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lundi 22 juin 2009

Parliament style.

Vous connaissez ma passion pour le parlement français. Et puisque je vais vivre quelques mois à Londres à la rentrée, il va me manquer. Mais j'ai comme l'impression que je ne vais pas perdre au change :


C'était en 2007, et David Cameron, leader de l'opposition britannique, se moquait gentillement de Gordon Brown, devenu successeur de Tony Blair sans passer par la case élections. Des élections anticipées qui n'ont soit dit en passant toujours pas été organisées.

En Angleterre donc, le style des échanges semble bien différent : on se succède au micro, dans une joute vocale sans merci, et on se bidonne en arrière-plan. Ça change un peu du côté préformaté des questions aux gouvernement françaises, préparées à l'avance, sans droit de réponse, et où l'on isole la voix de l'orateur du brouhaha des contestataires.

J'estime donc le retour de la star de la semaine à octobre 2009, date à laquelle je serai sûrement déjà tombée sous le charme d'un député anglais hors pair. A moins que je ne me découvre une nouvelle idole tout à l'heure, pendant l'allocution de notre cher président à Versailles. Amis députés, si vous nous lisez... C'est le moment de se faire remarquer. Je vends un portrait dans ce blog au plus percutant.

vendredi 6 mars 2009

Star de la semaine #3 part. 1 : Dominique Martinaud

Pour cette 3e édition, j’avais choisi ma star de la semaine avec amour et précaution. Je me suis néanmoins heurtée à un problème de taille : le manque d’information. Parce que ma star de la semaine est tellement inconnue que, même sur le net, on n’en trouve rien. Même pas une date de naissance, même pas une petite anecdote, même pas une petite biographie.
Autant vous prévenir, je m’apprête donc à brasser du vent. Mais elle le mérite. Parce que Dominique Martinaud met chaque semaine de la joie et du sourire dans le cœur des téléspectateurs des questions au gouvernement (c’est-à-dire le mec du Grand Journal et moi, si vous avez suivi mon introduction de la star de la semaine dernière).

Voici donc la seule et unique information que j’ai réussi à dégoter sur elle : « Dominique Martinaud est une journaliste politique française de Télévision. Sur France 3, elle présente les Questions au gouvernement et intervient régulièrement dans les éditions nationales de la chaîne. Lors des soirées électorales, elle sert de correspondant en direct de la rédaction. ».
Merci Wikipédia d’avoir des connaissances aussi étendues.

Evidemment, je ne peux pas vous dresser un portrait avec ça. Je ne peux pas non plus téléphoner à la rédaction de France 3 :
« ouais... euh... salut je voudrais quelques infos pour rédiger ma star de la semaine sur mon blog ».
Je vais donc vous décrire MA Dominique Martinaud.

Parlons déjà un peu de son job aux questions du gouvernement. Je parlais hier des speakerines, et bien là c’est un peu le même concept : Dominique introduit l’émission, évoque les thèmes principaux qui devraient être abordés, puis, à la fin, elle dit au revoir. Avant, elle recevait aussi un parlementaire qu’elle interrogeait après la séance, mais il semblerait que ça ne se fasse plus tellement pour une question de timing.
Et le timing, ce n’est déjà pas le fort de l’Assemblée Nationale.
Parfois, il y a du retard, et il faut combler le vide. Un rôle que Dominique remplit à merveille, avec des phrases toujours pertinentes telles que « Tout de suite, les questions au gouvernement. (silence) Il semblerait qu’il y ait du retard... Alors, euh... Aujourd’hui, les députés devraient poser des questions au gouvernement... Les députés socialistes devraient poser des questions sur le social... sur l’hôpital, notamment... Ah, voilà, ça commence. ».
Vous l’avez compris, elle est forte en impro.

Dominique a aussi su rester simple et n'oublie jamais de s'amuser des petites choses de la vie, comme lorsqu'elle interroge Xavier Bertrand le 17 février : « Alors c’est rigolo parce qu’on vous a sous titré Xavier BERTRAND, député et non inscrit. Alors c’est un scoop ou c’est normal ? ».

Mais ça n’est que secondaire. Parce que j'ai beau me moquer, mais malgré les bafouillements, Dominique est une journaliste politique qui a la classe. Obstinée, cultivée, pointilleuse...

Et, aussi, souriante. Très.
Là, l’idéal serait d’avoir plein de photos pour illustrer, mais j’en ai trouvé une seule, où elle grimace, et où elle a une autre coupe de cheveux, ce qui fait que je ne suis même pas sûre que ça soit elle. Mais c’est ce que me dit Google Images, alors on va faire comme si.


