avant du troupeau (ceci dit, ils pleurnichent peut être parce qu’ils n’ont pas vu Troy, le beau basketteur-chanteur).


18h30. On nous dit de partir car personne n’entrera. Séance annulée ? Une mère de famille dénonce à sa fille un véritable complot « A tous les coups, c’est un truc privé pour les gens de la presse. C’est un cercle fermé, tu sais… Ils s’en fichent des fans. ». Je suis persuadée que Claire Chazal rêvait de son autographe depuis au moins 3 semaines. Un ado au sourire narquois rétorque à un type de la sécurité que les acteurs seront bien obligés de sortir pour rejoindre l’avant-première.
J’ai envie de gifler les gens qui m’entourent en leur expliquant deux choses :
1) Il pleut. Les petits hollywoodiens ne vont quand même pas rester 15 minutes à faire des saluts à leurs fans, au risque d’abîmer leurs brushings.
2) Il y a un ameutement devant la porte d’entrée. Ils ne vont de toute évidence pas sortir par là, ce serait bien trop risqué, d’autant qu’aucun couloir de sécurité n’a été prévu. Et, OUI, il y a une autre porte de sortie. C’est un magasin, un grand qui plus est.


18h45. Les employés de Virgin ont trouvé un nouveau jeu. Ils se mettent aux fenêtres, agitent leurs mains, prennent des photos. J’ai même vu une fille agiter des pompons de cheerleader. Evidemment, la foule est hystérique, les prenant pour les héros du film.
Mes oreilles sont attirées par la voix de la mère conspirationniste de tout à l’heure. Elle explique à sa fille que les acteurs sont censés sortir par derrière à 19h30. Je décide de rester encore un petit quart d’heure car les vigiles poussent la foule sur les bords et je me demande s’ils ne sont pas en train de créer un corridor.

19h. Ca ne désemplit pas, les messieurs sécurité sont au bord du suicide.


19h03. J’en ai marre. Il ne se passe rien, il fait froid. Même les cris d’hystérie ne me remontent plus le moral. Je décide donc de tenter ma chance du côté de la « backdoor ». Je me demande si beaucoup ont eu l’information. Alors que j’avance, je croise d’autres jeunes qui la cherchent aussi, sauf qu’eux ont l’adresse. Je retiens le numéro « 109 ». Ils discutent de la séance de dédicace. Ils y étaient ! Etant donné que je n’ai vu personne entrer, je suppose qu’ils étaient arrivés bien avant moi. Alors que l’on marche dans la rue parallèle aux Champs, des cris retentissent. Ils se mettent à courir. J’essaye de suivre en marche rapide (quand même, j’ai un minimum de dignité… je ne vais pas courir pour High School Musical).

S’ensuit la magnifique vidéo ci-dessous, qui ne montre absolument rien - il est sans doute utile de préciser que je filmais avec mon appareil photo, donc avec une qualité d’image déplorable -, mais qui m’apparaît digne d’un film catastrophe à la « Le jour d’après ». Admirez à quel point mes ballerines passent bien à l’écran.


19h05. « Ahhhhhhhhhhh ». « Ohhhhhhhhhhhh ». « Ahhhhhhhhh ». J’assiste à la sortie des acteurs. Enfin, je crois. Je n’ai pas vu grand-chose.
Les gens sont fous. Certains se mettent à courir après la voiture dans laquelle l’équipe s’est engouffrée. Je cours après ces gens qui courent pour les filmer. Au final, je me demande si je ne suis pas la plus cinglée de l’histoire.


19h09. La rue se vide, la circulation des voitures reprend… C’est fini. Ouf.

Je remonte les Champs, j'allume mon ipod... Les Clash. Tout de suite, je me sens moins teenager hystérique.