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mardi 7 juillet 2009

Le décès de Michael Jackson à la télé : chronique d’une mort annoncée.


Edition spéciale CNN (kiranparmar)

Non, ne vous inquiétez pas, je n’ai pas deux semaines de retard sur le monde entier. J’ai juste pris le temps de la réflexion. C’est que l’emballement médiatique autour de l’événement était tout bonnement stupéfiant, et qu’il y avait beaucoup à dire. Et puis, avec la cérémonie hommage d'aujourd’hui, le mort de Michael Jackson est plus que jamais d'actualité.

On a beaucoup parlé de Twitter et de sa surcharge ce soir là. Moi-même, en apprenant la nouvelle, je me suis jetée sur mon ordinateur, et il m’aura fallu pas loin de 30minutes pour accéder à ma page d’accueil sur le site de micro-blogging. Mais si l’information de la mort probable du roi de la pop a été annoncée tout d’abord sur la toile par le site TMZ, c’est surtout à la télévision que l’on a vécu l’événement. Et l’occasion était trop belle pour souligner un phénomène qui me passionne et sur lequel j’ai tendance à m’enflammer sans fin : les dérives des chaînes d’information en continu, prêtes à aller très loin pour embarquer leur audimat dans la course au sensationnel.

Il est en effet un trait que la télévision partage avec la radio et Internet : l’immédiateté. Parce que le contenu peut être rapidement modifié et diffusé, ils permettent d’actualiser une information en temps réel. On peut suivre une étape du tour de France sur Sport FM, lire le live-blogging d’une conférence d’Apple sur Techcrunch, assister à la libération d’Ingrid Betancourt sur LCI. Le lendemain matin, on lit un résumé des faits, une analyse, ou encore une critique de l’événement dans son journal, qui lui a des délais d’actualisation plus contraignants. Cette différence entre la presse écrite et les autres médias est fondamentale, et, pour ces médias de l’immédiat (oui, le jeu de mot était facile), ce qui apparaît comme une force pose aussi un impératif : le renouvellement permanent du contenu. Un caractère qui ne manque pas d’entraîner son lot de déboires : des informations pas toujours vérifiées, des rumeurs prises pour argent comptant (pensons aux fameuses boîtes noires de l’AF 447 retrouvées, puis en fait non), des débats sur des faits divers avant même que l’enquête ne tire ses premières conclusions (la disparition du petit Théo et de sa grand-mère, ce petit garçon qui avait poignardé sa grande sœur – quid de la violence précoce). Retour donc sur une soirée/nuit télévisuelle, où les chaînes d’information se sont déchaînées, et où le net a magnifié le mouvement.

Autant vous le dire d’entrée : j’ai raté le premier bandeau « urgent », j’ai raté la première annonce, j’ai raté la première image. Je regardais tranquillement la dernière série de deuxième partie de soirée de M6, la Loi de Canterbury, jusqu’à ce que je reçoive SMS d'alerte. Je monte donc sur le train « Michael Jackson est mort » aux alentours de minuit, sautant directement sur le wagon BFM TV (puisque que c’est ma chaîne de prédilection). Et, tout de suite, le caractère hypothétique de la nouvelle me rassure un peu. Comme beaucoup, je reste accrochée : j’attends le verdict. L’officialisation. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que le chemin est semé de doute, entre l’affirmation de TMZ, la confirmation du Los Angeles Times, le démenti de CNN, qui préfère la thèse du coma, et le flou des autres, qui hésitent entre les différentes versions.
Finalement, c’est BFM qui tranchera en premier, considérant le nombre de sources penchant vers la mort suffisant, tandis qu’i>télé commente cette foule d’anonymes qui se massent devant l’hôpital. L’euphorie médiatique débute seulement aux Etats-Unis, mais, une fois la confirmation passée, l’heure tardive prend le pas sur l’actualité : BFM TV abandonne à 2h du matin, à l’instar de LCI, qui n’avait nullement succombé aux sirènes de l’édition spéciale, et lâché l’affaire dès minuit. I>télé, quant à elle, décide de sacrifier sa nuit à l’événement, vibrant au rythme des images outre-Atlantique qui affluent.

Au moment de la sortie d’un brancard recouvert d’un drap blanc vers un hélicoptère médical dépêché sur le toit de l’hôpital, tout s’emballe : serait-ce le corps de Michael Jackson ? Où va-t-il ? Les journalistes en plateau improvisent des interprétations en temps réel du live de CNN, avec des idées parfois tordues (alors que l’engin décolle, on le soupçonne de transporter la dépouille de Michael Jackson jusque chez lui... car il est bien connu qu’une fois la mort prononcée, on ramène toujours un cadavre dans son lit, afin qu’il puisse s’y décomposer en toute tranquillité). Personne n’est sûr que cet hélicoptère ait un quelconque rapport avec l’affaire, mais « c’est ce que les chaînes américaines semblent penser, puisqu’elles le filment », nous explique t-on. En voilà de l’information factuelle en béton armé.

C’est là que se divisent nettement deux conceptions du journalisme : d’un côté, faire vivre une actualité brûlante, dans le feu de l’action, à des millions de téléspectateurs, et de l’autre, transmettre, commenter, analyser des faits avérés et surtout vérifiés. Les chaînes d’information en continu, ce soir-là, avaient en tout cas fait leur choix. Ca ne me dérange pas, tant que l'on joue pas aux devinettes : j'ai toujours trouvé fascinante cette capacité de la télévision à rassembler les populations autour d’un même sujet, au même instant, avec cette même envie de vivre l’action en direct, d’assister à ce tournant historique.
Je l’ai déjà dit, mais on a beaucoup parlé de Twitter et de sa multitude de tweets à la seconde. Ce que l’on a dit, c’est aussi que la plupart de ces messages n’étaient pas vraiment de l’ordre de l’information mais plutôt des réactions à ce que les spectateurs voyaient à la télévision.
Avec Twitter (et Facebook), on passe donc à une nouvelle ère sociologique : non seulement nous vivons tous en même temps un même évènement via la télévision, mais nous pouvons de plus tous réagir en même temps à ce même évènement via Internet. Dans une lignée moins tragique, on peut aussi citer les phénomènes Nouvelle Star ou Secret Story sur le site : comme les autres, je regarde un programme populaire et, avec les autres, j’y réagis en temps réel sur un site communautaire.

Et il faut dire que côté réaction, cette nuit-là, Twitter a cartonné. Marjorie Paillon, la madame Internet de l’édition du soir de BFM TV, frôle le surmenage : les tweets de célébrités sont légion. Ashton Kutcher défend l'anonymat des enfants, P Diddy élève le défunt au rang de magicien, Mariah Carey est effondrée... Si quelques mots valent mieux qu’un long discours, les stars semblent résignées : 140 caractères vont plus vite qu’un communiqué officiel. En plus, ça tient dans un bandeau de bas d’écran CNN.

A côté de ces annonces, l’info-devinette continue. C’est qu’il ne faudrait pas laisser passer le dernier scoop. Dans les heures qui suivent, TMZ, qui rappelons-le reste un site people, et qui habille donc régulièrement sa une des photographies de la dernière soirée d’une Britney Spears éméchée et dépourvue de sous-vêtements, devient la bible des journalistes du monde entier. On nous en tire les derniers détails de la mort de Michael Jackson comme s'ils tombaient d'une dépêche AFP. Des rumeurs, mais sait-on jamais. Après tout, ils ont bien eu raison une fois, alors que l’illustre CNN se plantait en beauté.