Oui, je sais, c’est petit, mais je fais avec les moyens du bord. C’était ça ou rien.

Dominique, c'est donc à la fois la touche de féminité qui illumine les débats/combats parlementaires, et la présentatrice qui apporte un peu de stabilité dans ce monde de brutes politiciennes. Et, rien que pour cela, je me devais de lui rendre justice.


Session de rattrapage :
Star de la semaine #1
Star de la semaine #2

Comme je suis super en forme sur les stars de la semaine, demain il y aura du rab' avec la part. 2 et une seconde personnalité encore plus incroyable.

jeudi 26 février 2009

Star de la semaine #2 : Patrick Roy

Avant de vous présenter Patrick Roy, cette star de la semaine n°2, il faut que je vous fasse un petit aveu : je suis une inconditionnelle des « questions au gouvernement ». Si je suis chez moi le mardi ou le mercredi, il faut absolument que j’assiste à ce pilier de la vie politique française. Une heure de hurlements, de bastons verbales, d’idéologie, de langue de bois, d’applaudissements, de sifflements, ... – de pur bonheur, quoi.
On sait donc que la chaîne parlementaire a au moins deux téléspectateurs : le mec qui prépare le Petit Journal de Canal +, et moi.

La semaine dernière, alors que je regardais ledit Petit Journal, la vérité a enfin éclaté au grand jour : le mec qui crie toujours pendant la séance répond au doux nom de Patrick Roy. Notre star de la semaine, donc, si vous avez bien suivi.


Patrick Roy (photo assemblée nationale)


Patrick (permettez-moi de l’appeler par son petit prénom) est le député socialiste de la 19e circonscription du Nord. C’est d'ailleurs en cette qualité qu’il s’époumone chaque semaine au sein de l’hémicycle, depuis la place 550 (j'en sais des choses), criant, moquant, et se faisant rappeler à l'ordre. C’est un peu le rebelle du parlement.

Mais quel meilleur moyen de dresser le portrait de cet homme aux multiples facettes que de vous replacer le phénomène dans son élément naturel ? Voici donc quelques petits exemples tirés des comptes rendus des séances des 10, 17, et 18 Février :

Patrick Roy, un contestataire...

M. Yanick Paternotte. Monsieur le Premier ministre, jeudi dernier, dans son intervention radiotélévisée, le chef de l'État a avancé des propositions très concrètes en faveur des Français les plus défavorisés et des classes moyennes.
M. Patrick Roy. Mensonge !
M. le président. Mes chers collègues, seul M. Paternotte a la parole.
M. Yanick Paternotte. Je sens que mes propos gênent. (...) Enfin, le Président de la République a annoncé la suppression de la taxe professionnelle en 2010…
M. Patrick Roy. C’est du blabla !
M. le président. Monsieur Roy, nous écoutons M. Paternotte.

M. le président. Il va falloir conclure, monsieur Roy !
M. Patrick Roy.…dès lors que nous essayons de dire la vérité, on nous coupe la parole ou on nous menace. (Exclamations sur les bancs du groupe UMP.)
Mme Roselyne Bachelot-Narquin, ministre de la santé. Oh !
M. Patrick Roy. Il arrive que l’on empêche des députés de l’opposition de s’exprimer. Ils doivent alors recourir à des artifices pour se faire entendre. Il y a là une dérive, qu’a excellemment soulignée Jean Mallot. Je m’associe à sa crainte, avec l’ensemble des amis…
Mme Roselyne Bachelot-Narquin, ministre de la santé. Des camarades : osez le mot !
M. Patrick Roy. …de mon groupe et du groupe GDR qui, je le constate, approuve cette démarche. Je suis sûr qu’il y a, dans les rangs de la majorité, c’est-à-dire de la future opposition, quelques républicains dont le cœur va s’enflammer. Ils vont se réveiller et dire : « Associons-nous, car ensemble, tout est possible ! » (Exclamations et rires sur les bancs du groupe UMP.)

Patrick Roy, un obstiné...

M. Marcel Rogemont. Les procédures ne sont pas en cause : c’est le fric qui manque !
M. Patrick Roy. Oui, ce sont les moyens qui manquent !
Mme Valérie Létard, secrétaire d'État. (...)
M. Patrick Roy. Ce sont tout de même d’abord les moyens qui manquent !

M. Luc Chatel, secrétaire d’État chargé de l’industrie et de la consommation, porte-parole du Gouvernement. Monsieur le député, le Gouvernement a fait un choix volontariste de stratégie industrielle,…
M. Patrick Roy. Celui des patrons ! (Protestations sur les bancs du groupe UMP.)
M. Luc Chatel, secrétaire d’État. (...)
M. Patrick Roy. Et surtout des patrons ! (Nouvelles protestations sur les bancs du groupe UMP.)

Patrick Roy, un indécrottable cynique...

M. Luc Chatel, secrétaire d’État chargé de l’industrie et de la consommation, porte-parole du Gouvernement. Monsieur le député, je voudrais tout d’abord dire mon émotion à l’ensemble des 733 salariés des usines Caterpillar situées en Isère qui vont être victimes de ce plan social.
M. Patrick Roy. Sortez les mouchoirs !

Patrick Roy, un blagueur invétéré...

(Député) Je sais que cela ne relève pas de votre stricte compétence, madame la ministre, mais de celle de la ministre de l’enseignement supérieur,…
M. Patrick Roy. Elle est occupée avec Karoutchi !

M. Bruno Le Maire, secrétaire d’État chargé des affaires européennes. Monsieur le député, nous ne vivons plus dans le même environnement stratégique.
M. Patrick Roy. Quelle clairvoyance !

M. le président. La parole est à Mme Christine Lagarde, ministre de l’économie, de l’industrie et de l’emploi.
M. Patrick Roy. Et des parachutes dorés !

M. le président. La parole est à Mme Michèle Alliot-Marie, ministre de l’intérieur, de l’outre-mer et des collectivités territoriales.
M. Patrick Roy. Et de la Guadeloupe en feu ! (Vives protestations et huées sur les bancs du groupe UMP.)

Patrick Roy, un ami de l’UMP

M. Patrick Roy. Quel bilan ! (Vives protestations sur les bancs du groupe UMP.)
M. le président. Allons, ça suffit, monsieur Roy ! (« Dehors, Roy ! » sur les bancs du groupe UMP.)
M. le président. Je veux dire à celui de nos collègues qui se permet de pousser des hurlements qu’il est des moments où un tel comportement est particulièrement déplacé ! (« Dehors, Roy ! » et applaudissements sur les bancs du groupe UMP.)

Et puis, surtout, Patrick Roy a une exclamation fétiche. Pourrez-vous la deviner en analysant ces courts extraits ? (que d’interactivité sur ce blog)

M. Yves Jégo, secrétaire d’État. D’autre part, les mesures annoncées ce matin par le Gouvernement, et que vous semblez balayer d’un revers de main…
M. Patrick Roy. Eh oui !

M. Louis-Joseph Manscour. (...) Les Antillais savent, pour le vivre au quotidien, qu’un petit groupe de profiteurs détient tous les leviers de l’économie,…
M. Patrick Roy. Eh oui !

M. Bernard Derosier. (...)
M. Patrick Roy. Eh oui !
M. Jean-Marie Le Guen. (...)
M. Patrick Roy. Eh oui !

M. Patrick Roy. Eh oui ! Ça, c’est envoyé !

Parce qu’il en envoie une moyenne de 4-5 par séance, il lui arrive tout de même parfois de varier les plaisirs (un peu)...

M. Dominique Baert. (...)
M. Patrick Roy. Eh oui !
M. Dominique Baert. (...)
M. Patrick Roy. En effet !
M. Dominique Baert. (...)
M. Patrick Roy. Eh oui !

Mme Martine Pinville. (...)
M. Patrick Roy. Elle a raison !

... voire de devenir négatif.

Mme Michèle Delaunay. (...)
M. Patrick Roy. Eh non !

Une sorte de signature.

Mais notre Patrick Roy n’est pas le seul Patrick Roy de la Terre. Il a un homonyme de renom, mythique gardien de hockey canadien. Le combat, c'est donc un truc de Patrick Roys (au pluriel).

Pour voir Yann Barthes rendre hommage à notre député/star, c'est ici (je voulais mettre la vidéo directement sur ce post mais le site de Canal+ est aussi protégé que celui du FBI).

Pour en savoir plus et consulter le site officiel de Patrick Roy, c'est .

La semaine prochaine, nous resterons à l’Assemblée Nationale, pour une autre personnalité culte des questions au gouvernement. Féminine, ce coup-ci. Dans un souci d’égalité entre les sexes, bien sûr.