On nous assène donc des images amateur, on traque la voiture de la famille Jackson dans tout Los Angeles, on s’obsède sur cet hélicoptère, on bricole à la hâte des sujets d’hommage à la star, et l’on diffuse cette image choc, « peut-être les derniers instants de vie du roi de la pop ». Peut-être. Et c’est là que l’on touche au point le plus dérangeant, à mon sens : et si tout cela avait été faux ? Et si CNN avait eu raison ? S’il s’était réveillé ? Dès 23h30, pour les médias, l’affaire était pliée. Le conditionnel était partout, mais comment faire machine arrière après avoir annoncé la mort de l’une des plus grandes icônes au monde ? Dès 0h15, alors que le conditionnel était toujours de mise, la fiche Wikipédia du chanteur était déjà modifiée, date et lieu de sa mort précisés. Si tout cela avait été faux, on aurait assisté au plus beau FAIL de tous les temps. Sans être vraiment surpris, à une époque où tout va si vite que la télévision d’information ne prend même plus le temps de démêler le vrai du faux. Où une charmante journaliste bolivienne nous présente des captures d’écran d’un épisode de Lost comme les dernières images avant destruction d’un avion qui a ému le monde entier. Dans la course effrénée au scoop, il y a souvent des dommages collatéraux. Je me souviens d’une journaliste BFM TV attaquant une serrure au canif pour prouver le manque de sécurité d’un portail menant à des rails. C’était début mars, et l’actualité était alors secouée par une collision meurtrière entre un RER B et un groupe de supporter nordique, qui traversait les voies après s’être perdu. Ce 25 juin 2009, pas de coup de canif, mais une débauche d’hélicoptères survolant la cité des anges, pourchassant une famille en deuil, s’avançant dans les annonces. Mais, bizarrement, pas d’erreur. Michael Jackson est bien mort, le corps de l’hélico est bien le sien, la photo de cet homme inconscient est bien sa dernière image. Coup de chance ou coup de maître ? Reste que cette frénésie ne sera pas sans victime : à 4h du matin, Thierry Dugeon , journaliste à i>télé, laisse son siège à un collègue. Après près de six heures d’antenne en direct, il est quasiment aphone.

mardi 30 juin 2009

Je ne me lasse pas de ces vidéos sur Twitter.

Et à quoi servirait un blog, si ce n'est à faire partager ses passions débridées à de malheureux lecteurs, tombés là par hasard, sans aucune idée de ce qui les attend?

Aujourd'hui, Emma May, youtubeuse ralliée à la cause twitterienne, tente de se recruter de nouveaux "followers" avec une vidéo hypnotique.


Comme les moines qui font du fromage, je n'ai qu'une chose à dire : "Pardon, mais c'est trop bon".

mardi 23 juin 2009

Les célébrités de Twitter stimulent la créativité de leurs pauvres mortels de "followers".

Depuis Oprah et Ashton, tout le monde rapplique illico presto sur Twitter. Et ça amuse bien les humoristes, tout comme ça plaît aux webmasters opportunistes.

Ainsi, Conan O'Brien, l'humoriste américain à succès de la chaîne NBC, introduisait début juin sa rubrique "twitter tracker". Où il souligne le vif intérêt des tweets de nos amis les stars.


Encore une fois tout est relatif, puisque personnellement, j'ai découvert hier qu'Alyssa Milano aimait les sundays de McDo, et ça, ça m'a scotchée.

Alors évidemment, suivre une star, c'est la côtoyer au quotidien, connaître ses petits tracas, ses questions existentielles, l'heure de son réveil. Mais c'est aussi et surtout noyer sa page d'accueil sous un flot de tweets qui vous empêchent de remarquer le reste du monde.

Et puis, malgré la croissance hallucinante du site (on parle de 700% par an!), tout le monde n'est pas encore sur Twitter. Il fallait donc un webmaster malin et un tantinet capitaliste pour compiler cette masse d'information capitale en un portail. Celebrity Tweet est donc le premier site fier de permettre à ses utilisateurs de "traquer les célébrités".

Et en plus, on peut retweeter tout ça.

Toujours pas convaincu? Tant pis pour vous. Comme le dit le proverbe : "rien ne sert de courir, il faut Twitter et point" :


Quant à moi, je découvre petit à petit que trop de tweets tue le tweet : à suivre blogueurs, stars, et amis, au final, je ne suis plus rien. Du coup, tout ce que j'ai retenu de ce début de semaine, c'est l'incendie au CFJ. Une information qui change à peu près autant ma vie que de savoir qu'Alyssa Milano aime la glace.

jeudi 28 mai 2009

Oui, mais non : FriendFeed, l'agrégateur de réseaux sociaux.

J'ai une page Myspace, une page Facebook, une page Twitter, une page Youtube, un blog, un compte Dailymotion. Donc, quand j'ai entendu parler d'un agrégateur de réseaux sociaux, je n'ai pu m'empêcher de crier "youpitralala, c'est la fin de la galère". Mais non.

FriendFeed est "un service fun, rapide, et conversationnel". Comme cette charmante description offerte par le site lui-même n'est pas très explicite, j'expliquerai plutôt le concept ainsi : FriendFeed permet d'intégrer 57 services en un, diffusant sur votre profil les mises à jour de Facebook, Twitter, Digg, Delicious, Blogger, etc. Un outil plein de promesses donc, à l'heure où les réseaux sociaux se multiplient plus vite que des lapins sous complément d'hormones.

Concrètement, ça donne ça :


Soyons clairs, il y a très certainement 3 milliards d'options que je n'ai jamais utilisées et qui font que ce site est merveilleux (comme les hashtags de Twitter que j'ai découvert il y a seulement un mois). Mais il manque à mon sens l'option qui en ferait le meilleur site de l'histoire de l'humanité 2.0 (et je pèse mes mots) : la possibilité d'ajouter du contenu visible sur les réseaux partenaires directement par le site. Avec FriendFeed, je peux en effet diffuser mon statut Facebook, mais pas le changer. Du coup, si mon activité sur 57 services est bien recensée sur un seul profil, je dois tout de même me taper la tournée des 57 sites différents pour faire une mise à jour. Sans parler du fait que je n'ai pas nécessairement envie que mes tweets côtoient mes tribulations facebookiennes. Tu parles d'un truc qui me simplifie la vie.

FriendFeed passe donc à côté du titre de "meilleur site de l'histoire de l'humanité 2.0". Mais leur boutique a le droit à une mention spéciale. Ils ont quand même du design à en faire pâlir le chihuahua de Paris Hilton.

vendredi 22 mai 2009

Vous tweeterez cela, en mémoire de moi.

Mars 2009, en plein marasme post-Williamson (l'évèque négationniste dont la levée d'excommunication, petite bourde papale, avait engendré un tollé international), Benoît XVI découvre Internet : « Il m’a été dit que suivre avec attention les informations auxquelles on peut accéder par internet aurait permis d’avoir rapidement connaissance du problème. J’en tire la leçon qu’à l’avenir au Saint-Siège nous devrons prêter davantage attention à cette source d’informations » (extrait de sa fameuse lettre aux évêques). Un enseignement qu'il s'est décidé à mettre en pratique, sans doute sous les conseils sages et avisés de notre ami et ancienne star de la semaine Federico Lombardi, tête communicante du Saint-Siège (oui, c'était du temps où il y avait encore des stars de la semaine sur ce blog). Ce dimanche, il y aura donc la messe, mais il y aura aussi l'introduction d'un nouveau portail catholique en ligne (les portes du paradis 2.0?).


Avec Pope2You, le Vatican épouse en effet l'esprit 2.0 jusque dans son titre. Un tête à tête avec le pape, quoi de plus "social web"? D'ailleurs, lancé dans le cadre de journée mondiale des communications sociales, le portail investit tous les fleurons du 2.0 : Facebook (avec une application popetoyou), Youtube (avec une chaîne lancée il y a 4 mois), wikis (avec Wikicath), Iphone et Ipod touch (avec l'application H20 news). A noter que le Saint-Siège, résolument à la page, possédait déjà un compte Twitter, et qu'en nouvel expert des réseaux sociaux, il s'en sert désormais comme d'un outil de promotion.


« Nouvelles technologies, nouvelles relations. Promouvoir une culture de respect, de dialogue, d'amitié », tel est le message au coeur de ce lancement. Promouvoir le message d'une Église qui peine à rassembler auprès des jeunes, aussi : « Il est inspiré par une intuition stratégique fondamentale : s'adresser à la "génération digitale" », avouait le père Lombardi début mai au détour d'un discours. Un objectif confirmé par la suite par l'archevêque Claudio Celli, au cours de la conférence de presse officialisant le lancement : « Nous avons pensé qu'il était judicieux de présenter le message à la nouvelle génération au travers de technologies qu'ils savent utiliser ». Pas sûr cependant que les adolescents se jettent soudainement sur l'application papale facebookienne, affichant fièrement sur leurs "walls" images pieuses et passages de la Bible. Une bonne initiative tout de même, car il était temps que la communication catholique prenne le tournant Internet.

Face à cette entrée tonitruante du discours religieux sur la toile 2.0, que les catholiques les plus conservateurs se rassurent néanmoins : sur Facebook comme ailleurs, les voix du Seigneur semblent rester impénétrables.

mercredi 6 mai 2009

Clips de grippe : prévention à la française contre prévention à l'anglaise.


La semaine dernière, face à la menace épidémiologique de la grippe porcine A, les services de santé anglais lançaient une campagne de communication nationale. Hier, c'était au tour de la France. Dans les deux pays, des clips sont mis en place, des annonces diffusées à la radio, des affiches imprimées dans la presse. Deux campagnes qui présentent certains points communs, mais, surtout, une différence très marquée dans l'approche de la prévention.

Commençons par les spots télévisés.

En Angleterre comme chez nous, les spots diffusés ne sont en fait qu'une adaptation des campagnes en cours contre la grippe saisonnière. Ainsi, une mention à la grippe porcine est ajoutée à la fin, mais le message reste le même qu'en temps normal : quelques mesures simples permettent d'éviter la transmission des microbes.

Outre-Manche, le message est résumé par six petits mots : « Catch it. Bin it. Kill it ». Un slogan accrocheur mis en place fin novembre 2008, alors que le gouvernement s'inquiète de l’édifiant bilan de la grippe dans le pays, qui tue près de 12 000 personnes par an (selon le département de la santé britannique)

Dans un premier temps, le but est de toucher le public, avec un spot "choc" plein d'humour.



Une musique entraînante et joyeuse, une scène de paix sociale absolue (tout le monde s'aime, se salue, et se tient la main), le tout interrompu la voix d'un ascenseur très perspicace mettant en lumière la transmission des microbes.

Avec l'arrivée de la grippe meurtrière, le spot est réactualisé et se fait plus sérieux :



L'ascenseur ne parle plus, la musique est remplacée par un fond sonore plus angoissant, la voix off est désormais présente durant tout le message : on ne rigole pas avec la grippe porcine.

Si le premier clip tendait à frapper les esprits, cherchant à mettre l'accent sur le problème, le deuxième intervient dans un contexte de crise et d'inquiétude. Le slogan reste donc, le fond aussi, mais le ton change radicalement.

Le clip français, quant à lui, a fait son apparition hier. Un lancement tardif, à en écouter la presse. Et, il est vrai qu’au visionnage du clip, on peut que se demander ce qui a pris si longtemps, s'agissant ici aussi d'un recyclage.


Le début du clip date de plus d'un an, il a été diffusé dans le cadre de la lutte contre la grippe saisonnière. Là aussi, on raconte une histoire, on cherche à sensibiliser le public, mais, d'emblée, le ton est plus sérieux. Pas de musique décalée, pas d'humour, un exemple de la vie de tous les jours et une voix off pour expliquer comment résoudre le problème.
Dans le contexte de grippe A, la vidéo se termine par une présentation de plusieurs conseils, expliqués à l'écran et lus par la voix off.

Quoi qu'il arrive, le microbe est matérialisé pour mieux montrer à la population la menace invisible qui plane sur elle, et notons d'ailleurs qu'en France, le microbe est un chiffre.

Remarquons aussi que le méchant "contaminateur" est toujours un homme jeune, actif, et portant une veste par dessus sa chemise. Il semble s’en prendre préférentiellement à d'innocents enfants, qu'il utilise comme incubateur à germes. Je vous incite donc fortement de rester à l'écart de tout individu correspondant à ce signalement.

Ce que montre ces clips, au-delà d'une préoccupation gouvernementale pour la grippe A, c'est l'approche différente d'une campagne de prévention entre la France et l'Angleterre.
Dans le cas anglais, hors contexte de crise, l'approche commerciale est très forte. Avec une voix off différente, le spot pourrait d'ailleurs aussi bien être destiné à vendre un nettoyant industriel. La campagne reprend même bon nombre de codes du marketing de marque : une histoire à raconter, soulignée par une baseline (le fameux "catch it, bin it, kill it"), un support musical attrayant, une durée courte, et peu de blabla.
A l'inverse, la France propose un spot hautement informatif, avec des textes à lire, des données à écouter, et au final beaucoup d'informations pour le spectateur.
Si la vidéo anglaise a été modifiée et à perdu un peu de ce ton commercial, l'esprit de cette campagne contre la grippe saisonnière y reste beaucoup, notamment dans la presse.

En comparant les encarts prévus par les différents services de santé, la différence est en effet saisissante :

Campagne anglaise.

Campagne française.

Encore une fois, la France met à l'honneur l'information, avec beaucoup d'écrit, alors que l'Angleterre prend une démarche très publicitaire, avec une image choc, une phrase d'explication, son slogan phrase, et un texte. Sans même lire, le receveur comprend l'idée.

Vendre le concept de prévention, est-ce vraiment plus pertinent? La démarche se justifie à mon sens dans le fait que cet élan marketing permet de toucher une autre cible, celle qui n’est pas devant son écran pendant le JT, celle qui ne lit pas les journaux, mais qui consomme de la publicité à longueur de journée et est influencée par ce genre de codes. A l'inverse, la page publicitaire française est trop chargée et donne envie de la passer, tout comme les 30 dernières secondes de son spot qui sont bien trop longues et engorgées d'informations, apparaissant ainsi quelque peu ennuyeuses.

Pourtant, en 2007, humour et grippe allaient de paire dans cette autre campagne,qui possédait même son propre slogan :


Néanmoins, à l'époque, la démarche était diamétralement opposée : en 2007, je me vaccine pour ME protéger ; en 2008, je suis quelques préceptes simples pour protéger les autres. Lorsque l'on parle des autres donc, un ton plus grave serait de mise.
L'homme de l'ascenseur anglais, lui, se retrouve penaud après être désigné par la voix de l'appareil. Catch it, bin it, kill it pour éviter de SE ridiculiser? Pourquoi pas.

samedi 2 mai 2009

De la communication poétique et addictive : Big Nothing.


The Big Nothing, c'est un site absolument fou. J'écris un message, il est envoyé, et je reçois en échange les quelques mots d'un inconnu, sans aucun rapport avec les miens. Le tout accompagné d'un fond d'écran coloré et changeant, presque hypnotique (messages subliminaux? voilà qui expliquerait le temps que j'ai passé à envoyer des phrases dans le vide).

L'expérience artistique de Manuel Schapira, Chanel Seguin, et de l'agence Upian, part d'une belle idée :

« J'envoie un message à un inconnu.
En échange, je reçois un message d'un autre inconnu.
Chaque message est envoyé à un seul lecteur.
Éphémère, il s'efface au moment de sa lecture.
Aucune trace n'est conservée, tout est anonyme.
»
Une idée qui répond elle-même à des interrogations éminemment philosophiques : « Qu'est-ce que j'écris quand je m’adresse à un inconnu, sans but aucun, hors de tout contexte habituel et seul face à moi-même ? Qu’est-ce que je donne quand cela ne dépend pas de ce que je reçois ? ».

C'est une bonne question. Et, personnellement, j'ai commencé timidement :


Je me rends cependant vite compte que les autres ne font pas mieux, puisque l'on me "répond" des banalités, dont certaines dans un langage un tantinet racailleux : « ca va? », « weshhhhhhhhh », « bonjour », « sfjfjfhjfh », « j'aime paris », « sa tue se truc » (à mon sens, les confusions entre "s" et "c" sont le fléau de la décennie). Après un petit moment, un message empreint d'originalité me parvient enfin : « I hate myself I want to die ». Mon sang ne fait qu'un tour, puis reprend son train-train quotidien (c'est à dire conforme aux recommandations médicales en vigueur) en se disant qu'il doit s'agir d'une référence à Nirvana. Malgré tout, je réponds au suicidaire. Il ne recevra sûrement jamais ce message, mais j'ai meilleure conscience. Et je me dédouane d'un éventuel recours en justice pour "non assistance à personne en danger". En retour, je me fais agresser :


De quoi faire passer l'envie d'être serviable et pleine d'amour dans ce monde de brutes dans lequel nous vivons (demandez à Ségolène, tout ce qu'elle veut c'est de la fraternité, tout ce qu'elle a en retour c'est un Lefebvre qui veut la faire interner). Un peu plus tard, je serai tout de même réconfortée par quelques pointes de poésie, entre autres « do you want to fall in love? », « c'est joli le fond du site ! » (oui je considère ceci comme de la poésie), ou encore « Il suffit d'une seconde... ». Je reçois aussi quelques uns de mes propres envois. Le stock d'inconnus est sans doute épuisé.

Evidemment, en citant tous ces exemples, je suis en train de détruire une partie de la beauté du site, qui insiste sur l'éphémère de ces messages (ce qui est écrit sur Big Nothing reste sur Big Nothing?). Je vais donc m'arrêter pour revenir aux questions originelles. Qu'écrit-on lorsque l'on se détache du destinataire? Des "ca va?" et "bonjour", des insultes et de courtes phrases poétiques, apparement. Mais est-on réellement détaché du destinataire? Je ne pense pas. Il est clairement là dans les "ca va?", il est ironiquement là dans les insultes, il est aussi là dans les élans poétiques. Parce qu'en écrivant, on sait qu'il y aura un lecteur à l'autre bout. Même sans jamais connaître son identité, sa réaction, ou sa réponse, on communique suffisamment depuis notre petite enfance pour en avoir une idée. On imagine bien la tête de celui qui reçoit l'insulte, le choc de celui qui lit "je veux mourir", le rire de celui à qui l'on envoie une blague. Le coup de la communication dédouanée de destinataire, en ce qui me concerne, je n'y crois pas. Le coup du face à moi-même, encore moins.

Finalement, là où le site est le plus fort, c'est dans ce flot croisé de conversations qui s'instaure : je reçois un message, j'y réponds, celui qui recevra ma réponse répondra à son tour à quelqu'un d'autre, qui lui aussi répondra, alors que moi-même, je suis déjà repartie dans une autre conversation. Aucun fil, aucun schéma, c'est l'anarchie. Et c'est bien marrant.

Sinon, on peut aussi se servir de Big Nothing comme d'un outil de promotion original :


mardi 28 avril 2009

Un autre emploi de Google Maps...


Google Maps est un outil très pratique. Une adresse inconnue? Je tape et c'est trouvé. Un itinéraire? Il me guide pied comme en voiture. Un roadtrip en vue? Je planifie le parcours et je le fais partager. Une petite envie de visiter depuis mon appartement? Un petit coup de StreetView et je flâne dans les rues de la capitale. L'autre jour, j'ai même utilisé Google Maps pour vérifier si une place de parking était libre en face du cabinet de mon ophtalmo.

Mais au-delà de cet usage très personnel de cet énième outil Google, un nouveau modèle est en train de se dessiner. Un modèle qui suit les fluctuations de l'actualité et transforme le site en véritable vecteur de visualisation et d'information.

Dernier exemple en date : la carte "grippe porcine". A l'aide de punaises, les différents cas et suspicions de cas de part le monde sont localisés quasiment en temps réel, permettant de suivre l'évolution de la propagation. Le tout avec une grande précision, avec des détails tels que l'âge, le lieu de résidence ou encore les circonstances de contraction des malades.

Information toujours suite au tremblement de terre italien, où l'une carte spéciale tremblement de terre spécifiant épicentre, positionnement des abris et lieux de décès avait déjà vu le jour. Sur Google Italy, une page dédiée à l'évènement avait même vu le jour. Petite déception, aucune punaise n'a été ajoutée pour localiser le pape, en visite hier (tant qu'à faire).
Il ne s'agissait pas d'un coup d'essai puisqu'en 2007, déjà, les incendies de San Diego étaient pistés sur le site, précisant leur avancement.

Dans ces trois cas, Google Maps devient donc un outil d'information à part entière, précis et régulièrement actualisé.

Une piste quant à l'utilisation de cette fonction qui a d'ores et déjà séduite la chambre internationale du commerce. Celle-ci a en effet mis au point une carte des actes de piraterie dans le monde en 2008, situant assauts, tentatives et vaisseaux suspicieux. Histoire de savoir où il ne fait pas bon naviguer.

A côté de ces quelques exemples, Google Maps nous propose aussi du futile et ludique, comme la carte des mises à jour de Wikipédia en temps réel dans le monde.

De quoi satisfaire tout le monde, donc. Et de quoi asseoir encore un peu plus sa suprématie sur le web, en agrégeant toujours plus de contenu.
Y'a pas à dire, chez Google, ils sont bons.

vendredi 24 avril 2009

Sacrée Ségo : Pardonnons-nous les uns les autres.

Si la polémique sur les deux pardons de Ségolène a fait beaucoup de bruit dans la presse, Internet n'est pas en reste. Après le SarkoPipo et le SégoPipo, qui proposaient à l'internaute de s'excuser pour infidélité, retard ou excès de vitesse à la manière des deux finalistes des présidentielles 2007, le web lance une nouvelle campagne de grand pardon.

Sur SacréeSégo, Ségolène nous aide donc à trouver le chemin de la repentance en confessant nos pêchés à l'un de nos amis.


Un ami qui se retrouve ensuite face à un choix cornélien : pardonner, ne pas pardonner? En espérant qu'il se laisser guider par la douce voix de la socialiste et qu'il accepte ces excuses sincères et profondes faites au nom de l'humanité.

"J'ai fantasmé sur Sarkozy", et, pour ce pêché, je me suis envoyée moi-même en enfer.

Ceci dit, pas sûr qu'elle ne pardonne le "j'ai voté pour Martine Aubry" aussi facilement.

jeudi 23 avril 2009

Dans l'intimité des stars, avec Twitter.


Qui a dit que Twitter ne servait à rien ? Ah oui, c’est moi. Et bien mea culpa.

Après avoir transformé mon Twitter en flux RSS de blogueurs influents, je me suis lancée dans une seconde entreprise twitterienne : faire de la star planétaire mon meilleur ami. Nicole Richie, Britney Spears, Ashton Kutcher, Samantha Ronson, Peaches Gedolf, Sienna Miller, Kiera Knightley... Ok, "planétaire" est peut être un bien grand mot, mais j'ai tout de même un "home" à en faire pâlir le plus sulfureux des numéros de Closer. Soulignons tout de même que Paris Hilton a opté pour le verrouillage de profil, se refusant sans doute à exhiber sa vie privée (!).

Il faut dire que j’ai un petit faible pour le potin du quotidien, le « j’ai renversé mon café sur mon nouveau sac Dior ce matin », le « j’ai promené mon chien sous le soleil », le « j'ai mangé une choucroute ». J’y trouve un petit côté « vis ma vie de star » particulièrement jouissif. C’était d’ailleurs déjà dans cet esprit de communion avec le beau, le (plus ou moins) riche et le célèbre que je m’étais lancée dans le harcèlement facebookien de bon nombre d'apprenties rock stars parisiennes. Et, à l’instar de Facebook, où j’avais découvert que le rockeur était un homme comme les autres, qui se nourrissait de pâtes, faisait des blagues graveleuses, et passait de super soirées devant Youtube, j’ai appris sur Twitter que la star américaine était elle aussi d'une banalité effarante. Nicole Richie fait une sieste en pleine aprem, Britney Spears fait un barbec' avec ses mômes, et Demi Moore twitte à tout va tandis que son Ashton Kutcher de mari, atteint d’une méchante grippe, oscille entre vomissement et diarrhée (comme quoi sur Twitter aussi on donne dans le graveleux). C’est un nouveau monde de pistage en continu de la planète star qui s’ouvre à moi. Perez Hilton peut aller se rhabiller.

Le problème, c’est que j’ai du mal à retrouver mon RSS blogueurs intelligents au milieu des 25 tweets par heure de Nicole et Ashton. Ne vous étonnez donc pas si mes prochains posts parlent plus de scoops hollywoodiens que de la dernière étude comScore.

lundi 20 avril 2009

Twitter n'est pas jouer (mais s'informer).

Il y a quelques temps, j’expliquais pourquoi mon profil Twitter était à l’abandon, avec une odeur de poussière et plein de toiles d’araignées.

Depuis, je ne connais toujours personne sur le site, mais j’ai eu une révélation. Pas d’ami sur Twitter ? Pas grave. Qui a besoin d’ami quand toute une blogosphère avide de followers ne demande qu’à twitter ?
Je me suis donc lancée dans un archivage en règle de mes blogueurs influents préférés, transformant le réseau de microblogging en une sorte de wikio perso. Maintenant, je fleure bon le scoop média, je suis première sur les études comScore, je lis les articles du Times sur la politique française et je mange du marketing à toutes les sauces.

Ainsi, les serial-blogueurs ont encore frappé. Tout comme ils avaient détourné le concept initial du blog perso, très « ma vie, mon œuvre, mes photos de vacances, et mon envolée lyrique sur Doubou, mon chien », pour en faire un outil de polémique, de buzz et de réflexions journalistiques, les Loïc Le Meur et compagnie ont fait de Twitter l’un des supports de leur assise virtuelle. Du coup, pas de « Jean-Marc is having coffee », mais du « Sarkozy est-il fou ? » ou du « a lu un article intéressant sur l’avenir des réseaux sociaux », avec de jolis liens tinyurl en bonus. De quoi me régaler pendant des heures, flânant de blog en blog, à la pointe de l’actualité politique et médiatique.

Et puisque Twitter est devenu un repère de gens des médias, c'est aussi un endroit où il faut savoir traîner quand on cherche un job :

Manque de bol pour moi, je n'ai aucune idée de ce que DM peut bien vouloir dire.

Au final, désormais, je "follow" plein de monde. Journalistes politiques, blogueurs, étudiants de sciences po, hommes politiques... Mais je ne twitte toujours pas. Vous imaginez sérieusement mes « is having coffee » faire face aux derniers buzz marketing? Plutôt fade. Comme quoi, on dira ce que l'on veut sur Facebook, mais là-bas, au moins, le narcissime n'est pas mort. Et je peux manger une pomme dans mon statut.

vendredi 10 avril 2009

Il ne fait pas bon être policier ces jours-ci.

J’en ai déjà parlé, mais l’on a assisté cette semaine à une sorte de déluge de vidéos incriminant la police.

Il y a eu ça, à Strasbourg :


Et ça, à Londres :


Autant de vidéos qui témoignent de "légères bourdes" policières. Néanmoins, à mon humble avis, la vérité est ailleurs.

Car soyons lucide, la police n’est pas devenu la mafia du crime, elle n’attend pas avec excitation chaque manifestation en rêvant de balancer des cailloux sur les cortèges, elle ne cherche pas à provoquer des crises cardiaques en marge de défilés anti-20, elle ne s'impatiente pas de lancer des bombes lacrymo sur une foule qui l'insulte. La police serait plutôt en bien mauvaise posture, coincée quelque part entre prudence, urgence et une mauvaise image.

C’est que la société est bipolaire : d’un côté, on discute l’important dispositif de sécurité mis en place à Strasbourg, de l’autre, on accuse les forces de l’ordre d'avoir tardé à réagir lorsqu'un hôtel est envahi et incendié. D’un côté, on reproche à la police de jeter quelques pierres sur la foule, de l’autre, on ne s’émeut à peine lorsque des casseurs empalent un tronc d’arbre dans le pare brise d'une voiture, frolant de peu conducteur et passager. D’ailleurs, si la vidéo surgit, ce n’est non pas pour déplorer cet acte aux conséquences potentiellement mortelles, mais pour souligner le fait que le passager ait sorti son arme. Qu’il ait failli se prendre un arbre en pleine tête, on s’en fiche après tout.

En fait, la police en a peut être marre de se faire bombarder de projectiles, elle a peut être aussi des conditions d’intervention difficiles, dans la vitesse et le chaos. Et trouver le juste milieu, réussir à éviter les débordements tout en évitant la bavure, tout cela n’est pas simple. D'ailleurs, le jour où j’ai filmé ce que je montrais ici, j’ai aussi filmé ça :


"Ira, ira pas ?". On y voit bien que les CRS hésitent. Prudents, ils attendent de voir l’évolution de la situation avant d’intervenir, sans doute pour ne pas alimenter l’excitation. Mais, quand on regarde ces images, deux interprétations sont possibles, et l’on peut leur reprocher de ne pas avoir protégé le type qui se fait frapper, tout comme on leur aurait reproché de s’être saisis un peu brutalement de la situation s’ils étaient intervenus.

Cette double interprétation possible pose un gros problème quand on passe à l’échelle des médias nationaux. J’en reviens alors à cette vidéo du tronc d’arbre. Si je légende « des casseurs s’en prennent violemment aux forces de l’ordre », la sympathie va vers les militaires. Si je légende « heurts entre les forces de l’ordre et des manifestants : la police est à cran », la balance penche en faveur des manifestants. Si je choisis de légender « heurts entre les forces de l’ordre et des manifestants », un titre apparement neutre, tout en entourant l'arme à l'écran, j'influence l'interprétation de mon public. C'est ce que l'on a pu voir au JT de TF1. Or, la police est plus souvent regardée comme une force de répression abusive par une population qui la croise plus souvent lorsqu’elle se prend un PV que lorsqu’elle est en danger et a besoin de secours. La balance penche donc plus naturellement vers ces pauvres manifestants - des pacifistes, qui plus est - qui se retrouvent innocentes victimes de ces brutes de flics. En faisant abstraction totale du contexte.

Alors, oui, sinon, comme l'on déclaré les syndicats policiers, "le jet de projectiles n'est pas une procédure de police régulière". Mais n’oublions pas que la police n’a pas la tache facile. Et je ne pense pas que cele soit récent. Sauf que maintenant, c’est aussi filmé.

lundi 30 mars 2009

Tweet me if you can : pourquoi je ne twitte pas.

Il paraîtrait qu'après Facebook, c'est Twitter qui va révolutionner notre vie.

Mais qu'est-ce que Twitter? C'est un très joli site tout bleu qui permet d'informer son réseau de ce que l'on fait, le tout en 140 caractères. On appelle ça le microblogging.

Lancé en 2006, le site a connu un taux de croissance de 900 % en 2008 et comptabilise désormais plus de 6 millions d'utilisateurs.

D'ailleurs, les américains twittent :


Le PS jeune twitte :


L'UMP jeune twitte :


L'UMP un peu moins jeune twitte :


Et même Twitter twitte :


Ca fait beaucoup de monde.

Mais, moi, je ne twitte pas. Je suis pourtant l'heureuse propriétaire d'une page Twitter, et le site se base sur ma fonctionnalité Facebook préférée, le "status update". Je pourrai passer des heures à raconter que j'ai mangé des céréales ce matin, que j'ai regardé les "feux de l'amour" ce midi, fais une petite sieste à 16h et oublié de travailler à 22h.

C'est qu'il y a un problème de taille : si tous mes amis ont désormais rejoint le monde merveilleux de Facebook, sur Twitter, c'est niet. Quand j'utilise le "Friend Finder", aucun de mes contacts n'apparaît à l'écran. D'ailleurs, c'est bien simple, je n'ai que 4 amis. Dont 2 que je ne connais pas et un homme politique qui me "follow" parce que je le "follow". Il faut croire que les 6 millions de Twitter ne font pas le poids face aux 175 millions de Facebook.

Et parler dans le vide intersidéral, ça m'intéresse tellement que je n'ai pas actualisé mes Tweets depuis le 1er octobre 2008. En tout, je ne me suis servie du site que 4 fois depuis mon inscription.


Dans sa description, Twitter explique qu'une grande partie de son succès est due à sa simplicité. J'écris me 140 caractères dans le cadre "what are you doing?", je clique sur "update", et c'est fini. Tous mes amis découvrent alors sur leur page d'accueil que j'ai mangé des nachos hier soir et que j'ai aimé ça.
En fait, Twitter est tellement simple à utiliser que Google affiche 2,5 millions de résultats à la requête "Twitter for beginners".
Moi-même, il m'a fallu du temps pour comprendre la différence entre les "followers_me" et "following_me". Parce que contrairement à ce que voudraient le bon sens et la langue anglaise, les gens qui suivent mon profil ne sont pas les "following_me" mais les "followers_me", puisque lorsque je consulte mon profil les "following_me" deviennent des "following_profile", et les "followers_me" des "followers_profile". Si vous n'avez rien compris, c'est normal. Twitter est trop simple pour vous.

Ne parlons même pas du système de réponse d'un utilisateur à l'autre. Il y a toujours une @ dans l'histoire, parfois précédée de "RT" (response to, j'imagine*), parfois non. Ce qui donne ce genre de choses :


Face à l'engouement général, beaucoup s'interrogent sur l'intérêt d'un tel service. Moi pas. Je suis absolument pour l'épanchement narcissique. Mais, vous vous en doutez, ce n'est pas vraiment la version officielle. La raison d'être de Twitter est en fait expliquée dans cette vidéo : « Vous n'enverriez pas un email à un ami pour lui dire que vous buvez un café. Votre ami n'a pas besoin de savoir cela. Mais qu'en est-il des personnes qui veulent connaître les petites choses de votre vie? »

Alors, amis qui s'intéressent aux petites choses de ma vie, voici, rien que pour vous :



Enfin, si vous n'avez toujours pas compris le concept Twitter, je vous laisse sur cette excellente vidéo de 20minutes au chroniqueur très dynamique.


* Edit : nous sommes le 25/04, il est 00:02, et je viens de me rendre compte que RT signifiait "retweeting". Copier le tweet de quelqu'un d'autre quoi. Mieux vaut tard que jamais comme on dit.

mardi 24 mars 2009

Cybergedon, la série qui tue Internet

Et si un virus dévastateur réduisait à néant l’Internet mondial ?
Et si la vie telle qu’on la connaissait aujourd’hui était changée à jamais ?
Plus de transports en commun, plus de liquidités, plus de télécommunications, plus d’essence, plus d’électricité...
C’est le point de départ du scénario de cette cybersérie très visionnaire : Cybergedon.

Après deux épisodes un peu en dessous de la suite (mais il faut bien avouer que les premiers épisodes de séries sont rarement excellents – même chez les superproductions hollywoodiennes), on découvre petit à petit un nouveau monde au travers du quotidien d’un père de famille normand.
Un monde où la pénurie d’essence transforme des quadragénaires en voleurs hystériques, où l’on troque des patates contre des bougies, et, surtout, où l’on s’interroge sur le sens de la vie : « Dis papa, tu crois qu’on les reverra un jour les amis de Facebook ? ».

Dans le cinquième épisode de la série, c’est justement Facebook qui est à l’honneur. Et c’est quelque peu original.




Pour voir les quatre premières vidéos, c’est ici.

lundi 23 mars 2009

Facebook stalker?

J’avouais ici mes penchants psychotiques sur Facebook. Et, comme je ne suis pas la seule à être accro, quelqu'un a fini par s'intéresser à ce phénomène.

Elle s'appelle Laura Greene, elle est journaliste, et elle est surtout inquiète d’une possible apparition de « sérieuses dépendances à Facebook ». Après un très rassurant « Maybe you or someone you know has an obvious Facebook addiction. Maybe he/she is a Facebook stalker. », elle définie donc dans un article une classification décroissante des signes avant coureurs de la dépendance. Traduction un peu libre :

10. Vous faites des recherches à partir de prénoms pour retrouver quelqu’un que vous avez rencontré dont vous ne connaissez pas le nom d’après sa photo.

9. Vous recherchez des noms que vous trouvez dans les journaux, juste pour pouvoir mettre un visage sur un nom.

8. Vous êtes déçu quand vous découvrez que vous ne pouvez pas accéder aux informations d’une personne parce qu’elle n’est pas votre ami sur Facebook.

7. Vous vérifiez s’il n’y a personne que vous pourriez ajouter dans les amis de vos amis.

6. Vous rentrez l’adresse mail de vos amis Facebook sur MSN, mais sans jamais leur parler – juste pour lire leurs pseudos.

5. Vous passez un temps précieux à regarder les photos de personnes avec lesquelles vous êtes allé au lycée mais auxquelles vous n’avez pas parlé depuis.

6. Vous vous disputez avec votre petit(e) ami(e) parce qu’il ne veut pas encore se mettre in a relationship.

5. Vous célébrez les étapes de la vie facebookienne : 50 amis, 100, 200...

4. Vous consultez régulièrement la liste des groupes à la mode pour être sûr de ne pas passer à côté de quelque chose.

3. La première chose que vous faites le matin est de regarder vos mails, au cas où quelqu’un vous aurait envoyé un message sur Facebook ou vous aurait ajouté à ses amis pendant la nuit.

2. Vous ressentez une forte frustration quand quelqu’un que vous cherchez n’est pas sur Facebook.

1. Vous vous sentez mal ou tremblez pendant le travail, l’école, ou à n’importe quel moment où vous n’avez pas accès à Facebook.

J’ai donc fait ce test, et, ouf, je ne suis pas une vraie Facebook stalkeuse. Mais peut être que vous si. Alors, pas de panique. Comme le dit Laura, « le premier pas vers la guérison est d’admettre que l’on a un problème ».

jeudi 12 mars 2009

La "famille" Sarkozy sur Facebook

Dans la famille Sarkozy, on connaissait Nicolas (notre président), Carla (sa femme), Cécilia (son ex), Pierre (le fils aîné, producteur de rap), Jean (le deuxième fils, élu UMP comme papa) et Louis (le cadet, fils de Nicolas et Cécilia). Mais, sur Facebook, il en a bien d’autres.

  • Jeanne Sarkozy



  • Commençons par Jeanne, la personnalité la plus haute en couleurs de cette famille virtuelle, et pour cause : « je ne suis pas raciste, j'ai récemment acheté un aspirateur de couleur », clame t-elle sur son profil. Moi, je suis surtout surprise de savoir qu’elle achète elle-même son matériel de nettoyage. Il y a du personnel pour ça. Alors, Jeanne Sarkozy, une fille simple ? Il faut le croire, ses seuls plaisirs étant de « dépenser l'argent des français en maquillage et manucure » et d’écouter « les légendes du hard-rock: maurice chevallier, michel sardouille, florent brunel, charles trenet et le grand julien dragaule ». Une fille résolument attachante, mais aussi très cultivée, surtout calée en littérature, puisque ses "favorite books" sont : « martine dénonce ses voisins communistes », « martine a voté sarkozy », « martine insulte les grévistes » et « Martine travaille plus pour gagner plus ».
    Malgré son physique avantageux et changeant (elle aime se teindre les cheveux, passant de blonde à rousse en un clic de souris), Jeanne reste néanmoins une fille discrète, murée dans son château élyséen (ou chez sa manucure préférée), et qui ne totalise par conséquent que 71 amis.

  • Gédeon Sarkozy



  • Gédeon est le plus trash de ses relatifs, le délinquant de la famille. Gédeon aime « voler des vieilles qui n'ont plus rien, tuer des prostitués et les découper, inoculer le sida à d'autres homo sapiens », torturer des animaux et « massacrer des tibétains à ses heures perdues ».
    C’est aussi un poète, voire un philosophe, puisqu’il se décrit comme étant : « fluide comme gars mais sans etre flaqueux, plutot squabreux dans les moments drus ».
    Comme sa sœur Jeanne, il attache une grande importance à la lecture, notamment à celle de FHM, ce qui explique sans doute son orthographe irréprochable (« squabreux », « richesse européène », « tarlooses »). Notons qu’il a pourtant étudié à l’ « université universitaire du Bang_Ladech ».
    Parce qu’il est très subversif, Gédeon n’est que peu apprécié par le reste de l’humanité et n’a que 27 Facebook friends.

  • Kastoapovkon Sarkozy



  • Mon petit préféré, et aussi celui du web, à en croire ses 513 amis, a un prénom empreint de sonorités orientales : Kastoapovkon. Malheureusement, c'est un homme très secret, ne révélant sur sa page que peu de détails de sa vie privée : une photo, et sa date de naissance, le 28 Janvier 1955. On peut néanmoins imaginer Kastoapovkon comme étant un homme d’une spiritualité et d’une politesse inouïe. Et particulièrement habile de ses paupières.

    En fait, il y a énormément de Sarkozy sur Facebook, plus de 500, dont quelques notables : Edvige (fichier) Sarkozy, Nicolason (mannequin bodybuildé pour une marque de slips) Sarkozy, Larry (labrador blanc) Sarkozy, et beaucoup de Nick, Nicola, et Jean Sarkozy.
    Le reste de cette étendue famille tient cependant à sa vie privée, et a donc décidé de bloquer son profil aux utilisateurs lambda du réseau social. On les comprend.


    Enfin, tant qu’on est dans le web et les Sarkozy, je vais aussi en profiter pour parler de cette ambitieuse application Firefox : Karcher 0.1. Son but ? Effacer Nicolas Sarkozy du web. Et il parait que ça marche plutôt bien, puisque 01.net a testé, et même attesté de la réussite de la démarche, Google ne proposant plus que trois résultats à la requête "Nicolas Sarkozy".
    Une initiative qui devrait plaire au RDT, Rassemblement pour la Démocratie à la Télévision, qui avait tenté d’instaurer la fameuse "journée nationale sans Sarkozy dans les médias". Si eux n'avaient pas réussi, le web oui.
    Pour essayer, c'est ici (Mozilla versions 2 à 3 uniquement).

    mardi 10 mars 2009

    Faire du CD un objet collector, ou comment sauver l’industrie du disque.

    En ces temps de débat sur la loi Hadopi visant à réglementer le téléchargement sur Internet, avec le fameux principe de riposte graduée, j’ai décidé d’exposer aux majors ma petite théorie sur la question (car il est évident que Pascal Nègre est un lecteur régulier de ce blog).

    Déjà, il faut savoir que je suis une grande téléchargeuse, et ce depuis bien longtemps. A l’époque, la toile était parsemée de sublimes sites avec des noms comme « Roswell Music » ou « Buffy Music », qui proposaient la liste des chansons entendues dans chaque épisode. Il suffisait alors de cliquer sur un titre pour que la chanson ne se charge dans son Windows Media Player perso, et, là, un simple petit « enregistrer sous » dans le menu du logiciel, et le crime était commis. A l’époque, il n’y avait pas de débat, pas de question, le phénomène en était à ses débuts et n’engendrait pas encore les foudres des maisons de disques. C’était en plus vraiment pratique : plus besoin de faire quinze disquaires pour trouver l’album d’un petit groupe indé américain dans le Val-de-Marne, ni même d’acheter ledit album en entier juste pour pouvoir profiter d’une chanson.

    Alors que le téléchargement est de plus en plus décrié, ces sites disparaissent et je migre vers le peer-to-peer, avec Kazaa puis Emule. Je suis gentille, je ne télécharge que des chansons, et quand j’aime beaucoup de chansons d’un même album je finis par l’acheter (cf. Avril Lavigne – et ne vous moquez pas, il fut un temps où écouter Avril Lavigne était moins une grosse honte). Viens ensuite une période frénétique, où je découvre que l’on peut télécharger tout un disque d’un coup sur Bittorrent, et Justin Timberlake en fait les frais (là j’assume sans problème - d’ailleurs, Justin, si tu nous lis, saches que je suis libre et que je veux bien t’épouser en échange d’un petit a cappella). J’achète toujours quelques CDs mais c’est très éparse puisque « il faut pas déconner, un disque c’est super cher maintenant, ils abusent » (c’est la Marine de 17 ans qui vous parle en direct live).

    Entre ce moment-là et aujourd’hui, j’ai découvert qu’il y avait aussi des petits artistes qui se nourrissaient principalement de pates et qu’acheter leur disque peut être sympa. Voire même collector. On ne sait jamais, je tiens peut être l’album des futurs Beatles dans les mains et, un jour, on me proposera 150 000€ pour me le racheter. Je continue à télécharger Britney Spears, mais ce que j’aime et ce qui le mérite, je le paye (quitte à ce que ça soit de l’occasion s’il s’agit de quelque chose qui a déjà un certain succès – merci Boulinier, merci Gibert Joseph). Je mets aussi facilement la main au porte-monnaie devant un billet à la Maroquinerie ou un stand de merchandising. En somme, je suis un hybride entre la méchante pirateuse détestée par les maisons de disque et la potiche qui achète tout ce qu’elle voit sur le dos de laquelle ils peuvent capitaliser. Parce que ce que je n’ai pas encore précisé, c’est que j’ai acheté trois voire quatre fois plus de disques ces deux dernières années que durant les 19 premières de mon existence. Et ne parlons pas de l’argent dépensé en concerts, en badges (que je ne porte jamais, soit dit en passant) ou en posters (que je n’accroche jamais, soit dit en passant).

    Et, comme je ne suis pas une fille fondamentalement extraordinaire, je ne pense pas être la seule. Je suis donc convaincue qu’il y a là un filon à exploiter pour l’industrie musicale.

    En fait, selon moi, la vraie menace pour les majors se situe plutôt au niveau des (plus) jeunes, qui sont nés avec le piratage et sont totalement déculpabilisés. D’ailleurs, ils ne se souviennent même plus à quoi sert un CD, ce truc nul, gros, qui traîne partout, et qui prend du temps, puisqu’il faut importer voire convertir tous ses titres avant de les mettre sur son Ipod. Si je l’identifie comme principale menace, c’est parce que le jeune pose un double problème en termes de ventes : un manque à gagner aujourd’hui (il n’achète pas et les chiffres coulent), et un manque à gagner demain (il a été formé à télécharger et recouvrira progressivement les tranches d’âge qui achètent encore en vieillissant).
    Mais, paradoxalement, ces mêmes jeunes sont une formidable cible commerciale, très forts sur les « achats d’impulsion » (un concept que l’on pourrait résumer par : « T’as vu ça ? Ca déchire ce truc ! Attends je le prends, c’est que 30 euros.»). En plus, on le voit avec les vêtements et la technologie, le jeune a de l’argent (de poche) et n’hésite pas à le dépenser.
    En fait, le seul problème vis-à-vis de la musique, c’est que le jeune a beau être facilement influençable, il n’est pas totalement stupide et se refuse à payer ce qu’il peut obtenir gratuitement en ligne.

    Il existe néanmoins peut être un moyen de détourner la question : l’identification sociale. Le jeune aime se situer dans un groupe et suivre la mode. Et, si j’ai blablaté pendant aussi longtemps, c’était uniquement pour en venir là : il faut faire du disque un objet de mode. Si posséder quatre étagères remplies de CDs devient le summum du cool, je suis prête à parier qu’il y aura plus de monde au Virgin.
    Comment redorer l’image du disque ? De la com, de la com, et encore de la com. Et pas n’importe quoi, mais une com insidieuse et perfide, qui aille toucher les jeunes dans leur cœur : télévision (et pourquoi pas par le biais des séries), Internet, magazines, balancer du « le disque, c’est cool » partout jusque dans l’air ambiant. Et, surtout, en se basant sur des icônes, célèbres ou pas, mais glamours et enchanteresses, qui fassent rêver le jeune et l’incite à s’identifier.
    Mon modèle, c’est le vinyle, qui a retrouvé ses lettres de noblesse grâce à l’incroyable influence de celles que j’appelle les « branchistas », c’est-à-dire les fashionistas de la branchitude. Elles oscillent entre le Régine et le Chacha, portent de la fourrure, du vintage, des bandeaux ; elles sont mannequins, actrices, rédactrices de magazines de mode ; elles se fournissent régulièrement chez Colette et APC. Ces filles, donc, on réussit à donner une seconde jeunesse à des reliques telles que les platines 33 tours, les polaroïds, ou encore les franges. Un phénomène qui pourrait sûrement se transposer aux jeunes et CDs. Je ne suis pas une déesse du marketing, mais il y a des professionnels payés très chers pour réussir ce genre de choses.

    Pour devenir un objet mode, le disque devrait aussi faire valoir ses atouts : le CD ne se résume pas à la musique qui est gravée dessus, il y a aussi tout ce qui va avec. Le livret, le boitier, le format, les bonus, peuvent être travaillés pour transformer le disque en objet original et collector, que l’on a envie d’avoir. Ca se fait déjà un peu, avec les livrets photo (je me suis lancée le défi de ne pas citer Stuck in the Sound alors mon exemple sera Julien Clerc), du merchandising (des petits autocollants inclus), un graphisme soigné et une variation de la forme du support (j’ai vu des compilations au boitier en forme arrondie). Un peu comme pour les coffrets. Le « concept » est très à la mode : les « concepts » stores fleurissent partout, on mange de la « concept » food, et bien faisons aussi du concept CD. Evidemment, là où ça pêche, c’est que ça coûte plus cher à produire et à distribuer. Donc éventuellement plus cher à acheter. Mais, en même temps, si l’on est très fort sur la com, on peut emmener nos petits jeunes au bout du monde, comme nous le montrent certaines marques (onéreuses), qui s’en sortent très bien auprès de ce public. En plus, en temps de crise, le luxe est un marché refuge qui supporte plutôt mieux la morosité économique. C’est tout bénef, comme on dit. Certes, on a perverti l’âme de la jeunesse à des fins commerciales, mais ce n’est pas non plus une grande première.

    Reste un dernier problème, qui nous cassera les pieds jusqu’au bout : la tendance à la dématérialisation de la musique. Une tendance lourde, vraiment lourde, mais très très très lourde, puisqu’on la retrouve même chez les professionnels, là où le son numérique remplace la guitare distillant ses douces notes analogiques.
    C’est d’ailleurs en partie cette dématérialisation qui donne une illusion de gratuité : on n’a pas l’impression de voler quelque chose que l’on ne peut même pas toucher. Il y a aussi un très bel idéal derrière tout cela : celui de prendre un contenu, de le partager à l’infini, c’est socialement poétique, « - tiens, toi qui aimes bien ça, tu devrais écouter ça aussi, ça te plaira sûrement ; – oh merci, soyons amis».
    Mais le mp3 est quand même beaucoup plus impersonnel et moins glamour que le disque. Surtout à offrir. Parce que ça pouvait encore passer quand on offrait un lecteur remplis de titres, mais maintenant que tout le monde a un lecteur, il ne nous reste plus que les titres à donner. La musique n’est plus un cadeau. Je ne vais pas acheter une dizaine de mp3 à mon frère pour son anniversaire. A quoi ça servirait ? Il les aurait probablement déjà téléchargées et ça ferait très cheap. Alors, là, le CD a encore de l’importance.
    Et puis, quoi qu’on me dise, une discothèque Itunes de 10 000 titres ne sera jamais aussi belle qu’une montagne d’albums. Ni aussi décorative.

    Tout se résume donc à ceci : CD collector vs dématérialisation de la musique.
    Et, si la musique se dématérialise totalement, Hadopi, ça sera juste bon pour la poubelle. Parce qu’on ne pourra jamais convaincre toute une génération qu’il vaut mieux acheter sur un portail de téléchargement payant ce qu’il peut acquérir pour la modique somme de 0 euros sur du P2P.

    Pascal, si tu veux m’embaucher, j’arrête infocom et je renonce à Londres pour relancer ta petite entreprise.


    Julien est hype, Julien fait des éditions limitées avec livret photo.


    Le coffret, c'est bien pensé.

    vendredi 6 mars 2009

    Buzz BFM de la journée : un monsieur météo américain et une cravate verte

    Sur BFM TV, on aime bien balancer les derniers buzz du web.
    Et si l'on peut se moquer des collègues au passage, c'est encore mieux.

    Du coup, depuis ce matin, ils nous matraquent avec ça :


    Je retiens le coup du vêtement vert pour ma future carrière de speakerine.

    jeudi 5 mars 2009

    Sans transition : France 2 et la suppression de la publicité

    Avec la suprématie d’Internet, le soir, je ne regarde plus beaucoup la télévision. Hormis les chaînes d’info, bien sûr. Du coup, c’est avec trois mois de retard que je découvre le désastre que représente la suppression de la pub sur les chaînes publiques.

    C’est arrivé lundi soir. J’étais bien tranquillement à table (me pourrir mon dessert en plus, c’est un scandale). Fin du journal, suivi de la météo – jusque là, tout va bien -, et puis bam, à peine le saint du lendemain annoncé (Guénolé, je me demande d’ailleurs toujours si c’est féminin ou masculin), FBI portés disparus commence. Sans transition.
    Deux heures plus tard, je me fais arnaquer par la nouvelle grille horaire de France 2 en me branchant à 22h25 pour voir Mots Croisés, qui a en fait déjà commencé. L’émission finie, on enchaîne avec une vidéo promotionnelle du syndicat Sud. Puis le JT. Sans transition, encore.
    Et ça fait peur.

    Visuellement déjà, c’est abrupt. Mais le mélange des genres est tout aussi inquiétant. Fondre des clips de communication de syndicats ou partie politique avec de l’actu sans aucune démarcation, moi, ça me choque.

    Alors, comment faire ? Les rédacteurs du Point y ont déjà pensé : « Comment combler la disparition de 3 h 15 de pub chaque jour ? Par le retour des speakerines entre les programmes ? Ringard. Par des flashs d'infos ? Voilà qui occuperait une rédaction pléthorique et sous-exploitée. « Pourquoi pas des clips culturels entre les programmes ? » suggère Pascal Rogard, le président de la Société des auteurs et compositeurs dramatiques, pour qui la suppression de la publicité implique que France Télévisions accroisse ses quotas en faveur des productions française et européenne, au détriment des séries américaines... ».

    Alors, déjà, j’aime ça, moi, les séries américaines. Ok, je ne regarde jamais France 2 - sauf pour Mots Croisés, Yves Calvi est quand même une super rock star -, mais je suis un être empli de compassion et je pense à tous ces gens qui ne sont pas tombés dans le piratage dès la puberté. Donc, les séries, on garde, très cher Mr Rogard. Non mais.

    Ceci dit, les clips culturels, c’est plutôt pas mal comme idée. Ou, tout du moins, un petit clip de transition France 2 du type de ceux qui introduisent les pubs en journée.

    Les flashs infos, ça ferait bizarre, non ? Jack Malone vient de tromper sa femme (je n’ai pas beaucoup suivi FBI portés disparus, alors j’en suis restée là), on le voit entrer dans l’appartement de sa maitresse, la porte se referme mystérieusement, et puis « l’ambiance est à la fête au lendemain de la victoire 5 à 0 des bleus face aux brésiliens, récapitulatif de la journée avec un reportage de notre envoyée spéciale Laure Mitonot » (j’invente, vous aviez deviné, hein). Et là, on pourrait envisager un petit documentaire sur le génocide au Rwanda. Je l’ai dit, je le répète, et ça sera sûrement la phrase que je murmurerai à l’aide-soignante de ma maison de retraite au moment de mon dernier souffle, je ne suis pas pour le mélange des genres.

    Les speakerines, ça date un peu, certes. J’étais bien trop petite pour juger. J’ai donc fait quelques recherches sur cette bible des temps modernes nommée Wikipédia. La première speakerine officielle apparaît à l’écran en 1949 (la toute jouvencelle de 28 ans au cheveu impeccable mais à mine légèrement grisée. Son job ? « Annoncer les programmes à venir et la fin des émissions le moment venu ». Précisément ce qu’il nous faut, donc.

    Un petit exemple de ce que ça donnait :


    A2 31/12/85 speakerine + jingle "bonne année"

    La toute dernière speakerine disparaît de TF1 en 1992, mais certaines officient encore à l’étranger, comme en Suisse et en Belgique. En 2005, W9 avait aussi tenté de donner un nouveau souffle au concept, version sexy. Une tentative écourtée après trois mois seulement.

    En tout cas, si les speakerines reviennent, il va y avoir de la création d’emploi dans la com. Du coup, je suis pour. Ca m’irait bien, le chignon relevé. Non ?

    Michelle Demai, ORTF*

    * Si vous venez de vous découvrir une passion pour les speakerines, il y a plein de trucs – notamment la photo ci-dessus, .

    dimanche 8 février 2009

    Du Facebook stalking à l'Internet stalking.



    Après avoir avoué mes petits penchants voyeuristes sur Facebook ici, autant continuer dans la lancée "espionnage cybernétique". Ainsi, l’autre jour, alors que je me « googlais » tranquillement (car oui, se googler est désormais un verbe), je suis tombée sur un site qui pousse encore plus loin la perversion.

    123people est un charmant « moteur de recherche de personnes » (rien que l’appellation est flippante) développé par une entreprise autrichienne.
    Il recoupe donc toutes les infos que l’on laisse traîner à droite à gauche, des photos de Facebook aux résultats d’examens, en passant par les blogs et les coordonnées Pages Jaunes. Encore plus charmant, la base line marketing (t’as vu comment j’emploie des termes techniques) : « find everyone you (want to) know ». Au moins, ils assument.
    En plus, une fois que j’ai retracé toute la vie virtuelle de Paul Tarentouille, je peux même le traquer grâce à une option de suivi. Pratique, non ? De quoi faciliter la tâche à tout psychopathe équipé d’un ordinateur.

    Avec un plus de 4 000 visiteurs par jour (dixit Statbrain) et seulement quelques mois d’existence, le site en est encore à ses débuts, mais maintenant que ses résultats sont référencés par Google, il va forcément gagner en visibilité.

    Et le monde entier pourra savoir que j’ai possédé un skyblog hautement intéressant à base de révisions scientifiques et de racontage de vie (oui, c’est un peu comme ici en fait, la médecine en plus).